"> Interview de Cristobal and the Sea - Indiepoprock

Interview de Cristobal and the Sea

Comment s’est passé votre concert à la Maroquinerie en première partie de Natas Loves You ?

 

Joshua : Tellement génial.

João : Le public a été vraiment sympa.

Alejandro : Nous ne savions pas comment ça allait se passer. Mais je pense que le public a vraiment apprécié. En tout cas, nous on a aimé. Ça nous a semblé très court, ce qui est toujours un bon signe. Avant que nous nous en rendions compte, c’était fini.

Joshua : Le lieu était génial aussi avec ces différentes plateformes pour que les gens nous voient.

Alejandro : Nous sommes amis avec Natas Loves You. C’était cool d’être à nouveau avec eux. Et puis, tu sais, à Londres il y a une telle différence entre les salles des pubs et les plus grosses salles, sans avoir d’entre-milieu. Quand on tourne en Europe, les salles sont vraiment prévues pour accueillir des concerts avec une balance et…

Joshua : … Et un bol de KitKat.

João : … Et un fromage. (rires)

Alejandro : C’est vrai qu’il y a des choses auxquelles on ne s’attendait pas.

Joshua : Il y avait des pommes, des bananes, des KitKat, des Twix et un fromage.

João : Tu ouvres le réfrigérateur et la pièce est tout de suite embaumée.

Joshua : L’un des fromages jouait dans la cour des grands. (rires) Peut-être que les salles de concert en Angleterre devraient commencer à donner…

João : … Plus de fromage. (rires)

 

 

Pourquoi le nom Cristobal and the Sea ?

João : Le nom, le nom…

Leila : Le nom, le nom…

Alejandro : En grande partie parce nous n’avons rien trouvé d’autre. À l’époque, João et moi essayions de trouver un nom et puis nous en sommes venus à parler des origines de Christophe Colomb. Son nom est espagnol. Certains disent qu’il est portugais. Certains disent qu’il est espagnol, certains disent qu’il est italien.

João : Certains disent qu’il est polonais.

Joshua : Quoi ? Il est polonais ?

Alejandro : À cause de ce débat, nous avons décidé de nous appeler Cristobal and the Sea.

 

Vous êtes comme des marins sur un bateau alors.

João : Oui, c’est l’idée.

 

Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

Alejandro : João et moi avons grandi ensemble et sommes allés dans la même école même si nous ne nous côtoyions pas à l’époque. Et puis nous sommes allés à l’université, qui s’est trouvée être la même en Angleterre.

João : Puisque Dieu insistait, nous avons pensé qu’il était temps que nous nous parlions. (rires)

Alejandro : Ce genre de sentiment quand tu vois quelqu’un et que tu te dis « Je l’ai déjà vu avant. ». Et puis l’année dernière nous avons emménagé à Londres. Josh est le meilleur ami d’un très bon ami à nous de l’université. Nous avions besoin d’un batteur. C’était notre homme.

Joshua : Je jouais dans un groupe. João m’a dit « Oh, j’ai besoin d’un batteur. » Je suis batteur, je pensais que ça pouvait le faire. Il ne m’a même pas demandé si je voulais être le batteur, il a juste dit « Je l’ai trouvé. » Je suis passé par un rituel très très intense tu vois. (rires)

 

Vous êtes d’origines différentes : portugaise, espagnole, anglaise et française. Ça vous a influencé d’une manière ou d’une autre ?

Alejandro : João et moi nous échangeons beaucoup de chansons espagnoles ou portugaises mais plutôt pour le fun.

João : Des chansons traditionnelles comme du folk ou des chansons révolutionnaires.

Leila : Je ne pense pas que nos influences proviennent de nos pays d’origine. C’est juste la façon dont tu grandis. J’ai été très influencée par le jazz pendant mon enfance. Ce n’est pas parce que je suis française, c’est juste parce que ma famille écoutait beaucoup de jazz.

Joshua : En tant que batteur, John Bonham m’a évidemment influencé. Plus récemment, plutôt des batteurs de jazz comme Lenny White qui a bossé avec Miles Davis. Mais je suis plutôt ouvert.

