"> Bebly - Uldo - Indiepoprock

On a aussi écouté Bebly – Uldo

La constance finit toujours par être récompensée tôt ou tard. C’est une maxime qu’en cette année 2020, les franciliens de Bebly pourraient faire leur. Car si, bien sûr, le rock à guitares et sans concessions n’a jamais disparu, il a passé quelques années dans l’ombre de styles plus surannés, de palettes sonores plus amples, avant, comme il en a le secret, de revenir en force. Les riffs tendus au cordeau qui traversent « Uldo », le nouvel EP de Bebly, soutenus par une section rythmique qui ne donne pas sa part au chien s’inscrivent donc parfaitement dans l’air du temps et donnent, en plus d’une pertinence naturelle, souffle et force aux cinq morceaux.

Mais, on ne peut s’empêcher de faire la distinction, il y a rock et rock en français. Car, il n’y a rien à faire, le français n’est pas la langue naturelle du rock et le phrasé et le rythme de notre langue butent souvent sur les brisées des riffs. On le sait, beaucoup tentent de détourner l’écueil en adoptant l’anglais, ce qui est encore pire car adopter les mots ne signifie pas adopter la musicalité. Bebly ont le mérite de ne pas faire semblant et d’assumer. Mais en plus, ils convainquent. Alors à quoi ça tient ? A une faculté d’aller à l’essentiel, en quelques phrases directes et simples, parfaitement en phase avec l’intensité de la musique. Economie de mots ou de formules ne rime pas forcément avec pauvreté du propos et un titre comme A L’évidence est à même d’être sujet à des interprétations variables, à des réappropriations, et c’est très bien ainsi, le rock n’ayant jamais autant de pertinence que quand il devient, volontairement ou pas, le reflet d’une urgence latente dans la société et tresse quelques formules qu’on a envie de reprendre à pleins poumons.

La seconde partie du EP ralentit un peu le tempo et offre une nouvelle facette de Bebly, qu’on ne pourra plus taxer, si d’aucuns en avaient eu la tentation, de maîtriser l’art du sprint mais de ne pas savoir sortir de ce schéma unique. Ce Que La Vie Me Confisque, qui fait la part belle à une mélodie bouleversante et où les riffs deviennent le reflet des blessures à l’âme est une superbe réussite, tout comme Erreurs De Jeunesse, qui clôt avec un naturel confondant le EP avec une guitare acoustique. Il n’y a définitivement pas de doutes, Bebly, c’est du sérieux.

 

Rédacteur en chef