"> Interview de Kaolin - Indiepoprock

Interview de Kaolin

Interview réalisée le 31 janvier avec le groupe au complet avant leur concert le soir-même au Café de la Danse, dans le cadre du festival « Les jeux ». Cette interview a été diffusée sur www.rocknzone.net au mois de février 2003.

Il existe une association très active liée à Kaolin qui s’appelle #A_Bis : pouvez-vous nous la présenter ?

Guillaume (chant/basse) : Ce sont des gens qu’on a rencontrés dans les tous premiers concerts qu’on ait fait. Il s’est crée une espèce d’organisation, de fédération. Ils nous ont pris en sympathie et depuis ils ont créé un site, une association. A chaque concert quasiment ils sont là. Ils font beaucoup de choses : des T-shirts, ils vont voir les gens à la fin des concerts, ils font découvrir des choses sur internet, des inédits…

Vous êtes signés sur une major. Vous avez sorti un premier album qui a été bien accueilli. Vous n’avez pas l’impression que votre ascension été très rapide ?

Guillaume : Cela fait 5 ans qu’on joue ensemble et en 5 ans, on a sorti 2 autoproduits de 6 titres qu’on a faits de A à Z. On n’a pas chômé. On a fait pas mal de concerts. Ça ne s’est pas fait en claquant des doigts. Souvent les gens pensent que quand ça s’est fait aussi rapidement avec en plus une signature sur une major, c’est quasiment un coup monté, alors que c’est complètement faux ! Enfin en tout cas pour nous.

Comment êtes vous passés de la réalisation de ces deux EPs autoproduits à cette signature chez une major comme Barclay ?

Guillaume : On a provoqué les choses.
Ludwig (guitare) : On les a invités au local de répétition. Ils sont venus nous voir en concert plusieurs fois. Il y a eu plusieurs rencontres.

On a entendu dire que vous avez commencé le groupe sans savoir jouer de la musique, sans qu’aucun de vous ne sache très bien jouer d’un instrument. Est-ce que c’est vrai ?

Julien (guitare) : C’est pire que ça ! Avant de commencer le groupe on n’avait jamais touché une guitare. On écoutait tous le même genre de musique donc on avait envie d’en faire. Guillaume touchait un petit peu des guitares, et sortait des sons qui nous plaisaient bien. Après pour faire du rock, il faut des guitares, des basses et des batteries. Donc il a bien fallu s’y mettre !
Guillaume : On est quatre passionnés de musique.
Ludwig : Oui et puis on se rejoint sur pas mal de points, sur pas mal de bases musicales.

On sait que certains groupes comme Noir Désir refusent la récupération commerciale qui est faite de leur musique par leur maison de disques, Universal. Comment ressentez-vous le fait d’être chez Barclay, donc chez Universal ?

Julien : De la grosse machine Universal, on a reçu que des bonnes choses et on n’a pas eu de contraintes. Donc on ne va pas leur cracher dessus. En plus on a choisi d’aller là-bas alors qu’on avait d’autres propositions dans des boîtes plus petites ou des boîtes aussi grosses qui ne sont pas Universal. Et là où c’était le plus humain, où on se sentait le mieux et où on pensait qu’il y aurait le moins de problèmes, c’était chez eux. Comme quoi, ça dépend peut-être des visions chez Universal, ce genre de choses.
Guillaume : Nous, nous avons surtout adhéré chez Barclay, chez Rosebud. Alan Gac (ndlr : Alan Gac est le patron du label Rosebud, autrefois indépendant, et désormais intégré au sein de Barclay) . C’est vraiment une signature avec un label prestigieux. Tu as Bashung, Noir Désir, Bjork, le nouveau Emilie Simon qui arrive.
Julien : Katherine,
Ludwig : Les Valentins,
Guillaume : Les Little Rabbits? A chaque fois que je sors un artiste du label où nous sommes, ça nous fait rêver? Parce que ce sont des artistes. Ce sont des gens que nous apprécions, et qui sont intègres. Noir Désir, eux, c’est quelque chose de politisé. Nous, nous sommes absolument apolitiques, même si chacun de notre côté nous avons une conviction politique, mais pas dans la musique. Nous ne sommes pas là pour ça. Donc quelque part ça ne nous gène pas. Il n’y a rien qui entrave notre démarche artistique.

Comment composez-vous les morceaux ?

Guillaume : Lulu, et moi-même?
Ludwig : On fait la cuisine ensemble?
Guillaume : On fait la cuisine ensemble?On apporte nos petits morceaux, nos petits textes. Et après on met tous un petit tablier. On prend le poivre, le sel. On mélange tout et ça fait du Kaolin.

Votre musique sonne quand même très anglo-saxonne et pourtant vous chantez en français. Pourquoi ?

Guillaume : C’est un peu le challenge aussi ! C’est vrai que nous avons vraiment une base anglo-saxonne de part nos influences. Par contre on s’ouvre de plus en plus à ce qui est français et ce qui se fait chez nous parce qu’il y a des choses vraiment excellentes. Mais c’était aussi un petit challenge. On avait envie de s’exprimer dans notre langue natale. Quand tu fais pas mal de concerts et que tu chantes des textes en anglais, tu te rends compte que c’est juste pour la sonorité ; le sens n’est pas le plus important. Et au fur et à mesure des concerts, tu as quand même envie de t’investir dans ce que tu fais sur le moment, tu as envie de sentir que tu as écrit des choses parce que ça sort au plus profond de toi. Et au plus profond de moi ou de Lulu ou des autres, ça sort en français. Donc c’est logique.

