"> La Route du Rock - Indiepoprock

La Route du Rock

La Route Du Rock ne se résume plus aux groupes programmés dans l’enceinte du Fort de Saint-Père mais se délocalise à la plage pendant les trois après-midi du festival. Agréable pour cuver tranquillement à l’écoute des mixes puis des concerts gratuits, organisés aux pieds des remparts malouins. Cerise sur le gâteau samedi, le soleil pointe le bout de son nez. On aperçoit d’ailleurs la belle Héléna Noguerra en train de se baigner juste avant de monter sur scène, où elle est accompagnée de son acolyte Federico Pellegrini (ancien guitariste des Little Rabbits). Leur projet Dillinger Girl and Baby « Face » Nelson (photo n° 1), un folk dépouillé d’inspiration américaine, déjà sans grand intérêt sur disque, s’avère carrément soporifique en live. L’expression de « Siestes Musicales » (anciennement) utilisée pour désigner les concerts à la plage est loin d’être usurpée ce samedi.

Après l’apéro post-punk servi au Fort par les Canadiens You say Party ! We say Die !, le début de soirée s’annonce plutôt sous le signe des sixties. The Pipettes (photos n° 2 et 3), trois jeunes Anglaises bien dans le vent, sont visiblement attendues, si l’on en croît la foule compacte qui se presse devant la grande scène. Il faut dire que ce groupe vaut autant pour son aspect esthétique (les robes à pois de ces chanteuses sont d’une facture vraiment fascinante) que pour le mélange musical qu’il opère, mix réjouissant de pop 60’s vitaminée, ramené au goût du jour. Gros climax dès le deuxième titre, avec le tube Your kisses are wasted on me. Groove imparable, mélodie parfaite agrémentée de chœurs qui, eux par contre, le sont beaucoup moins… Mais qu’importe, devant tant d’entrain et de bonne humeur, le sage chroniqueur ne tarde pas d’ailleurs à suivre la « choré » imposée par Becky, Gwenno et Rose… . Et comme le ridicule n’implique pas la perte de tout sens critique, il se dit aussi qu’à la longue, le set se révèle un peu linéaire et assez monotone. Mais la recette est là, bien appliquée et maîtrisée, non sans un certain second degré d’ailleurs, ce qui ne gâche rien.

Attendus au tournant par une partie des festivaliers restés scotchés sur les bluettes pop/folk de ses débuts, la troupe de Belle and Sebastian (photo n° 4) parvient à faire taire les mauvaises langues. En live, Sukie In The Graveyard, White Collar Boy et autres récentes frasques groovy prennent toute leur dimension. Fêtant leur premier show au Fort de Saint-Père, les Ecossais rattrapent le temps perdu et offrent également quelques classiques aux nombreux fans présents. Antiquités et nouveautés, mélancolie et euphorie, la formule fait mouche. Sans compter la complicité de Stuart Murdoch et Stevie Jackson, les deux leaders du groupe, qui miment – avec l’aide d’une talentueuse spectatrice – le triangle amoureux du titre Jonathan David. Frais et décontracté !

Le concert de Cat Power (photos n° 5 et 6) était, lui, attendu avec une certaine appréhension, Chan Marshall étant réputée pour son comportement erratique sur scène. Le début du set ne rassure personne : le Memphis Rhythm Band est là, les musiciens se passent les solos les uns après les autres sur des morceaux très country-blues, l’ensemble est parfaitement rodé… mais de Cat Power, point ! Enfin, après deux instrumentaux, Chan Marshall arrive sur scène, visiblement un peu stressée mais souriante. Elle interprète plusieurs morceaux de son dernier album, imposant sa voix magnifique de justesse et d’expressivité sur un accompagnement très carré à défaut d’être réellement inspiré. Après quelques chansons, le groupe quitte la scène, laissant Chan interpréter seule deux de ses inimitables reprises-divagations, puis quelques anciennes compositions. Pendant quelques minutes, peut-être les plus fortes du festival, le fort retient son souffle, tous les spectateurs semblent subjugués par la fragilité à fleur de peau de l’américaine. Après ces moments de grâce absolue, le Memphis Rhythme Band réinvestit la scène pour un final très bluesy, à l’américaine. Le public applaudit à tout rompre, Chan Marshall semble vraiment heureuse, elle cherche des yeux sa guitare, visiblement prête à offrir quelques dernières chansons, demande en coulisse où est l’instrument, mais on lui fait signe que c’est fini : avec une bonne demi-heure de retard, le concert s’achève.

Pendant que le public réprime ses derniers frissons, les roadies s’affairent sur scène pour préparer au plus vite l’arrivée de TV on the Radio (photo n° 7). David Sitek et ses acolytes livrent une prestation sans concession, énergique voire violente. Les guitares de Sitek et Kyp Malone forment un véritable mur du son contre lequel Tunde Adebimpe, remarquable d’intensité et d’énergie, semble se débattre. Intransigeant, secouant : encore une fois, un concert superbe.

Après ces deux sommets, la tâche s’annonce difficile pour Radio 4 (photo n° 8), qui s’en sort pourtant plus qu’honnêtement. Les morceaux clashiens en diable des Américains font mouche. C’est énergique, mélodique, dansant… Le tube Dance To The Underground fait bien sûr un peu d’ombre au reste du répertoire, trop uniforme pour totalement convaincre, mais c’est tout de même sur un bon moment que les festivaliers comblés et fourbus rejoignent leurs duvets avant le dernier jour de cette édition 2006…

Crédit photos : Hervé Le Gall (www.cinquiemenuit.com)

La Route du Rock 2006 : Live-Report du vendredi 11 août (1/3)
La Route du Rock 2006 : Live-Report du dimanche 13 août (3/3)

Par Jean-Baptiste, Thomas, Tristan et …
Chroniqueur
  • Publication 127 vues12 août 2006
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