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« Specter At The Feast« . Les vrais savent. Bientôt disponible, c’est le nom du successeur de « Beat The Devil’s Tattoo », dernier disque en date du trio américain Black Rebel Motorcycle Club. L’occasion de remonter sur scène pour une grande leçon de rock’n’roll.
Ce soir, il fallait bien se dépêcher pour ne pas manquer le début du concert. Nous ne saurons pas si première partie il y a eu et, si oui, laquelle, parce qu’à peine débarqués c’est Beat The Devil’s Tattoo qui régale. Inutile de passer les premières vitesses, nous fonçons déjà à toute berzingue sur la route du rock. Wild One que nous sommes. Un Whatever Happened To My Rock’n’Roll débridé le confirme, vroum, nos esgourdes vont vriller.
Ain’t No Easy Way ravive sec la flamme d’un rock aux sonorités roots, presque americana, avec ce riff fameux, rugueux comme il faut, ce rythme agrippant et le son caractéristique, réchauffant, des feux de camp nocturnes allumés au milieu des grands espaces américain : celui de l’harmonica de Peter Hayes, conteur de tous les conteurs. Berlin, titre nerveux, envoie les traditions valser et administre une nouvelle dose de sueur au public pour parfaire cette atmosphère moite et dense. La fosse est déchaînée, et les balcons sens dessus dessous ; la salle toute entière exulte. Love Burns et Spread Your Love signent tous deux un retour en arrière bienvenu, au temps de leur superbe album « B.R.M.C. » qui a lancé sans concession la machine Black Rebel Motorcycle Club. Nous avons quinze ans.
Attention cependant, tout n’est pas qu’abrasion et tornade de décibels, en atteste le titre Howl, tiré de l’album du même nom, joué en acoustique par un Robert Levon Been seul. Intimité. Weight Of The World lui aussi, vient bercer une assistance comblée. Il faut dire qu’après deux heures passées sur scène, Black Rebel Motorcycle Club aura vraiment été à la hauteur de nos espérances, maîtrisant le concert d’un riff habile et ténébreux. Le show se clôt, ils se confondent en remerciements. Mais merci à vous, guys. Il y aura eu du sang, des larmes et de la sueur, déclarait Winston Churchill à la sortie, fan de la première heure bien connu.