"> Interview de Cecilia::Eyes - Indiepoprock

Interview de Cecilia::Eyes

Les membres de Cecilia::Eyes, notre autoproduit du mois de mai, ont une étrange manière de parler de leur musique : beaucoup de termes techniques, mécaniques presque, comme s’ils ne souhaitaient pas s’étendre sur cette facilité à créer des ambiances évocatrices. Finalement, ce n’est probablement pas vraiment un hasard si on retrouve à plusieurs reprises dans leur discours l’évocation d’une osmose : il y a quelque chose de fluide dans la façon dont s’écoulent leurs morceaux, ou dans la manière qu’ont, parfois, leurs guitares, de se répondre comme à travers une paroi poreuse…

Pouvez-vous présenter le groupe ?
Pascal : Cecila::Eyes c’est la rencontre entre quatre musiciens, qui ont joué dans différentes formations avant de finalement aboutir au projet actuel. Il y a Xavier à la batterie et aux claviers, il y a Mike à la guitare, Christophe, mon frère, également à la guitare et moi-même, Pascal, à la basse.

D’où vient le nom du groupe et d’où viennent ces quatre points en son sein ?
Pascal :
Au départ le nom du groupe s’orthographiait différemment, ça s’orthographiait à la manière d’un nom propre, Cecilie Hayes. Quand Xavier est arrivé, il a tout chamboulé, il a dit que c’était un peu naze…
Xavier : C’est vrai que je trouvais ça un peu naze d’imaginer une personne inconnue, une femme qui se cacherait derrière le groupe… Je trouvais que le nom devait avoir un peu de sens et donc j’imaginais plutôt parler des yeux de Cecilia, la sainte patronne des musiciens. C’est là où mon esprit d’informaticien tordu a proposé d’utiliser l’opérateur de résolution de portée qui relie les membres d’une classe au nom de la classe. En plus ça tombait bien parceque graphiquement c’est joli et ça représente les quatre membres du groupe que nous sommes.

Parmi vos influences on pense retrouver une bonne partie de noisy-pop du début des années 90 (période shoegazing, de Ride à Slowdive)… On se trompe ?
Christophe :
J’ai énormément baigné dans cette période shoegazing, j’aimais bien les groupes de guitare, et Mike aussi. On a énormément écouté des groupes comme Slowdive, Sonic Youth, Ride, tout ce qui ressortait du label 4AD lorsqu’il était à son âge d’or, c’est vrai que c’est une grande influence pour nous. D’ailleurs on été un peu étonnés au début quand on nous comparait à des groupes de post-rock, parce que quand on a commencé à composer, on ne connaissait pas des groupes comme Explosions In The Sky ou Mono…

La musique de Cecilia::Eyes est presque totalement instrumentale : pourquoi ce choix ? Allez-vous continuer dans cette voie ou bien comptez-vous laisser plus de place au chant ?
Pascal :
Disons que la base du groupe est quand même essentiellement instrumentale, et je pense que l’idée c’est quand même de continuer dans cette voie.
Mike : Le fait d’avoir démarré un projet sans chant, c’est selon moi un concours de circonstance. Quand on a commencé Cecilia::Eyes, le projet fonctionnait bien de manière instrumentale et c’est vrai que l’osmose entre les différents membres était quasi-parfaite, donc on a décidé de ne pas intégrer de chant parce qu’on n’en a pas vu la nécessité, bien que certaines collaborations, comme celle qu’on a eue avec Johanne Lovera, aient abouti.
Pascal : Effectivement, tout est une question de circonstances, si on a encore l’occasion de faire quelque chose de sympa avec quelqu’un, pourquoi pas ?

La scène belge a plutôt le vent en poupe, avec des groupes comme dEUS, Sharko, Ghinzu, Girls In Hawaii… Quelle est votre opinion sur cette scène ?
Pascal :
dEUS, ils sont quand même très forts. Pour demander 25 000 euros pour un concert ils sont très forts…
Christophe : Il y a vraiment une différence fondamentale entre la scène wallone et la scène flamande. On a eu la chance d’être reçus à plusieurs reprises dans la partir Nord du pays, et les gens sont beaucoup plus ouverts, c’est une scène qui bouge beaucoup plus, ils sont notamment beaucoup plus ouverts à des styles musicaux tels que le nôtre. Ici en Wallonie, ce qui fonctionne plus, c’est le métal ou le ska…

Quels sont votre meilleur et votre pire souvenir de concert ?
Mike :
Pas de meilleur souvenir en particulier, pour moi les meilleurs souvenirs, c’est dans chaque concert, quand on joue un morceau et que subitement on se rend compte qu’on est vraiment dedans, qu’on commence à avoir des frissons, que tout se passe bien et qu’on voit le public qui fait osmose avec la musique qu’il écoute. Maintenant, le pire concert, pour moi ce serait plutôt l’inverse, quand il y a un truc foireux, le son qui ne passe pas bien, les réglages de balance qui ne vont pas… C’est vrai qu’on joue une musique qui nécessite que l’approche du son soit relativement correcte, pour que toutes les mélodies puissent ressortir, ce sont des morceaux construits autour de la mélodie des guitares, notamment.
Xavier : Mon meilleur souvenir, c’est quand j’ai dû jouer déguisé en lapin, j’ai dû jouer en lapin Duracell pour mon enterrement de vie de garçon…
Pascal : Mon meilleur souvenir de concert c’est quand nous avons joué en Flandre : nous avons été accueillis comme des dieux, il y avait un silence religieux dans la salle, les gens nous ont acclamés…

Et le futur du groupe, vous l’envisagez comment ?
L’idée, c’est d’enregistrer un long album, d’une dizaine de titres, qui sont beaucoup plus aboutis que ceux d' »Echoes From The Attic », notre premier essai. On va essayer de faire ça pour l’automne, et on va probablement travailler en collaboration avec une artiste-peintre belge pour la pochette de l’album, ça va être très joli !

Chroniqueur
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