"> Interview de Milkymee - Indiepoprock

Interview de Milkymee

Sur son premier album, Emi Hanak (aka Milkymee) mêle la beauté magique du folk et l?esprit rageur de la scène de Seattle. Un son « résolument folk, assez intuitif et improvisé » comme elle aime à le dire elle-même, très éloigné de ses débuts punk et des productions électroniques de ses deux frères, JB et Fred (dDamage). Peu avant son passage au festival « Les Femmes s?en Mêlent » (avec Diving with Andy, Ellie Medeiros et Vale Poher), Emi a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Peux-tu nous raconter un peu ton parcours musical ?

A 15 ans j?ai appris la guitare, j?ai joué dans quelques formations grunge ou punk. J?ai fait partie d?un groupe dont le nom changeait en fonction des concerts : Mum is Drunk, puis Mum is Dad, Mum is Gay, Mum is Gone? J?ai chanté sur un morceau du second album de mes frères, dDamage, puis je crois que Snowballing (sorti en 2002 sur la compilation « Toxic Girls ! ») est ma première vraie production. C?est un travail effectué avec mon frère JB. Depuis nous n?avons jamais cessé de collaborer sur scène et en studio. Snowballing appartient un peu aux premières heures de Milkymee. A la base, Milkymee fonctionnait en trio, et les compositions étaient beaucoup plus électro-punk. Je travaillais avec deux autres musiciens, Sacha et Florent. A l?époque, on a monté Milkymee car Gloria (du label Tsunami-Addiction) m?avait demandé de faire un concert au Pulp pour la sortie de la compilation « Toxic Girls ! ». Ce n’était pas censé vraiment durer, mais on a quand même fait une bonne série de concerts en France en 2002 / 2003.

« Songs for herr Nicke » est beaucoup plus intimiste. Est-ce une façon pour toi de revenir à l’essentiel après ces débuts plutôt punk et électro ?

Il y a 2, 3 ans je me suis retrouvée seule en Suède, loin de Paris et de mes débuts électro-punk. J?ai donné une orientation beaucoup plus folk à mon premier album. C?était la suite logique de mon évolution personnelle et musicale. Tout à coup, je me suis dit que composer des chansons toute seule avec une guitare était ce qui me convenait le mieux, au-delà des styles que j’avais exploré avant. De toutes façons, je crois que j?étais un peu lassée de cette vague électroclash sur laquelle j?avais l?impression de légèrement surfer. Je ne me reconnaissais plus trop dans ma musique. J?ai d?ailleurs fait une longue pause avant de reprendre ma guitare, le seul instrument que j?ai emmené avec moi. Peu à peu le songwriting dans sa formule la plus minimaliste, guitare et voix, s?est imposé comme une évidence, même si l?exercice est assez difficile.

D’où t’est venue cette envie de te lancer en solo ?

Tout simplement car je me suis retrouvée sans musiciens à Stockholm avec l’envie dévorante de faire de la musique, et une seule guitare pour instrument. Mais Milkymee n’est pas un projet complètement solo. J’ai écrit tous les textes, composé toutes les mélodies et plaqué tous les accords, mais des musiciens ont fait des arrangements qui ont un impact fort sur l’identité des morceaux. Sacha et Florent y ont collaboré. Mes frères participent également à cet album : JB chante, joue de la guitare, a composé les interludes, Fred a écrit un texte, Monkey on a Drip. Je vois plutôt Milkymee comme une structure modulable et changeante dont je suis la base. En Suède je travaille avec d’autres gens. Nous somme tous un peu le « milkyway » ! (rires)

Justement, que penses-tu de la musique en Suède ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur les musiciens suédois avec lesquels tu travailles ?

Le dernier morceau que j?ai fait en duo avec un musicien suédois, Eric Ramsey, s?appelle Spider Monkey Song. J?aime beaucoup ce titre. Je joue souvent avec ma meilleure amie suédoise, Lilian P.Ohllson, qui est elle-même à ses heures choriste de Jens Leckman. Le père de ma petite copine est bassiste et il nous arrive de faire des concerts sur son île de l?archipel de Göteborg, Dyrön, devant un public de marins et de vieilles femmes très pieuses. C?est un très bel endroit avec un air de bout du monde et les meilleures soupes de poisson que j’aie jamais mangées. Il y a des chanteurs traditionnels folk que j?aime écouter, comme Lasse Tennander ou Tomas Andersson Wij. J?aime beaucoup Anna Ternheim, et plein d?autres artistes…

Et tes influences musicales en général ?

Elles sont nombreuses. Beaucoup d’artistes folk comme Joan Baez, Lee Hazelwood, Bob Dylan… De la musique kabyle comme Idir ou Djurdjura (ma mère est kabyle). Mais aussi plein d’autres choses, la scène de Seattle…

Quelle importance a eu la Suède (et notamment l?hiver suédois) sur la composition de l’album ?

Plus que le pays en général, c?est plutôt mon expérience personnelle de la Suède qui est inscrite en filigrane dans l’album. Les textes sont un condensé de cette expérience inattendue… C?est d?ailleurs certainement une version plus intéressante que la réalité ! L?hiver suédois est long et sombre. C?est à la fois très déprimant et très beau, assez cosy. Quand le printemps arrive, tout revit, les choses et les gens s?ouvrent, deviennent enthousiastes pour le moindre rayon de soleil ou un petit bourgeon. Il y a un rapport très fort avec la nature, le temps qui passe…

Pourquoi ce patronyme, « Milkymee », si ce n’est pas un secret ?

Milkymee est un patronyme trouvé par mon grand frère Boulder dDash. Il n’a pas de signification particulière mais j’aime sa sonorité. Je n’aime pas trop le lait de vache mais j’adore le lait de soja. J?ai envie de faire un concert avec une installation spéciale autour du lait, et offrir du lait de soja aux gens. Ou du lait de vache, ils choisiront.

Chroniqueur
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