"> Autoprod : la sélection du mois d'avril 2010 - Indiepoprock

Autoprod : la sélection du mois d’avril 2010

Avec son premier EP The Other Man, le lyonnais Fran Fran montre qu’une fois de plus la pop made in France a de beaux jours devant elle. Portés par des sonorités harmonieuses et des mélodies sucrées, les titres s’enchaînent tout en douceur, au rythme d’un son de xylophone qui berce l’ensemble de vapeurs enfantines. La voix aérienne apporte une couche de grâce supplémentaire, et tire tantôt les compositions vers le folk, tantôt vers une pop acidulée et rêveuse. La recette de Fran Fran fonctionne merveilleusement bien, comme vous le prouvera ce EP tant mélancolique que pétillant, et paré pour séduire les cœurs les plus robustes.

Du rock pop sautillant qui donne furieusement envie de headbanger, c’est la formule des angevins de Djak, qui avec leur EP We were peaceful livrent un condensé de tracks tubesques qui devrait faire fureur sur scène. Si on se rapproche d’un format FM qui pourra paraître putassier pour certains, il est suffisamment assumé et maîtrisé pour mériter le coup d’oreille même chez les puristes. Comme chez Pony Pony Run Run, dont ils ont déjà assuré la première partie, ils tirent leur recette diablement efficace d’un assemblage de lignes de basses clinquantes, de riffs de guitare power rock, et d’une voix énergique qui passe sans difficulté des graves aux aigus. A l’écoute de ce EP, vous devriez vite vous retrouver à chanter les refrains de Djak sous la douche, à l’image du morceau It’s the crush et de sa mélodie imparable et fortement addictive. L’ensemble, bien arrangé et très cohérent, devrait séduire autant les kids en sueur que les vieux amateurs de pop boostée aux hormones.

Avec Franz is dead, le multi-instrumentiste Laurent Blot distille une pop joyeuse et terriblement rafraîchissante. Sur son nouvel album Ah-Leu-Cha, il touche à tout et ne lésine pas sur les effets, vocoder et reverb en tête. Le second degré n’est jamais loin, comme sur Where you’re gone qui passe allègrement du funk à la pop anglaise. Le disque fourmille de bonne humeur et de bonnes idées, piochant ici et là des références glam rock, garage, jazz, rock progressif ou même new wave (écoutez bien les introductions des morceaux, qui rivalisent d’originalité dans les styles). Le genre d’album qui devrait vous coller la banane pour une bonne partie de la journée.

Pour clôturer cette sélection, place au coup de cœur du mois, Charlie Dahl & le Royal Big Band, qui ont sorti en janvier dernier leur premier album. Un très beau disque porté par des compositions fluides qui puisent autant chez Lou Reed ou David Bowie (What can I say) que chez Radiohead, Jeff Buckley (White wings), ou chez des Beatles qui se seraient mis au rock progressif (Let me joint them). En assumant des influences fort diverses et en les faisant s’entrechoquer avec un sens de la construction résolument original, Charlie Dahl fait mouche. Ses arrangements tout en douceur apportent à l’ensemble une coloration lumineuse où s’entremêlent voix éthérées, solos de guitares puissants et superbes envolées de violons, le tout servi par un piano qui sous-tend magistralement chaque composition. Une excellente découverte en perspective pour les amateurs de pop à l’oreille délicate, et de loin la production la plus aboutie et la plus racée de cette sélection.

Chroniqueur