Interview de TV On The Radio
Après avoir fait mouche l’an dernier avec un étonnant « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes », TV on the Radio est actuellement en pleine finalisation de son deuxième album, qui sortira dans quelques mois. David Andrew Sitek, membre fondateur du groupe a gentiment accepté de répondre à quelques unes de nos questions par mail.
Il y a un an, paraissait votre premier album, acclamé par la presse, « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes », qu’avez-vous fait depuis ?
Depuis « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes », j’ai construit un studio d’enregistrement (Staygold) et produit quelques disques : Dragons of Zynth (non signé et absolument incroyable), Celebration (totalement incroyable sur 4AD), Ocs (sur Narnack), Massive Attack (je travaille encore là-dessus), TV on the Radio, Stephonik (un chanteur/musicien super imaginatif de Brooklin, non signé), Appollo Heigths et un chanson sur le nouveau LP de YYY, j’ai acheté un appareil-photo et joué avec le chien de quelqu’un d’autre…
En ce moment vous travaillez sur votre deuxième album, pourquoi avoir choisi de l’enregistrer si vite ?
Si vite ? Ça a pris 3 mois pour l’enregistrer et « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes » est sorti l’été 2003.
Pour vous avoir vus en concert l’année dernière à Barcelone, vos concerts ont l’air d’être beaucoup plus rock que votre musique studio, le deuxième album sera-t-il plus rock ?
Le nouvel album contiendra 22% de rock. Mais il ne sonne pas comme ce concert. Nous étions épuisés et c’était la fin d’une tournée de 14 mois. On s’est éclaté à ce concert et on avait l’impression d’être Bad Brains. En fait, c’est un de nos concerts préférés de tous ceux qu’on ait fait… devant toi et à peu près 40 personnes.
Vous n’êtes pas une formation très commune puisque tu es en quelque sorte le leader mais tu laisses les voix principales à d’autres membres du groupe. Pourquoi ?
Je ne me considère pas comme le « leader » de TV on the Radio. Je pense que la plupart des gens croient que le chanteur est le leader d’un groupe mais nous sommes une démocratie. Je dirige quand nous sommes en studio tout simplement parce que c’est mon instrument, mais pour l’écriture et sur scène, nous apportons tous autant.
Très peu de groupes réussissent à mêler à la fois des influences de « white » et « black music ». En fait, depuis Massive Attack, on n’a jamais entendu un groupe qui y parvenait. Est-ce l’un de vos objectifs ?
J’hésiterais à utiliser ces termes pour la simple raison que par « white music » je pense que tu entends la musique rock qui est en fait dérivée du rythm and blues inventé par des black et plus tard exploitée et transformée par des blancs. Et si par « black music », tu veux dire hip-hop je pense que ça a pris une direction similaire. Maintenant, si on regarde ce que je considère comme étant de la « white music » (mais encore une fois, je ne divise pas la musique de cette façon), je songe au bluegrass et au classique, qu’à mon avis on intègre pas dans notre musique. Ma réponse n’est pas trop confuse ?
Vous avez enregistré quelques reprises comme Mr Grieves des Pixies et une autre sur l’album hommage à Daniel Johnston. Y en aura-t’il une sur le nouveau disque ?
Non.
Quels sont tes disques préférés ?
– Pharoah Sanders : « Karma »
– Celebration : « Celebration »
– David Bowie : « Hunky Dory »
– Can : « Delay 1969 »
– Joe Henderson : « Elements »
– Mos Def / Talib Kweli : « Black Star »
– Bad Brains : « Rock for light »
– My Bloody Valentine : « Loveless »
– Blondie : « Parallel Lines »
– Henryk Gorecki : « 3rd Symphony »
– Arvo Part : « Kanon Pokajanen »
– Roscoe Holcomb : « The High Lonesome Sound »
– Brian Eno : « Another Green World »
– Public Image Limited : « Flowers of Romance »
Votre label 4AD est célèbre pour ses pochettes d’albums (comme celles des Pixies par exemple) mais celle de « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes » n’est pas si réussie. Accordez-vous une grande importance à l’artwork de TV on The Radio?
Oui, j’y accorde une grande importance. Je ne sais pas trop quoi te dire à propos de l’artwork de « Desperate Youth, Blood Thirsty Babes » parce qu’il allait parfaitement avec notre vision de notre musique. Peut-être que tu peux faire ta propre pochette et la coller sur la notre. On ne t’en voudra pas.
Le philosophe français Gilles Deleuze dit que ce qui pousse quelqu’un à créer, c’est « la honte d’être un homme ». Qu’est-ce que tu en penses ?
Ahhh…Deleuze. Je me demande comment il devait être enfant. Je pense qu’il y a plus à citer de lui que ça mais je crois qu’il y a vraiment une résistance au mystère dans cette phrase. Certains créent pour célébrer notre grand vide et d’autres créent pour le transcender et d’autres parce qu’ils s’ennuient. Je pense que tout cela dépend de la façon dont tu as été introduit au monde étant enfant et du moment (s’il y en a un) où tu laisses tomber ton sens de l’émerveillement.
Un des membres du groupe essaie d’avoir la plus longue barbe du monde ou quoi ? [Ndlr : voir photo]
Non… Il est juste paresseux (hahahaha). Quand il s’est rasé pour la dernière fois, il était affreux…
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