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Interview de Nick Mason

Du riff psychédélique de Interstellar overdrive au refrain de Another brick in the wall en passant par le cultissime « Dark Side of the moon », Pink Floyd a marqué un public trans-générationnel par ses expérimentations sonores et ses lights shows phénoménaux. Dix ans après leur dernière tournée mondiale, Nick Mason publie ses mémoires de l?aventure dans « Pink Floyd, l?histoire selon Nick Mason » (Lire la chronique). Le batteur a troqué ses baguettes contre la plume et livre là tous ses souvenirs depuis la création du groupe en 1968 à « Division Bell » en 1994. A l?occasion de la sortie de l?édition française de son livre, il nous fait l?honneur de répondre à nos questions.

Quel est le but de votre livre? Est-ce un témoignage ou la conclusion d?une histoire ?
Ni l?un, ni l?autre. Disons que c?est plutôt mes mémoires? pour mes enfants et mes amis.

Comment ont réagi les membres de Pink Floyd à la sortie de ce livre?
Bien? Etant donné qu?il était clair que ce livre serait ma version des choses.

Aucun n?avait pensé en écrire un avant vous ?
Beaucoup de livres ont été écrits sur le groupe mais aucun par un des membres. Je suis le seul à l?avoir fait.

Que vous a apporté l?écriture de ce livre, sur le plan personnel ?
Du bon temps?

Après avoir ressorti tant de vieux souvenirs, n?êtes vous pas tenté de réaliser un film sur la vie de Pink Floyd ?
La musique serait superbe mais l’action ne serait pas particulièrement excitante…

Vous pourriez ressortir de vieilles bandes et des vieilles vidéos ?
Ça, on en cherche toujours. On ne trouve rien de plus.

La Jam session avec Frank Zappa au festival d?Amougies ?
Oui, par exemple. Mais celle-ci n?est pas terrible.

Syd Barrett est considéré comme le génie créateur de Pink Floyd. Vous semblez plus réservé sur l?influence et la créativité de Syd dans votre livre. Pourquoi ?
Non, je ne pense pas être réservé sur ce sujet. Nous lui devons énormément et on continue à faire vivre son souvenir, rien que par le fait que Pink Floyd existe encore.

Comment mesurez-vous l?importance de Pink Floyd sur le mouvement psychédélique ?
Je ne me rends pas bien compte de l?influence que Pink Floyd a pu avoir. J?imagine qu?elle était importante sur le plan musical mais la ?scène psyché? a finalement disparu en laissant la place à l?industrie musicale.

Vous dites dans votre livre que vous « viviez en dehors du monde psyché ». Ça semble difficile à croire?
Oui, et pourtant, c?est vrai.

? « et ne pas abuser de drogues à part Syd ». Difficile à croire aussi. Vous avez oublié des choses ou vous seriez plus sérieux qu?on ne le pense ?
Ni l?un ni l?autre. Je ne me droguais pas à cette époque mais je buvais pour compenser. Vous pouvez demander à Roger pour avoir un deuxième avis.

Faire la BO de More, n?était-ce pas quelque part aussi parler ouvertement de l?usage des drogues ?
Faudrait demander à Barbet Schroeder (le réalisateur de More)? faire la BO d?un film, c?est un boulot, pas un engagement politique. A moins de le faire gratuitement pour défendre une cause.

Vous avez toujours été le membre le plus discret du Floyd. Est-ce là le secret de votre longévité au sein du groupe ?
Vous voulez dire que je suis le moins caractériel du groupe ? J?ai toujours voulu rester dans ce groupe et je n?ai jamais joué avec un autre groupe.

Qu?auriez-vous fait de votre vie sans Pink Floyd ?
Architecte ou coureur automobile.

Comment avez-vous contribué à l?écriture de morceaux ?
J?ai participé à l?écriture de quelques chansons en ajoutant des morceaux comme sur Interstellar Overdrive, Careful with that axe Eugene etc.. Mais aussi sur les sections de ?Umma Gumma? ou sur l?ouverture de ?Dark Side of the Moon?.

Pourquoi n?avez vous pas plus composé ?
Disons que je ne suis pas un compositeur prolifique.

Et aujourd?hui, vous arrive t?il de rejouer des morceaux de Pink Floyd ?
Non, jamais.

Mis à part le concert avec Roger Waters en 2002, avez-vous joué avec un membre de Pink Floyd depuis la tournée ?Division Bell? ?
Une seule fois. C?était pour l?enterrement de Steve. (NDLR : Steve O?Rourke était le manager de Pink Floyd depuis 1968. Il est décédé en octobre 30 octobre 2003.)

Peter Jenner a dit que vous aviez ?une influence décisive sur la scène électronique jusqu?à aujourd?hui?. Vous y croyez ?
Non, pas vraiment. Ça ne m?intéresse pas de chercher à tirer profit de nos contributions à telle ou telle type de musique. Laissons ça aux fans et aux critiques.

Vous écoutez de l?électro ?
Non. En ce moment, j?écoute Michael McDonald, Bruce Hornsby qui rejoint Cream pour un concert le mois prochain.

Que pensez-vous des carrières solo de David Gilmour et de Roger Waters ?
C?est très bien?

Qu?est-ce qui s?oppose à une reformation de Pink Floyd aujourd?hui ?
Roger et David.

A propos des vidéos de Pink Floyd DVD, « Dark side of the moon » en SACD, êtes-vous satisfait de ces nouveaux supports pour la musique de Pink Floyd ?
James Guthrie remixe tout ça. Je pense que ça apporte une meilleure qualité à nos enregistrements. C?est bien pour les gens qui apprécient le bon son.

Pink Floyd revit à travers de nombreuses expos, hommages, tribute. Ça vous fait quoi ? Vous assistez parfois à ces spectacles ?
Non, jamais. Je préfère entendre une interprétation plutôt qu?une fidèle copie de chaque note ou chaque erreur?

Ce type de spectacles, n?est-ce pas ce pas un appel désespéré des fans du Floyd ?
Certainement.

Quels sont vos projets après la promo du livre ?
Un peu de repos.

Vous n?admettez pas que l?aventure Pink Floyd soit finie. Peut-on encore espérer une tournée ?
Non, désolé, pas pour le moment. David travaille sur un projet solo. Moi, je suis sur ce livre. On a l?intention de réaliser la version DVD de « Pulse » plus tard cette année.

Chroniqueur
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