"> Interview de Fields - Indiepoprock

Interview de Fields

Deux mois avant la sortie fin août de leur premier album,  »Everything last winter », les cinq de Fields sont venus fêter la musique à Paris. C’est à cette occasion que nous avons pu nous entretenir avec eux et tenter de percer leurs univers d’une beauté sombre où les corbeaux en plastique côtoient sans mal les films de Robert Mitchum. 

Pourriez-vous vous présenter rapidement pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore et qui aimeraient découvrir votre univers musical?
 
Cela fait seulement un peu plus d’un an qu’on est ensemble. On s’est connus grâce à des amis communs et on semblait partager une admiration certaine pour des groupes comme Sonic Youth, Nick Drake, ou l’electronica et le folk. Nous voulions faire de la musique qui soit magique, sombre, belle et élève l’âme. Je pense qu’on ne rentre dans aucun moule de la scène britannique actuelle et cela nous convient bien, car nous aimons tailler notre propre route.

Votre album est plaisant à écouter. Les chansons sont accrocheuses, à l’image de Charming the Flames par exemple, mais ce n’est pas de la pop légère. Il y a toujours une noirceur ambiante. est-ce quelque chose que vous vouliez ou est-ce par hasard que ce genre d’atmosphère se retrouve sur tout l’album ?

Créer une atmosphère sombre et belle était quelque chose que nous avons toujours désiré. Je pense que les lieux dans lesquels nous avons enregistré l’album ont aussi contribué à la qualité de cette noirceur. C’était difficile de ne pas faire un album d’une grande intensité alors qu’on était entouré de bougies, de corbeaux en plastique et de plein d’ombres dans un ancien caveau de Dublin.

Ceci dit, votre musique n’est pas non plus monochrome car la plupart des chansons ont plusieurs couleurs, sont basées sur des contrastes…
Oui, je pense que comme nous contribuons tous les cinq à l’écriture et à l’enregistrement, cela aura toujours de multiples facettes. Les chansons sont le plus souvent initiées par une personne mais chacun a la possibilité d’ajouter ses idées au processus d’écriture. J’aime l’idée de frictions et en même temps d’harmonie créée par les contrastes.

Vous avez l’air d’agir comme une éponge par rapport à différents styles musicaux. Quelles sont vos influences ?
En termes d’influences, je pense que nous sommes plutôt ouverts et pas seulement pour ce qui est de la musique. Je trouve souvent mon inspiration dans les livres ou les films autant que dans la musique. Le fait d’avoir étudié les beaux arts m’a habitué à regarder le monde d’une certaine façon. Et être dans un groupe me procure un superbe filtre pour toutes les choses qui m’inspirent et m’enthousiasment.

La chanson Schoolbooks est particulièrement réussie. De quoi parle-t-elle ? 
Cette chanson m’a été inspirée par un film de Robert Mitchum, ‘’La Nuit du chasseur’’. Il y a une atmosphère vraiment sinistre et les mots me sont venus en deux minutes seulement après avoir vu ce film. Assez bizarrement, je suivais une formation pour être professeur à cette période et je pense que cela a du inconsciemment influencer le titre de ce morceau.

La presse (surtout en Grande Bretagne) est très enthousiaste à votre sujet, avant même la sortie de votre premier album, comment le vivez-vous ?
Nous essayons de ne pas faire trop de cas de ce que dit la presse à propos de nous. Cela peut être un piège dans lequel on peut tomber lorsqu’on lit et qu’on prend trop à cœur ce que dit la presse. Je pense que nous essayons de nous en tenir à nos objectifs. Bien sûr, c’est toujours chouette si les gens aiment ce qu’on fait et s’enthousiasment pour ça.

Thorunn, ta voix est splendide. Quelle est ton histoire ? Comment, venant d’Islande, t’es-tu retrouvée avec un groupe londonien ? 
Merci. J’ai grandi dans un milieu musical, puisque que mon père est un musicien respecté en Islande. J’ai passé pas mal de temps en studio et dans l’ambiance des concerts dès mon plus jeune âge et c’est pourquoi je me suis mise à chanter. Vers l’âge de 10 ans, j’ai enregistré des albums pour enfants puis j’ai chanté avec plusieurs groupes et artistes en Islande. Après cela, à 18 ans, j’ai fait un album solo en collaboration avec mon père, ce qui a débouché sur un contrat pour BMG avec un groupe du nom de The Honeymoon. J’ai aussi chanté avec Junior Senior puis cela a été au tour de Fields.

Parlez-nous de vos concerts. Comment en êtes-vous arrivé à développer l’aspect visuel et que voit-on exactement sur scène ? 
Quand c’est possible nous apportons avec nous une collection d’animaux des bois. Nous avons un hibou, un renard, un cerf grandeur nature (malheureusement il a une oreille cassée) et une collection de corbeaux. Je pense que nous avons toujours voulu créer une atmosphère sur scène avec des lumières et des accessoires, mais comme nous faisons souvent la première partie ce n’est pas pratique de le faire car nous disposons de trop peu de temps pour installer le matériel. Heureusement nous allons arriver à un point où nous pourrons développer cela avec l’usage de films en plus de nos mises en scène. 

Comment s’est passé votre concert hier, à la Maroquinerie (Paris) ? Et quels sont vos projets pour les mois à venir, d’autres concerts ?
Le concert s’est très bien passé merci. Il y avait une foule d’une belle taille bien qu’il fasse incroyablement chaud dans la salle. Pendant l’été nous allons faire quelques festivals au Royaume Uni, partir aux Etats Unis et écrire notre deuxième album que nous espérons avoir fini à la fin de l’année. Nous espérons aussi revenir en France pour une période plus longue. J’aimerais beaucoup passer plus de temps ici.

Kim
Chroniqueur
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