"> Beth Gibbons @Salle Pleyel, Paris, 27/05/24 - Live Report - Indiepoprock

Beth Gibbons @Salle Pleyel, Paris, 27/05/24


Dix jours après la publication de son premier véritable album solo, Beth Gibbons était sur scène à Paris.

Cette date annoncée depuis plusieurs mois était évidemment de celles qui exigeaient d’être dans les starting-blocks à l’ouverture de la mise en vente pour avoir une chance d’y assister. Il faut dire que les occasions de voir et entendre Beth Gibbons sont rares et ne se produisent pas tous les ans. Son dernier passage à Paris remontait en effet à 2014 quand Portishead s’étaient produits à Rock en Seine.

En ouverture, c’est Billy Ryder Jones, ex-guitariste de The Coral lancé depuis quelques années dans une carrière solo qui s’y colle, flanqué d’une violoncelliste. Difficile d’émettre un avis sur sa performance puisqu’il aura avant tout interprété des morceaux intimistes à base d’accords minimalistes, assez semblables les uns aux autres, aura eu du mal à s’accorder, s’en excusera ainsi que de ne pas être au point et avouera que cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas produit dans une salle aussi grande et que l’événement le dépassait un peu.

Lorsque Beth Gibbons entre en scène, on est d’abord suspris de voir débarquer une imposante formation puisque ce ne sont pas moins de sept musiciens qui l’entourent. On comprend alors que l’ambition est de rendre au plus près le climat de « Lives Outgrown », son album paru il y a une dizaine de jours, délicat et très sophistiqué. Guitare, violons, xylophone, flûtes et diverses percussions sont donc de sortie et dès les premiers accords de Tell Me Who You Are Today, on apprécie d’être dans une salle à l’acoustique remarquable qui rende honneur aux instruments déployés. De fait, comme à son habitude, Beth Gibbons est accrochée à son micro, sa voix est évidemment d’une justesse irréprochable mais c’est bien le climat sonore dans son ensemble qui impressionne. Une impression qui se poursuit sur Burden Of Life et son incoyable jeu de percussions.

Mais Beth Gibbons ne va pas tarder à rappeler, s’il en était besoin, que sa voix, inégalable mélange de fragilité et de puissance, peut constituer un climat sonore toute seule. Un murmure d’appréciation parcourt le public lorsque retentissent les premiers accords de Mysteries, titre présent sur « Out Of Season », son album sorti en 2002 en collaboration avec Rustin Man, et les frissons ne vont pas tarder à apparaître. La voix de Beth Gibbons, tout juste soutenue par une guitare acoustique, fait évidemment des merveilles, on ose à peine respirer de peur de troubler le timbre qui parcourt la salle.

On revient ensuite au nouvel album avec toujours la même justesse, le magnifique Lost Changes se déployant avec grâce. Moins d’une heure après son entrée en scène, les lumières se rallument, Beth Gibbons, muette jusque-là entre les morceaux balbutie quelques remerciements en français, visiblement touchée par l’accueil du public. Si on en était resté là, un goût de trop peu aurait évidemment prévalu mais il restait encore un trésor en réserve. Quand Beth Gibbons et ses musiciens reviennent, ce sont cette fois les premiers accords de Roads, de Portishead, qui retentissent pour le plus grand plaisir de tous. Et, bien sûr, une fois encore, l’émotion va tout emporter. Dans la foulée, Beth Gibbons enchaîne avec une version échevelée de Reaching Out qui concluera en beauté la performance. Quelques remerciements supplémentaires plus tard, Beth Gibbons est partie, et on ne sait quand on aura la chance de la revoir de nouveau. Mais il nous restera ce moment.

 

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  • Publication 799 vues29 mai 2024
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Beth Gibbons @Salle Pleyel, Paris, 27/05/24