Interview de Red Money
Peu après la sortie de « Hang Tight », premier single de l’EP Days of Tomorrow, on a fait la rencontre du duo français Red Money. Un hymne au lâcher-prise tout en tenant bon au rock de la vie !
_Vous êtes un duo français qui chante en anglais, pourquoi ce choix et quelle est l’origine de votre nom de groupe Red Money ?
Laure : Je suis allée dans une école bilingue petite, donc c’est une langue naturelle pour moi. Et j’ai toujours beaucoup écouté de la musique anglo-saxonne. Quand j’ai commencé à écrire, c’était en anglais. Et la rythmique de la langue anglaise correspond au style de notre musique. Une fois, on nous avait demandé d’écrire en français pour de la musique à l’image, mais on ne peut pas s’inventer une inspiration dans une langue. Sur du rock, la rythmique anglaise, c’est simple, c’est percussif. Et puis, on peut donner un très grand nombre d’informations en très peu de mots.
Arnaud : L’anglais est très efficace. Nos influences majeures chantent en anglais. Quand tu commences à faire ta propre musique, au début tu copies un peu les choses que tu aimes, ce que tu cherches dans les sonorités. Et la voix est l’élément principal d’une chanson. On s’est donc orientés naturellement vers l’anglais. On ne fait pas de l’anglais pour faire du yaourt, on accorde une grande importance aux textes. Laure a été plus bercée à l’anglais que moi, mais après, on a vécu aux Etats-Unis donc c’est devenu une langue du quotidien et tu te mets à penser en anglais. Aujourd’hui, j’habite à Berlin, ville très internationale. On s’exprime en anglais avec mon groupe d’amis. Je parle allemand aussi, mais pas au niveau d’écrire. On écoute aussi des artistes français, proches de notre esthétique, qui chantent en anglais.
Laure : Quand on a commencé notre groupe, on est tombés un peu par hasard sur ce nom qu’on aimait beaucoup dans la sonorité. On s’est même rendu compte que c’est un morceau de David Bowie sur l’album Lodger (1979) qui, à l’époque, était mon album préféré, c’était drôle. Et Red Money signifie ton « argent à risque »,« tapis au poker» ou « tout sur le rouge» à la roulette par exemple.
_Le nouveau single « Hang Tight » [« Accroche-toi bien » en français] est une pépite d’oreille extraite de votre EP « Days of Tomorrow ». Il vient tout juste de sortir sur les plateformes. Est-ce un mantra à rester accrocher à votre musique ou peut-être également un pied de nez à la période actuelle qui tangue pas mal en ce moment ?
Arnaud : Cela peut aussi se traduire par « Tiens bon ». A la base, le sens du texte est assez personnel. En effet, ce n’est vraiment pas facile tous les jours d’avoir un groupe de musique et de tout concilier à côté. Parfois, tu dois te lever à 7h du mat’ pour ta journée de travail et après le boulot, tu vas répéter pendant 2 ou 3h. Et quand tu rentres chez toi, tu dois encore envoyer des mails pour trouver des dates. C’est un investissement énorme d’essayer de se débattre et d’avoir son groupe. « Hang Tight », c’est aussi une sorte de mantra car il faut toujours garder le sourire. Et même si physiquement c’est dur ou que tu es malade, il faut continuer. Chacun peut s’approprier le morceau.
Dans le clip du premier single « Hang Tight », on suit justement une jeune femme qui lâche prise en toute liberté dans un Berlin si prompt à cette activité.

Dans le clip du premier single « Hang Tight », on suit une jeune femme qui lâche prise en toute liberté dans un Berlin si prompt à cette activité :
_Comment décririez-vous votre identité musicale ?
Laure : C’est dur de donner un style, compliqué de codifier un peu tout ça. Au départ, notre projet était peut-être un peu plus garage rock tout simplement. Selon les pays où on va, les termes sont différents. Et aujourd’hui, il y a le terme « post-punk » qui revient régulièrement.
Arnaud : Moi, j’aime bien laisser les gens mettre leur propre case : le garage, cela peut être les Sonics dans les années 60 ; le punk, c’était les Stooges ou les Sex Pistols ; le post punk est arrivé après avec Gang of Four et aujourd’hui, cela va être Idles, par exemple. Lorsque j’ai des discussions avec des copains, on n’est jamais d’accord. J’aime bien dire rock, parce que cela englobe plein de trucs mais c’est surtout une énergie.
_Vous avez donné pas mal de références de groupes, quelles seraient vos principales influences françaises ou internationales ?
Arnaud : On est passionnés par énormément de groupes mais notre plus grosse influence, au début, a été les Kills.
Laure : Déjà, c’est un duo (The Kills) qui cartonne et on adore.
Arnaud : Et forcément en duo, les Black Keys et les White Stripes qu’on écoute très souvent. En France, j’aime aussi Johnny Mafia et Last Train qui sont des super groupes en live.
Laure : Le Velvet (Underground) a été une grosse influence également.
_Comment se passe votre processus de création entre Pau et Berlin ?
Laure : Cela fait longtemps qu’on a notre propre processus créatif ; une sorte d’horloge interne à nous deux qui fonctionne très bien. On a des moments de création (compo, écriture) chacun de notre côté que l’on partage ensuite pour s’inspirer et travailler à distance. Et dès qu’on peut, soit Arnaud vient à Pau pour créer, répéter, soit je vais à Berlin.
Arnaud : Les textes, c’est un peu chacun de notre côté. Il peut y avoir des petites corrections ou alors, on garde tel quel. Pour la musique, cela vient principalement d’improvisations que l’on fait ensemble : on jam en répet’, on enregistre tout, on réécoute et construit à partir de là.
Laure : On arrange et finalise les morceaux à deux. On joue pas mal les morceaux en concert pour les tester avant de les enregistrer aussi.

_Quels sont vos projets et vos ambitions pour la suite ?
Arnaud : Là, on aimerait se concentrer sur nos dates en France et en Allemagne fin mai début juin. Dans le courant de l’année 2026, on refera une tournée en France ainsi qu’en Allemagne.
Laure : On aimerait bien trouver un bookeur et qu’il nous aide à franchir un step pour se développer de manière plus professionnelle.
Red Money est en tournée actuellement en France et en Allemagne, avant de prochaines dates à venir très prochainement.
Un grand merci à Virginie.
http://facebook.com/redmoneyofficial
- Date de l'interview 1 318 vues 2026-02-19
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- Remerciements Virginie Bellavoir
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