"> Des Inrocks - Indiepoprock

Des Inrocks

Traditionnellement le Festival des Inrocks fait la part belle aux jeunes pousses de la planète rock indé avec un fort accent britannique. Cette soirée du 10 Novembre à la Cigale proposait donc Mumm-Ra, Boy Kill Boy et The Kooks (tous loyaux sujets de Sa Gracieuse Majesté) ainsi que les américains de The Spinto Band. La jeunesse de ces groupes (moyenne d’âge autour de 20 ans) trouvait son écho auprès de celle du public féminin qui avait envahi en masse la salle du Boulevard Rochechouart.

Les premiers à s’élancer, à l’heure où beaucoup sont encore au travail, sont donc les anglais de Mumm-Ra (photos 1 à 3). Originaires de la petite ville de Bexhill on Sea dans le Sussex, ils doivent leur nom à un personnage du dessin animé Cosmocats. Tout juste sorti de l’adolescence, le quintet apparaît pourtant assez mature sur scène et bien rodé à l’exercice. Emmené par un chanteur (Oli Frost) qui n’hésite pas à donner de sa personne, le groupe a dévoilé quelques titres pop rock (Out of The Question, Song B) de facture assez classique mais bigrement efficace. On suivra avec intérêt leur premier album à venir.

Les Boy Kill Boy (photos 4 et 5) ont pour leur part déjà commis un premier méfait (l’album « Civilian »), mélange de guitares saturées et de synthés survitaminés. Légèrement plus vieux que le reste des groupes présents, le quatuor londonien attaque pied au plancher avec les singles Back Again, Suzie et Civil Sin. Leurs mélodies aux accents 80’s ne sont pas sans rappeler celles des débuts des Killers. Rien de très original sous le soleil du revival post-punk.
Contrairement à l’ordre établi qui veut qu’un groupe entre en scène après l’ouverture du rideau, les membres de The Spinto Band (photos 6 à 8) sont déjà derrière le rideau lorsque celui-ci s’ouvre. Les premières notes de Crack the Whip résonnent immédiatement et débute alors un festival de wouh-ouh, de têtes qui bougent dans tous les sens, d’échanges de guitares… Avec Did I Tell You ou Brown Boxes (et son duo de kazoos), on nage en plein ‘Fraggle Rock’. Le seul reproche que l’on puisse faire, mais il est de taille, c’est que cette bonne humeur, cette douce folie se traduit aussi malheureusement par une bouillie mélodique qui gâche un peu les belles compositions que l’on retrouve sur leur album « Nice and Nicely Done ». Le tube Oh Mandy, attendu par une grande partie de l’assemblée, est par exemple noyé dans un amas de sons dont la pauvre mandoline a bien du mal à s’extirper.
Présentés par une partie de la presse comme le phénomène rock de l’année (avec leurs compatriotes Arctic Monkeys), les Kooks (photos 9 à 11) étaient attendus de pied ferme par une horde de jeunes fans poussant des cris suraigus à la moindre évocation de leurs idoles. Rapidement insupportable. C’est donc dans une ambiance proche de l’hystérie que Luke Pritchard commence le set à la guitare acoustique, les paroles de Seaside reprises en chœur par le public. Le karaoké géant se poursuivra sur la majorité des tubes du quatuor de Brighton (See the World, Naïve, Ooh La). Une petite heure de concert et quelques rappels (You Don’t Love Me) plus tard, on a bien du mal à s’enthousiasmer outre mesure pour la bande à Pritchard. La prestation est honnête mais mérite-t-elle la folie médiatique qui entoure le groupe ? On est en droit de poser la question.

Crédit photos : Robert Gil

Chroniqueur
  • Publication 349 vues10 novembre 2006
  • Tags
  • Partagez cet article