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Interview de Kindness

Interview de Kindness

Peux-tu nous raconter l’histoire de ce second album ?

J’ai commencé à écrire de nouveaux titres à peu près un an après le premier album « World, You Need A Change Of Mind ». J’avais un petit studio à Londres. J’étais vraiment content d’y aller tous les jours. Mais l’album a vraiment démarré quand j’ai commencé à rencontrer d’autres gens et à leur dire « Voilà, c’est l’idée que j’ai. Je ne sais pas encore ce que ça va donner. Qu’est-ce que vous en pensez ? ». Parfois ils me disaient que c’était bien et que ça valait le coup de continuer. Et quelques fois, comme avec Kelela par exemple, on commençait à chanter et les idées de mélodie et de voix venaient naturellement. C’était très organique.

 

Les titres de tes deux albums « World, You Need A Change Of Mind » et « Otherness » font référence au changement. Tu n’aimes pas que les choses restent telles qu’elles sont ?

J’aime le changement. Pas nécessairement dans ma vie, mais plutôt de manière générale. Les choses ne vont pas si bien depuis quelques années dans le monde. Même si j’en faisais référence dans mon premier album, ça n’est que plus vrai maintenant. Et je ne suis pas sûr que quelqu’un ait les réponses sur comment ça doit évoluer.

 

Ça veut dire que tu es à la recherche de la perfection ?

Non, juste d’une société dans laquelle on puisse vivre. C’est difficile d’être optimiste de nos jours. Je ne suis pas pessimiste. Je suis réaliste.

 

Sur « Otherness », il y a de nombreuses collaborations. Parlons de celle avec Robyn. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Elle a écouté le premier album. Puis elle a répondu à une interview de Pitchfork dans laquelle on lui a demandé « Vous écoutez quoi en ce moment ? ». Elle a répondu ASAP Rocky, Metronomy et Kindness. Un ami m’a envoyé l’interview. C’était cool, mais je n’en espérais pas plus.
Quelques semaines plus tard, sachant que j’étais à New-York, son management m’a envoyé un email pour me dire que Robyn voulait m’y rencontrer. Nous nous sommes vus et voilà. On a fait des sorties ensemble. Nous avons bien plus en commun que je ne pouvais l’espérer et c’est vraiment simple de bosser ensemble maintenant. Ça donne beaucoup de sens.
C’est une amitié et une collaboration géniales et inespérées.

 

Comment  s’est passé le remix que tu as fait de Monument, extrait de l’EP « Do It Again » de Röyksopp et Robyn ?  

Robyn m’a fait écouter des versions brutes de l’EP et celle de Monument était ma préférée. Puis elle m’a fait écouter la version de Mark E. J’adore ce remix, j’adore Mark E, je ne critique absolument pas son travail (sourire), mais je pensais que ça ne sonnait pas vraiment comme l’original. Ce que j’aimais dans les années 80, c’est qu’un remix n’avait pas besoin de sonner différemment de l’original. Ça pouvait avoir la même structure, la même mélodie, la même production mais être juste balancé d’une manière différente. Et c’est ce que je cherchais : laisser la voix comme elle est, laisser la musique identique mais changer le titre en quelque chose de plus brut. C’est pour ça que j’ai aussi voulu y intégrer du rap.

 

Tu as créé ton propre label Female Energy Records. Tu veux signer d’autres artistes ?

J’aimerais, oui. Mais la plupart des artistes que j’aime ont déjà des projets en cours.
J’aurais aimé signer Kelela. Tu sais, tu rencontres des gens et tu les trouves géniaux. Mais tu n’es pas tout seul. D’autres le pensent aussi.
Mais un jour ça arrivera. Je trouverai quelqu’un d’incroyable et je serai super fier de sortir son album.

 

Tu as travaillé sur ton premier album avec Philippe « Zdar » Cerboneschi du groupe Cassius. Ça te donne un lien particulier avec la France, non ?

Je pense qu’elle a eu une influence immense sur moi. Adolescent, je me souviens avoir eu une expérience professionnelle avec un gros magazine français de dance. Je ne me souviens pas de son nom. Je me souviens avoir écouté tellement de musique dance française.
La French Touch, c’est un peu cliché maintenant en France mais tu ne peux pas imaginer à quel point elle a été influente dans les autres pays. C’était très excitant et tellement source d’inspiration. Je pense qu’à cette époque de ma vie, vers 17/18 ans, j’écoutais de la French house, du UK garage et de la pop/r’n’b. Et maintenant j’essaie d’intégrer tout ça dans mes albums.

 

Est-ce que ça veut dire que tu vas collaborer à nouveau prochainement avec des artistes français ?

Qui sait. Je n’arrête pas de demander si on peut avoir un remix de Thomas des Daft Punk mais… (rires)
J’ai rencontré Alan Braxe dernièrement, DJ Falcon aussi. Doucement mais sûrement ça converge. Un jour ça arrivera et je serai dans les locaux de Roulé Records. (rires)

 

Est-ce que la culture Internet influence ton travail ?

Des sites comme YouTube, certainement.  J’ai une relation sympathique avec Spotify parce que je pense que c’est génial pour découvrir de la musique, mais pas pour les raretés musicales, les titres plus obscurs ou non officiels. Il y a tellement de choses sur YouTube. Ça en arrive même au point où le titre super rare, ou le morceau que tu as entendu une fois il y a des années, tu peux le chercher sur YouTube et tu le trouveras. C’est absolument génial.

 

En parlant de YouTube, il y aura des clips pour « Otherness » ?

J’espère. J’essaie juste de les produire. Je ne peux pas encore en parler. C’est difficile parce que je les réalise ou co-réalise moi-même et c’est une part de responsabilité en plus. Si ça se passe mal, ça sera de ma faute.

 

Tu aimes tout faire autour de ton projet.

Quand c’est une vision personnelle, il faut pouvoir s’investir à chaque étape du processus. Je préfère faire appel à des experts pour le design visuel ou l’enregistrement.
La réalisation d’une vidéo est quelque chose de très personnel et comme j’ai quelques aptitudes à la faire maintenant, je veux la faire moi-même.

 

Il y aura des remix disponibles de tes titres ?

J’espère. On attend le remix Roulé Records par Thomas des Daft Punk… (rires)

 

Tu y tiens vraiment. (rires)

Tellement !
Je me suis déjà lancé à faire un remix de Gee Up sur le premier album qui s’intitule le FEMNRG Remix. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà noté ce remix parce qu’il est sur la face B du remix de Erol Alkan. C’est vraiment moi qui pense « French Touch, French Touch, French Touch ». (rires)
Mais donc oui, il y aura des remix et je suis vraiment excité à leur idée, mais je ne peux pas encore en dire plus.

 

Tu seras bientôt en opening party du festival Pitchfork Paris. Tu es impatient d’y être ?

Oui, parce que je ne connais pas bien Shura, qui est aussi programmé. Et je suis tellement fan de Kelela et de Hawk House. Tous ces artistes dans la même soirée, ça va être génial. Je suis vraiment impatient.

 

« Otherness » sort le 7 octobre sur le label Female Energy Records.

Interview réalisée le 16 septembre.
Remerciements : Adam, Thomas

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