"> Interview de Apparat Organ Quartet - Indiepoprock

Interview de Apparat Organ Quartet

APPARAT ORGAN QUARTET est sans doute le plus affûté des groupes qui se présenteront lors du festival Islande Mon Amour ! qui aura lieu le 9 mai prochain au Nouveau Casino. En effet, on retrouve dans ses rangs l?un des chantres de l?electro minimaliste, Jóhann Jóhannsson. Quatre orgues et une batterie pour un electro-rock instrumental puissant à ranger entre Stereolab, Ennio Morricone et le Kraftwerk des débuts. Leur album est sorti en avril chez le belge Skelt, autant d?occasions pour nous entretenir avec ces drôles d?oiseaux.

Si Apparat Organ Quartet reste encore un peu confidentiel dans notre pays, vous n?êtes pourtant pas des inconnus de la scène islandaise. Pourriez-vous nous rappeler rapidement votre parcours ?
Úlfur :
Nous sommes un quartet de cinq personnes. On est quatre à jouer de toutes sortes d?orgues électriques. L?orgue est un instrument pour lequel le fait de poser un doigt sur une touche, noire ou blanche, déclenche un son ou une note. Le cinquième membre joue de la batterie. La batterie est faite de bois, de peau d?animaux et de métal. Des coups sont portés à diverses parties de la batterie pour créer un rythme. Cette violence, combinée avec l?application permanente des doigts sur les touches noires et blanches, devant une foule, donne aux gens envie de bouger leur corps dans des combinaisons géométriques. C?est ce qu?on appelle « danse ».

Comment en êtes vous venus à créer Apparat Organ Quartet ?
Jóhann :
C?était dans le cadre d?une série de concerts Kitchen Motors, où l’on m?a demandé de monter un nouveau projet, une collaboration entre des artistes qui n?avaient encore jamais travaillé ensemble. J?ai appelé trois organistes que je connaissais et ensemble nous avons formé la première version de AOQ. L?une de nos inspirations était une pièce de Steve Reich (ndlr : compositeur de musique concrète) intitulée « Four Organs ». Nos premiers concerts étaient plutôt improvisés et nous nous intéressions plus aux images sonores et aux textures. Puis l?écriture est devenue plus mélodique et structurée. Quand notre batteur Addi nous a rejoint, le son de AOQ est devenu ce qu?il est aujourd’hui.

La formule est originale et pourtant malgré l?absence de guitares ou de basse vous sonnez très rock. Qu?en est-il exactement ?
Notre batteur vient de la banlieue de Reykjavík et il a commencé sa carrière dans des groupes de heavy metal. Nous sommes de grands fans de groupes comme Slayer et Sepultura. Nous appelons parfois notre music « Machine Rock and Roll ». Nous aimons les riffs minimaux, les mélodies simples et les rythmiques puissantes. Cela, quand c?est joué fort, devient quelque chose proche de ce que certaines personnes appellent « rock ». Quand c’est joué plus doucement, cela devient autre chose.

On dirait parfois que vous souhaitez provoquer des mariages musicaux, a priori pas toujours évidents et pourtant le résultat est des plus efficaces. Comment composez-vous ?
Nous écrivons ensemble. Quelqu?un apporte une idée sur la table et on l?introduit dans un long processus de filtrage pendant lequel l?idée est distillée jusqu?à son essence. Tout un tas de parfums sont ajoutés et souvent les plus intéressants sont ceux qui ne devraient pas fonctionner ensemble, mais qui le font malgré tout. Ce procédé peut parfois durer des mois ou des années. Le premier album nous a pris trois ans.

Votre premier album sorti l?année passée en Islande par 12 Tonar est sorti il y a quelques semaines à peine dans le reste de l?Europe via le label belge Skelt. Comment cela s?est-il passé ? Avez-vous déjà des échos ?
Úlfur :
Nous avons entendu dire que cette version belge est encore meilleure mais nous n?avons pas encore eu la chance de pouvoir les comparer parce que nous étions très occupés à préparer notre prochaine visite en Belgique. Mais je pense que les gens de Skelt sont très efficaces. Ils nous ont dit que si nous vendions beaucoup de disques, nous nous ferions plein de thune. Si cela arrive, nous donnerons tout notre argent à des ?uvres de charité pour les aider à protéger les vieux orgues électroniques.

Y a-t-il des artistes dont vous vous sentez proches, si ce n?est musicalement, tout du moins dans la démarche ? Vous admirez quelqu?un en particulier ?
Le météorologiste allemand Alfred Wegener est notre idole et sa théorie à propos de Pangée (ndlr : continent unique qui se serait fracturé donnant notre monde à la suite de la tectonique des plaques) est une pensée absolument révolutionnaire. Il faut absolument y jeter un ?il!

Connaissez-vous les groupes avec lesquels vous jouerez pendant la soirée « Islande Mon Amour ! » ? Qu?en pensez-vous ?
Músíkvatur :
Bien sûr. Benni Hemm Hemm est mortel, des chansons simples avec de grands arrangements. De chouettes gamins. Seabear est un bonhomme qui joue de la guitare et fait de jolies mélodies. Apparemment sa s?ur et son oncle bizarre ont désormais rejoint le groupe.

Comment expliquez-vous l?excitation qui existe autour de la scène islandaise ?
La scène islandaise est petite mais il y beaucoup de bonnes choses. C?est comme un magasin de disques. C?est toujours plus cool d?aller dans un petit magasin avec un tas de bons disques plutôt que de devoir fouiller pour trouver la perle parmi un tas de trucs pourris dans un grand supermarché du disque.

Vous avez d?autres artistes locaux à nous recommander ?
Addi :
Toute la scène locale venant de la banlieue de Kopavogur et les groupes de métal des Vestfjords.

Qu?attendez-vous exactement de ce concert parisien ?
Tart du Frese, Armaniak (ndlr : en français dans le texte) et de la bonne volonté de la part des gentils parisiens! Et beaucoup d?action !

Qu?avez-vous de prévu d?ici la fin de l?année ?
R?n?R, Rest and Relaxation, des nouveaux morceaux, du changement et des positions de McKenzie.

Nous ne saurons malheureusement jamais s?il est fait allusion à Eleanor, spécialiste du Kama Sutra ou au kinésithérapeute néo-zélandais dont le traitement est destiné à apaiser les douleurs rachidiennes?

Chroniqueur