 

Ces influences forgent-elles le groupe ?

Leila : Indirectement, peut-être.

Alejandro : C’est tellement difficile de répondre.

João : On écoute tellement de musique. Vous les gars (Joshua et Leila), vous écoutez beaucoup de musique électronique, mais pour autant nous ne faisons pas de house. Animal Collective a pu avoir une grande influence ces 2 ou 3 dernières années.

Leila : Avant nous écoutions beaucoup de folk ensemble. Je suis à fond dans la musique africaine en ce moment.

 

Avez-vous déjà essayé de chanter des titres dans d’autres langues ?

Alejandro : Nous le faisons. Nous reprenons des titres.

 

Vous pourriez essayer en français, comme Leila est française.

Tous : Ouais.

João : Nous écoutons Serge Gainsbourg.

Alejandro : Dans toutes les chansons sorties, My Love a un peu d’espagnol, Violet Tear un peu de portugais. Nous envisageons toujours de faire quelque chose en français. Ça viendra.

Leila : En fait il y en a un peu dans My Love.

Alejandro : C’est vrai qu’il y a une phrase française dans My Love.

João : « C’est ça, c’est ça, qu’c’est bon. »

Alejandro : C’est subtil. Il faut y faire attention. Nous l’avons faite plutôt pour nous amuser.

 

 

Vous avez parlé d’Animal Collective en terme d’influence. Vous avez le même producteur, Rusty Santos. C’est comment de travailler avec lui ?

Alejandro : C’était incroyable. Le label nous a demandé avec qui nous voulions nous produire et nous avons balancé ce nom. Nous ne savions pas ce que ça allait donner. Le label n’avait pas de connexion avec lui. L’éditeur, qui ne savait pas que nous avions parlé de Rusty, est revenu vers nous et nous a dit qu’il y avait bien ce gars qui était intéressé pour travailler avec nous et il se trouve que c’était Rusty Santos. « What the fuck?! ». Il est venu à Londres. C’est un mec incroyable et super intéressant.

Joshua : Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment.

Leila : La façon dont il travaille est très spéciale. Il veut vraiment créer l’atmosphère nécessaire pour enregistrer. La plupart des parties instrumentales ont été enregistrées en live, en 2 ou 3 prises.

Alejandro : Nous avons enregistré pendant 3 heures, si ce n’est pas 4 ou 5.

João : Nous avons juste écouté de la musique pour nous mettre dans l’ambiance.

Alejandro : Et puis d’un coup il a dit « Maintenant, allez dans le studio et jouez ! ».

Joshua : Il sait quand c’est le bon moment, quand on arrive au point qu’il faut capturer. C’est la première fois que je bosse avec un vrai producteur.

Alejandro : Nous avions déjà enregistré en studio et c’était un processus fastidieux, spécialement quand tu te fies au métronome afin que ça soit parfait, et que tu dois ajouter une chose à la fois. Là, c’était juste nous dans la même pièce en live. Je ne pense pas que nous ayons joué les morceaux plus de 4 ou 5 fois. Si nous pouvions y arriver en 2 prises, alors c’était en 2 prises et c’est tout.

Joshua : Il y a des moments où je voulais le refaire en pensant que ça pourrait être mieux. J’en parlais à Rusty. Il me répondait « Non, pas d’autre prise. » Il sait détecter la bonne prise.

 

L’album a donc été enregistré rapidement.

Alejandro : La seule chose sur laquelle nous avons vraiment travaillé, c’était les voix. Nous avons fait de nombreuses prises de voix.

Leila : Et il nous faisait chanter dans des positions bizarres : debout sur une table ou assis en Buddha.

João : J’ai du enlever mon t-shirt.

 

Maintenant, je vais écouter l’album différemment. (rires)

Joshua : Dans My Love, pendant le « What are u doing? », il était torse nu. (rires)

João : Il y a une photo quelque part de ça.

Alejandro : C’était vraiment fun.

 

En quelques jours l’album était donc bouclé.

