"> Interview de CSS - Indiepoprock

Interview de CSS

Tous les fans d’indie qui sur leur page MySpace déclarent n’écouter que Mogwai et My Bloody Valentine n’ont plus besoin de se cacher pour écouter en douce Beyoncé, Wham ! et autres Nelly Furtado… CSS arrive en force avec leur dance déjantée et surtout une "street-cred" maximale ! Le groupe brésilien CSS dont le nom est sur toutes les lèvres en ce chaud printemps 2007 et qui vient de se produire en salle comble à l’Elysée Montmartre, avait tout du pétard mouillé : une bande de jeunes filles (et un garçon, Adriano) habillée à la dernière mode girlie Top Shop chantant des chansons pop/electro aux paroles fofolles… Il va falloir pourtant sérieusement réviser ces premières impressions car leur album, l’éponyme « Cansei de Ser Sexy » (« Marre d’Etre Sexy ») leur donne la crédibilité musicale qui aurait pu leur manquer. C’est simple, leur disque ne comporte presque que des tubes : Off the HookAlalaLet’s make love and listen to Death From AboveAlcohol pour ne citer que ceux-là. Le sens de l’humour de CSS, leur maniement du second degré, leurs mélodies lancinantes et leur fantaisie innocente, tout cela séduit même les plus cyniques. On parie mêmes que ceux-là seront les premiers à se dandiner tout l’été en écoutant CSS dans toutes les fêtes branchées !

Rencontre avec Carol (guitares et batterie) et Ana (guitare et claviers) à la veille du concert de L’Elysée Montmartre…

J’adore le fait que vous mélangiez le côté indé avec des influences plus mainstream comme Georges Michael ou Beyoncé…
C – La vérite c’est que tout le monde aime la pop cheesy mais tout le monde refuse de l’admettre… Nous on s’amuse avec tout ça !

On a lu que vous vous êtes rencontrés parce que vous traîniez tous dans les mêmes night-clubs, mais que vous aviez des jobs très différents au Brésil… 
C – Oui c’est vrai on avait tous des activités qui n’ont rien à voir avec la musique, sauf pour Adriano qui en faisait à plein temps.
A – Moi j’étais en école de cinéma, Luiza (guitare) aux Beaux-Arts, Ira (basse) était créatrice de mode et Lovefoxxx (chanteuse) était designer et illustratrice. D’une certaine manière on s’est tous retrouvés à traîner ensemble parce qu’on était impliqués dans des projets artistiques. Sur notre site tu peux d’ailleurs voir que Luiza prend toujours beaucoup de photos… Notre créativité à chacun continue de s’exprimer en dehors de la musique encore aujourd’hui.

Alors pourquoi la musique ?
C – C’est le seul art qui pouvait nous rassembler en tant que groupe.
A – On voulait tous faire quelque chose ensemble et on savait tous un peu jouer d’un instrument. C’est arrivé sans qu’on y pense, jamais on n’a imaginé faire carrière. On faisait ça pour rire et puis tout à coup c’est devenu notre job, ce qui est vraiment cool.

On raconte que quand vous avez commencé aucun de vous ne savait jouer d’un instrument, est-ce juste une petite légende ?
A – On n’a jamais consciemment essayé d’être des musiciens mais on avait les connaissances de base pour jouer. Moi je jouais de la guitare. Adriano est celui qui en savait le plus car il avait déjà bossé comme producteur. Mais comme c’est un super guitariste il a décidé de se mettre à la batterie pour qu’on soit tous sur un pied d’égalité. Aujourd’hui ça fait près de trois ans qu’on joue constamment donc on a tous atteint un assez bon niveau.

Comment est né le disque ?
C – On a enregistré chez nous. Je partageais une maison avec Adriano dans laquelle on avait une toute petite pièce avec un ordinateur pour faire les prises. C’était tellement petit qu’on n’y entrait pas à six ! Le maximum c’était trois personnes à la fois. Ensuite on est allés dans un très bon studio mais seulement pour le mixage. 
A – C’était vraiment cool parce qu’on a jamais eu à aller dans un vrai studio. On traînait dans cette maison toute la journée. On discutait, on buvait et de temps en temps on enregistrait. On n’a vraiment eu aucune pression, ce qui a sûrement beaucoup contribué à notre écriture.

