"> Dans La Série des Inaperçus - Indiepoprock

Dans La Série des Inaperçus

C?est à Glaz?Art, passé récemment du orange au noir, toujours sous la menace d?une fermeture et donc en résistance, qu?a lieu cette année encore la neuvième édition du Festival « Dans la Série des Inaperçus », consacré comme il se doit à la nouvelle scène pop indépendante. Une première soirée n?est pas loin d?afficher complet en raison d?une programmation déjà très alléchante sur le papier.

On aurait pu d?ailleurs l?estampiller d?un petit ?CQFD-Les Inrockuptibles? puisque les trois groupes ont figuré dans la fameuse sélection ces deux dernières années, à commencer par 1=0 et son contestataire Atcha. Vêtu d?une djellaba bleue, Salima Tej sort une flûte. Boucle en direct avant de se lancer dans un set un peu hétérogène qui voit deux écoles s?affronter. D?un côté un rock français un peu minimaliste, rythmiques électros, paroles crues, engagées, psalmodiées dans la lignée d?un Programme, et à côté un rock noise, en anglais, qui joue sur les intensités où l?on découvre que Salima Tej sait aussi chanter, et d?ailleurs plutôt bien. La basse, déjà croisée chez Nolderise, est brute, sans esbrouffe, et les guitares tantôt délicates tantôt rageuses. On pense parfois à Suicide ou Joy Division. 1=0 déroute, dérange parfois, mais devrait trouver un équilibre qui lui permettra de marquer les esprits.

Puis ce sont les barbus de LOS CHICROS qui prennent la relève. Rusés, ils font monter doucement la sauce et sans crier gare, vous êtes déjà en train de vous dandiner sur des mélodies très efficaces. Leur recette : « des ch?urs fifties, des basses sixties, des guitares seventies, des synthés eighties, un chant nineties » pour ce qui se révèle une musique tout en phase avec notre époque. On retrouve ainsi la plupart des excellents titres de leur album Too Cool For School », Naked Girl, Back in the Wild, Never be a hit (if you don’t remember it)? que le groupe ne se contente pas de recracher tel quel. Si l?esprit est encore là, une rage rock vient s?y ajouter, un peu plus d?approximation mais plus de tripes. LOS CHICROS maîtrise son sujet aussi bien sur scène que sur disque, confirmant tout le bien que nous pensions déjà du groupe?

Enfin débarque SPLEEN et son armada déjantée. Le grand lauréat de l?édition CQFD 2005, habituellement solitaire, se retrouve sur scène avec pas moins de neufs musiciens et choristes survoltés. Entre soul hyper-rythmée, hip-hop barré et rock, ce jeune artiste pourrait être une sorte de mix entre Keziah Jones, Lenny Kravitz, The Roots (old school) et? Corneille. Tour à tour, seul avec une guitare, au micro en tutu, il chante, débite son flow, en anglais mieux qu?en français, puis est rejoint par sa team pour un joyeux et généreux bordel. Car il se passe toujours quelque chose sur scène, ici un play-back sur une chanson des années 40-50 avec les ?r? bien roulés, là un porté de danseuse, des cris, un clavier virtuose, un masque de carnaval, des chapeaux? Pas de concession, SPLEEN y va à fond, parfois un peu trop gourmand, il abuse de certains effets qui une fois font surprise, deux redites, et au bout de dix « magnéto, Serge ! » pour lancer la bande, on se lasse. Néanmoins SPLEEN vit sa musique, avec caractère, aussi bien dans le luxe que dans le plus grand dépouillement. Bref, à garder dans un coin de sa tête.

Lire les chroniques du Festival Dans la Série des Inaperçus
mardi 15 : 1=0, Los Chicros, Spleen
mercredi 16 : Discover, Maarten, Sweet Apple Pie
jeudi 17 : Kimlico, Tchili Boum, British Hawaii
vendredi 18 : Amadeus Tapioka, Spy, Madame de C***

Chroniqueur
  • Publication 495 vues15 février 2005
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