Alejandro : Nous l’avons enregistré en juin (2014). Nous avons travaillé 5 jours à plein temps. Puis il y a eu la production, le mixage et les arrangements.

 

Sur votre SoundCloud, il y a beaucoup de photos de filles dénudées pour illustrer vos morceaux. Que s’est-il passé ? (rires)

Alejandro : En fait, nous habitions avec un mec français, un ami qui s’appelle Thomas. Il avait l’habitude d’aller sur ce site qui s’appelle Bonjour Madame sur lequel il y a des filles dénudées ou pas, et donc ces jolies images.

João : Une image par jour.

Alejandro : C’est plutôt de bon goût. Nous avons…

João : … Nous étions accrocs. (rires)

 

Sur SoundCloud, on peut trouver une reprise de Genesis de Grimes. Elle vous a contacté à ce sujet ?

Alejandro : Nous n’avons jamais été en contact avec elle. Je pense pourtant que c’est le titre le plus joué sur notre SoundCloud.

João : Ah ouais ? Mais c’est une reprise ! (rires)

Alejandro : Nous aimons Grimes, c’est pourquoi nous l’avons faite. Il y a ce son éthéré.

Leila : Ce n’était encore que vous 2 (Alejandro et João).

Alejandro : En fait nous n’aimions pas la tonalité du morceau alors nous l’avons changé pour le rendre plus acoustique.

 

 

Vous avez sorti un clip pour My Love. Vous pouvez nous en parler ?

Alejandro : Il a été réalisé par un de nos amis, Elliot Arndt.

Joshua : Un mec incroyable.

Alejandro : Il est l’un de ces gars qui est complètement fou. Il est génial en musique, en réalisation vidéo, …

Leila : … En peinture…

Alejandro : … En photographie. Nous l’avons trouvé sur Internet. Nous lui avons donné une idée de ce que nous voulions et il est revenu une semaine plus tard en mode « ça, c’est votre idée et ça, c’est ce que nous allons faire » et c’était aussi simple que ça. C’est la représentation du côté le plus sombre de la nuit. Le gars de la vidéo est un ami. Et il est juste tar…

João : … Brillant !

Joshua :  L’idée est venu de ses mouvements de danse. Il a le style le plus singulier de danse que j’ai pu voir. Et il est très fort en danse. Il se fiche de ce que ça peut donner.

João : L’idée principale était juste de l’avoir lui.

Joshua : C’est ça. Juste lui en train de danser. Mais Elliot nous a dit « Oh. Ça serait ennuyeux. » (rires)

Alejandro : Nous avons juste fini de tourner le clip de Disquiet la semaine dernière, à nouveau avec Elliot. Il sort le 8 décembre en même temps que la sortie physique de l’EP.

 

Quels sont vos projets pour l’année prochaine ?

Joshua : Leila nous quitte. Elle a la vie la plus folle parmi nous.

Leila : Je suis toujours étudiante.

Alejandro : Mais elle emménage à Londres à la fin du mois de décembre. Nous avons des projets d’album mais pas encore de date. Avec un peu de chance, nous allons faire aussi quelques festivals.

 

L’album sera dans le même style que l’EP ?

Alejandro : Nous allons essayer de travailler à nouveau avec Rusty. Nous avons envie de clôturer cette sorte de cycle EP/album avec un son similaire.

Joshua : Nous en avons parlé à Rusty et ça l’intéresse.

Alejandro : Nous voulons tous aller au Portugal ou quelque part comme ça pour l’enregistrer.

 

Vous restez quelques jours à Paris. Vous allez faire quoi ?

Alejandro : Ce soir nous allons manger un très très gros plat de lasagnes que la mère de Leila nous a cuisiné.

Joshua : Il est vraiment énorme.

Alejandro : Je pense que nous allons montrer un peu Paris à Josh.

Joao : Et sortir avec des amis.

 

L’EP « Peach Bells » est sorti le 8 décembre sur le label City Slang.

Interview réalisée le 28 novembre.

Remerciements : Alejandro, João, Joshua, Leila, Aymeric.

 

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