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La notoriété de Beach House a grimpé en flèche entre leur deuxième et troisième album : la preuve en est avec une Flèche d’Or raisonnablement remplie en juin 2008 – après la sortie de « Devotion« , et une Maroquinerie pleine à craquer en février 2010, célébrant la sortie de « Teen Dream« .
Bluffant sur ses disques, le duo franco-américain peut légitimement susciter quelques craintes concernant la transposition scénique de leur univers musical : allait-on voir un set un peu trop linéaire donc à la limite du soporifique ? La voix de Victoria Legrand allait-elle tenir la route ? Parfois, plus on apprécie un groupe, plus on a peur d’être un peu déçus par leur prestation live. Le cas de Beach House n’échappe pas à cette problématique, tant ce duo réussit à exalter un imaginaire fort, propre à chacun.
Superbe impression d’entrée de jeu : les premières notes et les premières paroles de Walk In The Park résonnent, magnifiquement, parmi un public resserré, au milieu d’un décor scénique constitué de fourrures et plumes polychromes. Le son est agréablement réglé, la voix rauque de Victoria habite et hypnotise peu à peu la Maroquinerie. L’album « Teen Dream » est joue dans son (quasi) intégralité, avec les trois meilleurs morceaux de « Devotion » et « Beach House » en filigrane : les fameux Gila, Master Of None et Hearts Of Chambers.
Le public se manifeste un peu plus énergiquement sur Norway, mais sinon la présence charismatique et envoûtante de Victoria cristallise l’attention de l’ensemble de la salle tout au long du concert. Sans temps mort, sans moment réellement ennuyant, force est de constater que l’ensemble est captivant, à un bémol près.
Cette jolie pop mélancolique et gracile est délivrée ici dans un écrin conforme à celui des versions studio. Le live est précisément fidèle aux disques et n’offre malheureusement pas de surprises, pas de versions extended, pas de ré-interprétations. Dommage. Le concert aurait alors pu prendre une ampleur certaine, une épaisseur supplémentaire.
Certes, il s’agit là de chercher à se faire l’avocat du diable et s’interroger sur quelle pourrait être la « marge de progression » live d’un groupe qui remporte d’ores et déjà la première place de la maîtrise d’une pop claire-obscure, délicieusement envoûtante et irrémédiablement addictive.
Crédit photos : Robert Gil