Par quoi vos textes sont-ils inspirés ?

Guillaume : Pour les textes, je sais que je suis influencé par des images, des photos, des tableaux. C’est assez visuel et j’essaie de le retranscrire.
Ludwig : C’est visuel et c’est inconscient aussi?

Votre musique est assez instrumentale. Comment considérez-vous le chant ? Est-ce un instrument à part entière ?

Julien : C’est un instrument à part entière et justement il n’est là que quand il est nécessaire. Ça ne sert à rien de l’utiliser s’il est en surplus. Si la chanson est entière et compréhensible comme ça, on se passe d’un nouvel instrument.

Quelle évolution souhaitez-vous donner au prochain album ? Votre premier album paraît un peu retenu, le suivant sera-t-il plus brutal ?

Julien : On ne cherche pas à voir un chemin devant nous et à le suivre. On fait des chansons quand elles viennent. Quand on les trouve bien, on les garde.
Guillaume : On a quand même envie que ce soit un peu plus tendu?
Julien : Ca va être un peu plus tendu, je pense oui, mais ce n’est pas l’objectif à atteindre.

Vous avez travaillé avec les Valentins qui ont produit votre 1er album. Comment cela s’est-il passé et que pensez-vous des Valentins ?

Guillaume : Ce sont des gens excellents. Déjà humainement? Ils sont venus à Montluçon pour qu’on puisse faire connaissance. On a toujours marché un peu comme ça : que ce soit la pour la maison de disques, pour les ingés son, pour les gens qui sont autour de nous, il faut que ça soit chouette, qu’on se marre bien, que ça se passe bien, qu’on rigole. Les Valentins ont vraiment beaucoup de talent, une grande expérience. Je ne vois pas ce qu’ils n’ont pas ces gens-là? Peut-être une mobylette?

Dans la presse on vous compare souvent à Radiohead ou à Coldplay. Est-ce que ça vous flatte ce genre de comparaisons ou est-ce que ça vous énerve ?

Julien : Ca dépend. C’est toujours agréable parce qu’on trouve que c’est de la bonne musique mais c’est quand même assez énervant d’avoir toujours les mêmes raccourcis. Depuis que Radiohead a fait de la musique, il a servi à beaucoup de critiques ! Tout le monde fait du Radiohead, il faut quand même le savoir ! Tout le monde a subi « OK Computer » et maintenant ne sait plus que faire du Radiohead ! Donc ça c’est peut-être un peu agaçant. A la rigueur, peut-être qu’en fouinant dans ce style de musique, il y aurait des choses moins connues qui se rapprocheraient plus de notre musique. Alors autant que ces gens-là aillent chercher un peu plus loin?
Guillaume : Oui mais ce sont quand même des influences que nous revendiquons?
Julien : Bien sûr ! On trouve ça bien parce que c’est de la bonne musique, mais d’avoir toujours le même propos c’est un peu réducteur.

Kaolin est le nom d’un matériau qui compose la porcelaine, et qui décrit quelque chose de beau et de fragile, comme votre musique. Est-ce pour cela que vous avez choisi ce nom pour votre groupe ?

Julien : Oui, c’est la sonorité et la définition du mot qui nous ont fait choisir ce nom. Kaolin, le nom même, désigne la petite montagne en Chine où a été trouvée cette matière là qui s’appelait Kao lin : la montagne Kao Lin.
Guillaume : C’est un des seuls trucs réfléchis dans le groupe ! (rires)

Et en ce qui concerne l’album, pourquoi l’avez-vous appelé « Allez » ?

Guillaume : Dans notre région en Auvergne, cela fait 5 ans qu’on existe, on a fait 2 autoproduits et certains nous prenaient pour des cinglés, pour des fous : « vous ne savez pas jouer, vous jouez comme des pieds, vous sortez un autoproduit de 6 titres, c’est n’importe quoi? » Et on a toujours fonctionné comme ça, on s’est dit : « oui bon ben c’est pas grave, on ne sait pas jouer soit, on en est au courant, on est les premiers au courant même, mais ça ne nous empêchera pas de sortir un album, parce qu’on en a envie ». Ça a toujours été ça : allez, on y va !

Sur votre album, il y a un titre qui porte un nom très intrigant : Quand Laetitia C? ! Alors pourquoi ce titre ? S’agit-il de Laetitia Casta ?

Guillaume : C’est une copine à nous qui s’appelle Laetitia Chamoune donc on s’est dit : tiens, avec le C ils vont tous croire que c’est Laetitia Casta. Et pas du tout ! Bonjour à toi Laetitia Chamoune, si tu nous entends !
Julien : Si tu existes ! (rires)
Guillaume : Non en fait, j’avais vu une photo où elle était sublime. Mais pas une photo dénudée, une vraie photo dans un magazine féminin. Elle était vraiment super belle cette photo. Et j’ai pris la guitare et?
Julien : Et je me la suis faite ! (rires)

Merci à Valérie de #A_Bis pour la transcription.
Par PJ-Pookie et

Chroniqueur
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