Dans La Série des Inaperçus
Une troisième soirée moins remplie que les précédentes, alors que les groupes sont tous de Paris. La faune qui s?est déplacée est aussi plus diversifiée pour ne pas dire bigarrée? Deux-trois barbus, quelques poppies de rigueur, une crête rose et quelques SuicideGirls, un blouson noir, des ados chevelus et hirsutes qui auraient écouté Pearl Jam il y a dix ans, bref on ne sait pas encore sur quel pied danser lorsque KIMLICO entre en scène.
Le trio dévoile alors sa pop ?aquatique?. Les lignes sont simples, la batterie marquée, la basse soutient les fondamentales, la jolie froideur d?Aurélia séduit, alors que la guitare dessine des motifs, développe les ambiances, la voix de Jacques s?envole. L?ensemble est plutôt intéressant même si on leur reprochera certains creux (pas forcément évident à trois) ainsi que des fins qui tournent sans de réelles évolutions. On retiendra le très accrocheur Super Héros mais peut-être pas très représentatif du reste du set.
TCHIKI BOUM réalise alors une entrée en matière plutôt inattendue et remarquée. Pendant cinq bonnes minutes (un peu trop long d?ailleurs), le chanteur/guitariste fera un petit numéro (croonerie à la Elvis, solo de guitare et discussion avec le public) pendant que les autres musiciens, tour à tour vont backstage, à la recherche du cinquième larron que l?on imagine bien en train de comater dans les toilettes sous l?effet de quelconques substances. Le zozo fini par apparaître et c?est parti pour quarante-cinq minutes de rock?n?roll, rockabilly, rocksteady. Toujours à fond, le groupe assure un set des plus efficaces. Guitares droit-devant, basse primale, un clavier très surf, des harmonies vocales, on se laisse séduire par ces hargneux-teigneux au grand c?ur. Des blousons noirs comme les aime Franck Margerin. Pas révolutionnaire mais ça fait juste du bien par où ça passe !
En tout cas, bien plus que les BRITISH HAWAII groupe en vue des scènes parisiennes actuelles. Car si la recette se veut être un peu dans la même veine, on reste malheureusement sur sa faim. Ce garage rock, punk sur les bords, qui leur a valu d?assurer la première partie de Black Rebel Motorcycle Club à l?Elysée Montmartre ou d?être l?un des rares groupes français invités au festival belge Boutik Rock, tourne un peu en rond. Si leur musique peut attirer l?oreille sur un ou deux morceaux, elle finit par lasser, ne proposant pas vraiment d?évolution ni d?alternative, le côté relativement statique du groupe sur scène n?arrangeant pas les choses. Bref, très décevant.
Lire les chroniques du Festival Dans la Série des Inaperçus
mardi 15 : 1=0, Los Chicros, Spleen
mercredi 16 : Discover, Maarten, Sweet Apple Pie
jeudi 17 : Kimlico, Tchili Boum, British Hawaii
vendredi 18 : Amadeus Tapioka, Spy, Madame de C***




