"> Les Femmes S'en Mêlent - Indiepoprock

Les Femmes S’en Mêlent

Le temps est meilleur que la veille, mais toujours aussi peu de monde devant la salle, à l’approche de l’heure d’ouverture. Finalement, à 19h, la file d’attente s’allonge devant le Café de la Danse jusqu’à la rue de Lappe. Lorsque le premier groupe commence, la salle est loin d’être pleine.

Ill Ease est le projet d’une chanteuse, batteuse, guitariste, Elizabeth Sharp. Elle est accompagnée d’un guitariste qui s’essaie parfois à la batterie. Certaines boucles ont été pré-enregistrées, le tout est au final assez peu entousiasmant. Les morceaux rappellent l’esprit de Sonic Youth, mais le set reste morne et le chant ne relève pas le tout. L’album reste assez agréable à écouter chez soi.

Régina Spektor, habillée d’un jupon en tulle blanc et d’un simple t-shirt noir, porte des pinces à linge sur ses manches… cette fille a un grain, elle est décalée et c’est tout à fait charmant. Seule en scène au piano, dès son premier morceau, on est happé dans son univers fait d’histoires au quotidien, de peurs récurentes de la solitude et d’amour. Lorsqu’elle chante, elle irradie comme un soleil et nous transmet sa chaleur et ses émotions empreintes de mélancolie. Elle reste cependant génée par les applaudissements nourris du public. Le Café de la Danse se réchauffe et des frissons de bonheur parcourrent les rangs. C’est avec joie qu’elle nous revient une dernière fois pour un ultime « Après moi »… en anglais, français et russe.

Que peut bien nous offrir Nina Nastasia après un tel rayonnement ? Ses chansons intimistes ont une couleur plus triste. Ses histoires d’amour finissent mal. Accompagnée d’un violoncelliste japonais et d’un accordéoniste, elle joue des arpèges à la guitare sèche. Extrèmement intimidée par la qualité du concert et l’accueil réservé à Régina, semble-t-il, Nina peine à se mettre en place sur les premiers morceaux et sa voix est peu assurée. Puis c’est la libération et sa voix cristalline prend de l’ampleur. L’accompagnement des deux musiciens est à la fois discret et étrange… Comme la structure des morceaux. Cette folk atypique nous séduit. John Peel l’aimait beaucoup et l’avait invitée à plusieurs reprises pour des session acoustiques à la BBC. En bref, cette soirée aura été marquée par des voix et des personnalités tout aussi originales que touchantes.

Chroniqueur
  • Publication 173 vues27 avril 2005
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