"> Castanets, Charge Group et Lazarus au D:cliq - Live Report - Indiepoprock

Castanets, Charge Group et Lazarus au D:cliq


Castanets ont beau être la tête d’affiche, ce sont les Australiens de Charge Group qui leur volent la vedette, avec une prestation flamboyante. Mais Raymond Raposa ne faiblit pas, secondé par Lazarus, qui assure une première partie mémorable. Le tout dans un lieu de rendez-vous incontournable des fans de rock indé dans la capitale luxembourgeoise. […]

Castanets ont beau être la tête d’affiche, ce sont les Australiens de Charge Group qui leur volent la vedette, avec une prestation flamboyante. Mais Raymond Raposa ne faiblit pas, secondé par Lazarus, qui assure une première partie mémorable. Le tout dans un lieu de rendez-vous incontournable des fans de rock indé dans la capitale luxembourgeoise. Une bien belle soirée.
 
Lazarus (photo 1) de son vrai nom William Trevor Montgomery, est un musicien californien signé sur le label Temporary Residence. Seul sur scène avec sa guitare électrique et son laptop, il joue de longs morceaux qui mettent du temps à se déployer. L’atmosphère est sombre et habitée. Sa voix caverneuse est assez impressionnante, on pense parfois à Nick Cave. Cela dit, dans ces longues plages sombres, des lueurs apparaissent de temps en temps. Il ne dédaigne pas la mélodie pour autant, et arrive, bien qu’étant seul, à captiver son auditoire. C’est en tout cas une belle entrée en la matière pour cette soirée qui s’annonce encore passionnante.
 
Puis arrivent les Australiens de Charge Group
 
La dernière partie est assurée par les Américains de Castanets
 
Remerciements: Own Records et D :cliq.
 
 
(photos 4 et 5). Raymond Raposa et sa troupe jouent entre autres le fameux morceau, You Are The Blood, repris par Sufjan Stevens sur la compile de Dark Was The Night, mais initialement faisant partie de l’album « Cathedral » de Castanets sorti en 2004. D’ailleurs la version de Stevens est plus réussie. Injustement catégorisé comme folkeux, Raymond Raposa a plus d’une corde à son arc. Et sa musique s’apparente plutôt à un blues habité, avec tout de même ici et là des réminiscences country et folk, mais alors un folk noir. Ce soir-là est plutôt électrique pour Castanets, accompagnés par Lazarus à la basse. Mais là ou Charge Group mettent de la mélodie dans des morceaux sombres, et varient les climats entre tension et apaisement, Castanets semblent tourner en rond, les guitares sont saturées, les morceaux sont quasiment instrumentaux. L’ensemble semble s’étirer sur une même corde raide, laquelle ne faillit pas tout au long de la prestation. Peut-être est-ce dû à la personnalité écrasante de Raymond Raposa, mais ses musiciens sont en retrait. Trop occupés à triturer leurs instruments, à faire des torsions et des distorsions, ils en oublient la recherche de l’harmonie. En fin de compte, la musique de Castanets est difficilement transposable sur scène, mais ce constat n’enlève en rien dans sa qualité.
(photos 2 et 3) auteurs du très réussi « Escaping Mankind » sorti au mois de mai 2009. Les quatre musiciens (Matt Blackman : chant et guitare, Adam Jesson : basse, Matt Rossetti : batterie et Jason Tampake : violon) démarrent leur concert avec un morceau inconnu au bataillon, mais très agréable. Puis se succèderont les plus beaux morceaux de leur album, parmi lesquels Lunar Module, Partial Glowing, Redcoats & Convicts, Vice’d ou encore Lullaby For The Apocalypse. Ce que l’on retiendra de leur prestation impressionnante, c’est tout d’abord ce sentiment que les quatre musiciens ne font qu’un, qu’il y a une telle symbiose entre eux. Les morceaux, très puissants, sont joués en rang serré, dans une vraie tension, comme si les musiciens faisaient bloc contre des ennemis extérieurs. Et puis, on est carrément bluffé par le jeu de Jason Tampake. Son violon semble être le prolongement de son bras. Il sait tout faire, et les sons qui sont émis de son instrument ne sont pas de ce monde, même Andrew Bird ne lui arrive pas à la cheville. Il embrasse les moments de tension, les envolées aériennes, les chants d’oiseaux migrateurs, tout un univers céleste. Car Jason Tampake est un des rares violonistes à vraiment oser, à ne pas se cloîtrer dans l’imagerie classique de cet instrument trop longtemps voué à rester en arrière. Il officie d’ailleurs au sein du collectif Firekites. La voix plaintive et puissante de Matt Blackman procure de vrais frissons. Charge Group réussit à transposer sa musique sur scène, avec brio et maturité. On vient d’assister à un concert mémorable de très grande qualité, dans la pure tradition indé.

Chroniqueur
  • Publication 355 vues3 octobre 2009
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