"> Interview de Preston School of Industry - Indiepoprock

Interview de Preston School of Industry

Scott Kannberg, l?ex-guitariste de Pavement, n?a pas chômé depuis la dissolution de son ancien groupe. Il a monté un label et s?est entouré d?un groupe au line-up variable, totalement au service de ses compositions. Début avril, la formation a traversé l?Atlantique, en compagnie de la petite sensation des Shins, pour présenter son deuxième opus, le sympathique « Monsoon ». C?est ainsi que nous avons pu échanger quelques mots avec Scott, un homme qui a magnifiquement tenu la six cordes au sein d?un groupe culte, mais aussi un type qui a su rester cool et jovial.

Deux longues années ont séparé la dernière tournée et la sortie de ce nouvel album. Que s?est-il passé pendant tout ce temps ?

Je crois que la dernière fois que nous sommes venus en France, c?est quand nous avons joué en première partie de Wilco, au Divan du Monde. Ensuite nous sommes revenus aux Etats-Unis et nous avons tourné deux mois avec Wilco, dans des grandes salles. C?était super. Ensuite j?ai déménagé de San Francisco pour Seattle. J?ai acheté une maison là-bas et j?ai fait beaucoup de travaux, de bricolage. Cela m?a pris plusieurs mois. Ensuite ma femme et moi avons pu nous installer là-bas. J?avais enfin mon chez-moi et j?étais plein d?énergie. J?ai alors décidé d?enregistrer l’album à la maison avec quelques amis. Un ami de San Francisco est venu et a joué de la batterie, un instrument dont il ne joue pas habituellement. Chris, qui jouait de la pedal steel auparavant avec moi est venu jouer de la basse. Ils étaient tous les deux dans le groupe que j?avais quand nous avons tourné avec Wilco. Mais dans l?ensemble, c?est plutôt un nouveau groupe sur ce disque. Se sont ajoutés un batteur qui a joué avec les Posies et aussi un ami qui joue de la guitare acoustique. C?est donc plutôt un nouveau groupe mais il y a de vieux amis qui sont toujours là.

Et tu as même enregistré un titre avec Wilco et deux avec Scott McCaughey (multi-instrumentiste chez Young Fresh Fellows, Minus 5, REM) ?

Oui, Scott McCaughey, c?est un peu « Mister Seattle ». Quand je suis arrivé là-bas, je l?ai croisé plusieurs fois. Je lui ai demandé s?il voulait bien jouer sur notre disque, il a accepté et on s?est bien amusé. Quant à Wilco, ils jouaient une date à Seattle et ils sont passés au studio. On s?est dit « faisons un titre ensemble » et on l?a fait.

Je trouve que « Monsoon » est plus cohérent que le premier album, « All This Sounds Gas ». Toi aussi ?

C?est différent. Pour « All This Sounds Gas », j?avais plusieurs titres qui traînaient depuis un moment. Donc les chansons ont du être écrites sur une période d?environ cinq ans. Pour « Monsoon », cela n?a pris que six mois ou un an. C?est pourquoi il est plus cohérent. J?ai essayé de le concevoir de cette façon. Les chansons sont vraiment simples. Elles tiennent autour d?une seule idée, une seule mélodie.

L?année dernière, tu as joué quelques dates en solo aux Etats-Unis et en Australie. Peux-tu nous expliquer comment cela s?est passé ?

En fait, c?était différent. Aux Etats-Unis, il s?agissait simplement de sets acoustiques. J?ai joué plusieurs nouveaux titres sur lesquels nous étions en train de travailler. En plus, c?était tout frais car nous venions juste de terminer le mixage. En Australie, j?ai emmené mon laptop, sur lequel étaient programmés les morceaux. J?ai ajouté la guitare acoustique et le chant par-dessus. J?ai joué des chansons de Preston School et puis quelques reprises. Je faisais la première partie d?un groupe australien du nom de Gersey. A la fin de la tournée, je les ai rejoints sur scène pour interpréter quelques titres de Preston School et de Pavement. J?y ai pris beaucoup de plaisir.

Ce soir, Preston School va ouvrir pour les Shins, qui sont mentionnés dans la pochette du dernier album. Je suppose qu?ils sont donc de bons amis à vous ?

Oui, évidemment ! Pour le dernier album, nous avons tourné ensemble au Canada et aux Etats-Unis. Ils faisaient notre première partie. Je crois que c?était leur première véritable tournée. Et aujourd?hui, c?est nous qui jouons avant eux ! Ce sont des gens vraiment sympas, je respecte ce qu?ils font. J?avais entendu leur musique avant qu?ils s?appellent The Shins et j?aime beaucoup leur dernier disque également.

Peut-être enregistreras-tu quelque chose avec eux, un jour ?

Oui, ça serait cool ! Ca serait vraiment génial !

Tu as fondé un label, Amazing Grease. Où en est-il ?

C?est un tout petit label, mais il tient debout. Nous n?avons pas vraiment de distribution, donc c?est dur. Mais j?aime beaucoup les groupes qui sont signés sur ce label. Il y a Film School, par exemple. Ils seront énormes un jour !

Je suppose que l?on doit souvent te poser cette question, mais as-tu des nouvelles des autres anciens membres de Pavement ?

Oui, bien sûr. Comme tu le sais, Stephen Malkmus fait toujours de la musique. Bob Nastanovich s?occupe de ses chevaux. Mark Ibold travaille à New-York dans un bar. Steve West vit avec sa femme et ses deux enfants et joue toujours de la musique. Gary Young, le premier batteur de Pavement, vit toujours à Stockton et est toujours aussi fou ! Nous allons travailler sur la réédition de « Crooked Rain, Crooked Rain », en ajoutant des bonus. On aurait aimé que ce soit prêt pour Noël, mais ça sortira certainement l?année prochaine.

En 2002, c?est le premier album de Pavement, « Slanted and Enchanted » qui avait été réédité. Un DVD était également sorti. Avais-tu pris part à ces projets ?

Oh oui, je m?y étais beaucoup impliqué ! Je garde tout, je sais où tout se trouve. Je suis celui qui a tous les enregistrements de concerts ! Pour le DVD, j?ai beaucoup participé au lancement du projet, mais ensuite le label a fait l?essentiel.

Quelques années plus tard, quelle est ton opinion globale à propos de Pavement ? Regrettes-tu quoi que ce soit ?

Non. La seule chose que je regrette, c?est la façon dont cela s?est terminé. C?était bizarre, même si cela a été une bonne chose d?arrêter Pavement. Cela se produit de cette façon pour beaucoup de groupes, mais j?aurais préféré que cela prenne fin sur une note plus positive. Mais j?ai adoré faire partie de Pavement ! Cela a été mon groupe quand j?ai débuté, nous avons sorti de bons disques, joué de bons concerts et avons bien pris notre pied. Je ne serais pas à ma place aujourd?hui sans Pavement. Je ne jouerais probablement pas de musique aujourd?hui si Pavement n?avait pas existé.

T?arrive-t-il parfois de jouer avec les autres anciens Pavement ?

Non. Chacun habite dans une ville différente, donc c?est irréalisable. Mais peut-être un jour?

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