J’imagine qu’être dans un énorme studio professionnel peut, en effet, être très intimidant pour un début…
A – Oui, pour nous je crois que ça aurait changé beaucoup notre approche. Cet album est arrivé sans qu’on s’en soucie. On a enregistré des titres pour un label Brésilien et puis petit à petit ils nous en ont demandé d’autres… Aujourd’hui c’est différent. On était à Londres il y a quelques mois et on est allés enregistrer quelques titres dans un studio où les Beatles ont joué…
C – C’était notre première fois dans un vrai studio, tu te rends compte ? (rires)
A – Je pense que tout ce qui nous est arrivé dernièrement vient du fait précisément qu’on n’avait aucun plan. 
C – De toutes façons au Brésil c’est impossible de se dire: “Tiens je vais former un groupe et je vais devenir une star”, contrairement à l’Angleterre. Ca n’existe pas, tout simplement.
A – Si tu élabores une stratégie, de toutes façon c’est le meilleur moyen pour se planter !

Votre vie a dû complètement changer ces deux dernières années ?
C – Oui surtout depuis qu’on a signé chez Sub Pop.
A – En juillet on devait faire une tournée de deux mois qui finalement s’est étendue à six mois. Tout arrivait en même temps et on a tous quittés nos jobs à ce moment-là.  C’était top, on est même allées au Japon ! On n’a pas imaginé qu’on nous paierait un jour pour faire ça.

Vous clamez souvent votre gratitude envers le public et le succès, c’est une attitude rare dans le métier… N’y a t’il pas des soirs où monter sur scène est une corvée ? 
A – La tournée qui a duré six mois a été très dure pour nous tous. A partir de ce moment on a décidé de ne plus jamais réitérer et de faire un break au moins tous les mois. C’est mieux pour tout le monde. On essaie aussi de jouer des nouvelles chansons pour briser la routine. On veut pouvoir rentrer régulièrement au Brésil, donc on a beaucoup appris de nos erreurs des débuts.
C – En même temps, chaque tournée est très différente… Chaque soir et chaque pays, surtout en Europe. Les réactions dans le public sont toujours imprévisibles. 
A – Parfois on est complètement crevés et on se dit “Oh la, ce soir ça va être dur », mais dès que tu entends le public se déchaîner et crier, c’est la décharge d’adrénaline assurée et on finit toujours par s’amuser. La scène c’est vraiment le meilleur moment de la journée ! En plus on n’est pas le genre de groupe qui se prend au sérieux et qui dit au public : « voilà notre art » ! On est décontractés, on a rarement l’impression de bosser. Il y a toujours des aspects ennuyeux comme les soundchecks, mais les concerts c’est fun !

Vous jouez demain soir à L’Elysée Montmartre pour votre deuxième venue à Paris (après le Point Ephémère en décembre). Quelles sont les réactions du public français ?
A – Je ne sais pas pourquoi mais j’avais l’impression qu’ils serait plutôt discipliné mais le concert du Point Ephémère a complètement dégénéré ! (rires). A la dernière chanson la scène a été envahie et tout le monde dansait et prenait des photos. Un très bon souvenir.
Demain c’est notre quatrième concert en France. On a aussi joué aux Transmusicales de Rennes. C’est marrant parce que la veille on avait joué à Londres, au Forum, qui était notre plus gros concert jusque là et Jarvis Cocker était venu sur scène avec nous. On était survoltés. Et puis juste après on est montés dans le bus direction Rennes et la tension est retombée. En plus en général dans les festival il n’y a pas de soundcheck alors le son laisse souvent à désirer. Bref, ça s’annonçait mal. Au final c’est devenu notre concert préféré de toute la tournée ! 7000 personnes étaient là et le son très clair et puissant … Une nuit incroyable !

Comment s’annoncent les prochains mois ?
C – Notre année 2007 est déjà entièrement bookée !
A – On joue les Festivals cet été. C’est nouveau pour nous. Ensuite on rentre au Brésil travailler quelques chansons. L’enregistrement du prochain album est prévu pour 2008.

Vous savez déjà quelle orientation il va prendre ? 
C – Déjà on n’a plus notre maison. Ca ne servait à rien de la garder puisqu’on est constamment en tournée. Cette fois-ci on se paiera peut-être le luxe d’un vrai studio ! 
A – Une chose est sûre c’est que peu importe les conditions, on sait exactement comment on veut travailler.

Que veux-tu dire par là ? Je suppose que vous êtes sous beaucoup de pression. Vous avez peur d’être récupérés ? 
A – Ce que je veux dire c’est qu’il n’y a rien de mal à gagner de l’argent et à avoir du succès. Parce qu’on est sincères et on bosse vraiment dur… Depuis le début on a une ligne de conduite dont on n’a pas dévié. On fait les choses à notre façon, sans concessions. Au final même notre label respecte ça. Les gens nous aiment parce qu’ils voient bien qu’on s’amuse. Si on commence à calculer on ferait aussi bien de revenir à nos jobs d’avant. On aime tellement ce qui nous arrive qu’on ne compte pas vendre notre âme comme ça !

Chroniqueur
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