"> Interview d'Antoine Meersseman - Paradoxant - Indiepoprock

Interview de Paradoxant

Interview d'Antoine Meersseman - Paradoxant

Période de confinement obligée, nous avons posé quelques questions par email à Antoine Meersseman (BRNS) qui vient de lancer son side-project Paradoxant.

Nous l’avons découvert il y a peu, Antoine Meersseman est un boulimique de la composition musicale avec son échappée de BRNS qui s’intitule Paradoxant. Et il faut bien l’avouer, on se réjouit de découvrir l’album que le Belge est occupé à nous concocter… Même s’il nous faudra encore patienter.
 Paradoxant, est-ce un side-project ou plus que cela ?  D’où t’es venue l’envie de t’échapper en solitaire ?
Pendant l’année 2019, BRNS était un peu à l’arrêt, on tournait avec Namdose, bref, tout était sur des rails. Diego et Tim (de BRNS) étaient fort occupés à d’autres choses, pour ma part je continuais à composer sans trop savoir pour quoi/pour qui. Peu à peu une sorte d’esthétique s’est dégagée, j’ai commencé aussi à explorer ce que j’étais ‘capable’ de produire vocalement, souvent avec plein de pitchs (entre autres effets) sur ma voix. Je commençais à être un peu coincé, ne sachant que faire de ces chansons et peinant à transformer totalement l’essai avant de pouvoir les enregistrer. C’est à ce moment que j’ai commencé à bosser avec Antoine (Monolithe Noir) qui a été une aide très précieuse. On s’est vu quelques jours en décembre pour rajouter des sons, modifier des structures… Et en janvier on enregistrait ! Tout s’est accéléré assez vite… Je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser la question de la place de ce projet par rapport à BRNS, mais il est clair que j’ai une liberté presque totale dans Paradoxant, et que c’est très rafraîchissant ! Je sors ce que je veux quand j’en ai envie… Et si ça n’a pas un impact énorme, ce n’est pas grave, je vois ça comme un pur projet ‘à compte d’auteur’ avec juste l’ambition de se faire plaisir.
 Que représente Dead Beat, premier titre officiellement publié ?
Dead Beat est certainement le titre le plus pop du disque, je trouvais que c’était un bon morceau introductif, avec sa longue intro et son format finalement très court et efficace. Il parle de gens qui n’arrivent pas trop à accorder leurs violons, mais c’est assez cryptique ! Je ne suis ni chanteur, ni parolier (ni musicien, tiens !). Ce que je peux dire, c’est que mes autres compos sont nettement plus dark que celle-là… Pour m’écouter, il va falloir enfiler ses bottes noires de Satan, et oui !
 Tu as évoqué sur ta page Facebook, un disque à venir… Tu peux nous en dire plus ?
Pour la sortie, je ne sais pas encore en dire plus pour l’instant. La période est très floue pour tout le monde. Je continuerai à sortir des choses avant la rentrée et j’espère bien pouvoir lâcher le morceau à l’automne. Au moment de la (supposée) reprise des (petits) concerts !
Le disque est en tout cas fini. Mes deux acolytes à la scène comme au studio sont Antoine Pasqualini (qui a ajouté pas mal de synthés et composé les batteries) et Romain Benard (qui a joué en studio les batteries qu’Antoine avait composées, attention attention faut s’accrocher). C’est Clément Marion (qui a participé à un tas de projets…) qui a mixé le disque, une collaboration des plus agréables !
 C’est sur scène que tes morceaux vont prendre de l’ampleur, envisages-tu une tournée ?
Je ne te cache pas que j’ai vraiment hâte de jouer ces morceaux en live au plus vite, ce bon vieux Covid-19 est venu perturber notre imparable planning ! On devait enchaîner une série de dates à l’arrache en juin, on se réjouissait. Jouer ces morceaux à 3 est un sacré challenge (assez excitant d’ailleurs), on a pas mal galéré pour réarranger des choses, trouver des solutions pour que ça sonne bien compact sans devoir enrôler une quatrième personne. Mais je crois qu’on y est arrivé ! Et que le set sera assez frontal, peut-être même un peu trop ! Maintenant, on attend que les petits lieux puissent rouvrir leurs portes, à partir de ce moment-là on harcèlera tous les programmateurs.
 Que penses-tu de l’effervescence de la scène musicale belge depuis plusieurs années , le ressens-tu dans ton quotidien musical ? Est-ce motivant ?
Je n’en pense pas grand-chose, il n’y a pas plus d’artistes ici qu’ailleurs, c’est une image d’Épinal. Il y a de bons petits groupes partout, la France en regorge aussi. Ce que je peux te dire, c’est que les projets les plus intéressants sont sous-médiatisés, que ce soit intra-muros ou à l’international. Il n’y en a que pour les têtes de gondole. La situation médiatique est de plus en plus pauvre, de plus en plus triste, il n’y aucune alternative grand public digne de ce nom qui émerge pour l’instant. À l’image de nos sociétés, le monde culturel belge se polarise entre des énormes machines à fric et des niches qui luttent de plus en plus pour leur survie. Heureusement qu’elles sont là, ces niches, qu’on peut encore aller siroter une bonne bière pas chère devant un concert improbable. Mais avec ce Covid, je dois t’avouer que l’avenir m’inquiète.
Aussi, Antoine s’est prêté au jeu de la playlist et voici celle qu’il propose à nos lecteurs :
Liars – Flow My Tears the Spider Said
The Garden feat. Ariel Pink – Lowrider Slug
Claude Larson – Savannah
Carla Dal Forno – So Much Better
Black Marble – An Eye Open
Mylène Farmer – Vieux Bouc
Morphine – The Saddest Song
Kissing The Pink – The Last Film
Stella Chiweshe – Nehondo
Yves Simon – Les bateaux du métro
Rédacteur en chef
  • Date de l'interview 354 vues 2020-04-27
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