"> Blonde Redhead Meets Gainsbourg :: Paris [Cité de la Musique] :: 31 octobre 2008 - Live Report - Indiepoprock

Blonde Redhead Meets Gainsbourg :: Paris [Cité de la Musique] :: 31 octobre 2008


"Aujourd’hui, Blonde Redhead rend hommage à sa manière à l’artiste français à travers un projet spécial" : à la lecture du programme communiqué par la Cité de la Musique, le monde entier a réservé sa place. Pas étonnant que le concert affiche complet depuis de nombreuses semaines, le plus gainsbourgeois des groupes New-Yorkais nous propose […]

"Aujourd’hui, Blonde Redhead rend hommage à sa manière à l’artiste français à travers un projet spécial" : à la lecture du programme communiqué par la Cité de la Musique, le monde entier a réservé sa place. Pas étonnant que le concert affiche complet depuis de nombreuses semaines, le plus gainsbourgeois des groupes New-Yorkais nous propose un projet particulier, original, singulier, e-x-t-r-a-ordinaire et tout cela sous l’icône facétieuse de notre maître à tous : le génial et regretté Serge Gainsbourg.

On visite l’expo deux-trois fois, on mange du chou avec délice et on se projette bizarrement : Et si Amedeo entonne La Javanaise, le public chantera-t-il ? Et si miss Kazu se métamorphosait en géniale Anna-Roller-Girl avec son déhanché si particulier, ferait-elle toujours du sur-place ? Est-ce que Simone va échanger sa vareuse avec le tee-shirt de l’effrontée Charlotte ? On nous promet cordes et piano en prime ; la très belle et confortable salle de la Cité de la Musique se remplit, la pochette de "Melody Is A Butterfly" trône : "Allons enfants de la patrie !", c’est parti pour de l’énigmatique et du fascinant, ce soir c’est love on the beat, on oublie tous les fades et précédents concerts puisque ce soir les Blonde Redhead samplent Serge Gainsbourg.

Le concert débute par Elephant Woman, puis Messenger, Melody, Doll Is Mine , Misery Is A Butterfly (il s’agit des cinq premiers morceaux, joués dans l’ordre, de l’album "Misery Is A Butterfly"). Le public est mitigé, c’est un jour comme un autre, nous retrouvons là toutes les facettes d’un concert de Blonde Redhead : il y a bien des cordes mais on ne les entend pas. La grosse caisse, les boîtes à rythme et samplers de Simone, dans un effrayant écho, ont étouffé les soupirs des violons et nos sanglots longs.

Premier "rappel" : en fait, c’est un concert en deux parties : on a accepté l’héritage et maintenant place à l’hommage… Donc on salive mais on s’étonne tout de même que les archets ne soient pas revenus puisque "ça toujours été un rêve, pour nous, d’interpréter nos chansons avec un orchestre à cordes" dixit Kazu. Le groupe enchaîne Falling Man, Anticipation, Pink Love, Magic Mountain. Fin du concert, quelques rappels : SW et 23, tous deux issus du dernier album ("23")… Au final, de plus en plus de Blonde Redhead, de moins en moins de Serge Gainsbourg. C’est en trop : on décide de partir, forcément déçus, avec la nette sensation de s’être fait arnaquer sur la nature même du concert.

Dans la fosse, un type pas très grand ose fumer des Gitanes. Il en écrase une première avec sa Repetto blanche et, en allumant une seconde, se met dos à la scène. En soupirant sa première volute de fumée, il lâche le mot : "Minable". Nombreux sont ceux qui lui emboîtent le pas en sifflotant la Marseillaise, n’espérant même plus un quelconque Slogan citronique de la part du trio… Un hommage sans manière à Serge à travers un concert anedoctique. Blonde Redhead n’a pas osé aborder l’œuvre de Gainsbourg parce qu’elle est colossale et que la sienne est devenue relativement terne. Nous n’avons pas vu du Gainsbourg mais un meurtre à l’extincteur de l’âme punk d’un groupe, un concert comme un autre, (la) Makino est bel et bien devenue fade, elle est comme sous la neige.

Par Polo et

Chroniqueur
  • Publication 453 vues3 novembre 2008
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