"> Air @ Casino de Paris - Live Report - Indiepoprock

Air @ Casino de Paris


Notre précédent rendez-vous avec Air s’était soldé par un échec flagrant (concert en plein air à Versailles annulé pour cause de pluie)… C’est donc avec un certain enthousiasme que l’on se rend au Casino de Paris, investi ce soir par le duo… 1973 pratique sur disque une musique aux instruments variés (orgue, banjo…). Ce sont […]

Notre précédent rendez-vous avec Air s’était soldé par un échec flagrant (concert en plein air à Versailles annulé pour cause de pluie)… C’est donc avec un certain enthousiasme que l’on se rend au Casino de Paris, investi ce soir par le duo…

1973 pratique sur disque une musique aux instruments variés (orgue, banjo…). Ce sont pourtant trois guitares acoustiques qui nous accueillent et la formule est efficace. 1973 propose un cocktail de pop et de folk extrêmement classique, mais frais et savoureux. Si les séances d’accordages entre chaque morceau font un peu retomber le soufflé, leur talent et leur simplicité emportent l’adhésion du public. Applaudissement nourris et mérités pour cette première partie réussie !

Quelques minutes plus tard, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, tous deux bien sages en pantalon et chemise, font leur entrée sur scène, accompagnés d’un batteur. La ligne de basse saturée et les synthés planants de Do The Joy ouvrent le set et très vite, la trame du concert est posée : un son très travaillé, qui retraduit excellemment les ambiances cotonneuses tissées par le groupe mais qui semble manquer de dynamique, des musiciens statiques, inexpressifs et quasiment muets…

Godin et Dunckel sont avares de mouvement, c’est le moins que l’on puisse dire ; c’est d’ailleurs en observant les lents pas d’Air que l’on se prend à penser que ces deux-là essaient de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Alors que les morceaux défilent, occasionnellement séparés par un « merci beaucoup » passé au vocoder, la routine s’installe et l’on se prend même à laisser divaguer nos pensées ; notre regard se porte alors vers les hauteurs et le plafond du Casino de Paris – alors qu’il y a Air au sol. Quelques morceaux plus intenses maintiennent l’attention (Kelly Watch The Stars, Venus ou Radiant, toujours splendides, bien qu’interprétés ce soir dans une version bien trop brève) mais dans l’ensemble, hélas, les musiciens ne semblent pas vraiment là.

Frigide, Air ? La question mérite en tout cas d’être posée. Le concert de ce soir n’a pas été un mauvais moment – musicalement, Air peut quand même piocher dans un répertoire très haut de gamme même si l’on regrette que « Virgin Suicides » n’ait été qu’effleuré. Mais voir des musiciens aussi renommés exécuter leurs morceaux à la chaîne sans passion, comme des ouvriers serrant les boulons d’un Ford T dans une usine américaine a quelque chose de déprimant – après le Taylorisme, le T-Air-olisme ?

Chroniqueur
  • Publication 205 vues11 janvier 2010
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