Dans La Série des Inaperçus
Pour cette dernière soirée, le public a pris son temps pour venir et c?est malheureusement devant une salle clairsemée que les niçois d?AMADEUS TAPPIOKA entament leur prestation. Malheureusement ? Et bien oui, car le trio constitue l?une des bonnes surprises des Inaperçus. Certes le groupe est encore pétri d?influences, surtout au niveau du chant qui va lorgner de manière insistante du côté de Muse. Musicalement rock pour des paroles un peu naïves et féeriques, AMADEUS TAPPIOKA pioche à droite à gauche, la guitare sature, et le couple basse-batterie assure un tempo marqué. Si le tout reste encore un peu jeune et parfois brouillon, on sent néanmoins une sincérité et un plaisir à jouer qu?ils tentent de communiquer à un public parisien, attentif mais souvent statique. Ils arrivent pourtant à le faire participer, ici par quelques bulles de savon, là remplaçant les briquets par des portables (puisque de moins en moins de personnes fument?). AMADEUS TAPPIOKA séduit et on devrait les recroiser très prochainement, passant un peu moins inaperçus.
SPY prend le relais pour un set relativement énergique dans une certaine tradition du rock français. Très carré et puissant, on reste pourtant sceptique car si les chansons sont là, l?ensemble est plutôt lisse. Les paroles pas forcément des plus pertinentes malgré les références multiples au cinéma, à la littérature? On ne retiendra finalement que le Christina Ricci et la reprise à toute blinde du Tainted Love de Soft Cell. Finalement pas grand chose?
Et pourtant pas si mal aux vues de la prestation donnée par MADAME DE C***. Si le groupe peut attirer sur disque (« Throw It »), on a cru un moment que cela pourrait être aussi le cas sur scène. Malheureusement pas plus d?une minute tant le spectacle donné fut affligeant. Un chanteur géant tout droit venu des Ramones qui s?en sortirait peut-être pas trop mal si on percevait sa voix derrière le volume sonore hallucinant de l?ampli d?un guitariste complètement déchiré, qui fait trois notes, prend la pose, s?assoit, retourne vers son ampli, le monte encore, la sangle lâche, il la remet en tanguant, etc? Côté sono, ça s?agite, ça grogne et lorsque l?ampli pète ça s?énerve pas mal. L?organisation poste des gars qui baissent le volume et qui éjectent celui qui voudrait encore y toucher. Dans la salle, le public est dubitatif et n?applaudit plus beaucoup. On entend encore quelques fans qui soutiennent vaille que vaille MADAME DE C*** et son attitude pseudo-décadente qui, si la musique assurait derrière, pourrait effectivement faire partie du spectacle. Mais comme il n?y a rien, un seul mot me vient à la bouche : pathétique.
Lire les chroniques du Festival Dans la Série des Inaperçus
mardi 15 : 1=0, Los Chicros, Spleen
mercredi 16 : Discover, Maarten, Sweet Apple Pie
jeudi 17 : Kimlico, Tchili Boum, British Hawaii
vendredi 18 : Amadeus Tapioka, Spy, Madame de C***



