"> Dominique A :: Paris [Glazart] :: 09 juin 2009 - Live Report - Indiepoprock

Dominique A :: Paris [Glazart] :: 09 juin 2009


Dominique A est l’un des rares artistes qui semble unanimement adulé dans le milieu rock indé français. On pourrait longuement s’interroger sur les raisons d’un tel consensus mais allons droit au but. Quiconque a foulé le plancher du Glazart ce mardi 9 juin 2009 pourra en attester : Dominique A irradie, fascine, captive son audience, tel […]

Dominique A est l’un des rares artistes qui semble unanimement adulé dans le milieu rock indé français. On pourrait longuement s’interroger sur les raisons d’un tel consensus mais allons droit au but. Quiconque a foulé le plancher du Glazart ce mardi 9 juin 2009 pourra en attester : Dominique A irradie, fascine, captive son audience, tel un charmeur de serpents.

L’atmosphère est d’ailleurs attentive à l’extrême. Notre homme fait semblant de s’en étonner : « On n’est pas à la messe quand même ! ».« Satan ! » lui crie en réponse quelqu’un dans la foule. Et c’est vrai qu’éclairé de lumières rouges, nimbé de fumée dans l’atmosphère plus que moite du Glazart, tout de noir vêtu comme à son habitude, Dominique A aurait presque des allures d’antéchrist. Une bien étrange messe, donc.
 
Alternant entre une guitare et un clavier, soutenu par des boîtes à rythmes, Dominique joue pour l’essentiel des morceaux de son dernier opus. La chanson Qui es-tu, sombre, dense, encore plus tendue que sur le disque, prend des airs de techno expérimentale. Les morceaux s’enchaînent, tous parfaitement envoûtants : Immortels et La fin d’un monde joués à la guitare ;  Le Sens et Dobranoc au  clavier. Hotel Congress se développe sur une rythmique (intentionnellement) bancale, comme sur le disque. Ce morceau, construit sur peu de choses, a pourtant un côté indéniablement séduisant de par sa lascivité mélancolique, trouble et détachée. Bel Animal, très froid sur l’album, s’échauffe et s’envole sur scène.
 
Étonnamment, Dominique A parvient à insuffler suffisamment de vie aux morceaux pour que les boucles rythmiques ne lassent pas, alors qu’elles restent identiques du début à la fin de chaque composition. Il est vrai que cela fait plusieurs années qu’il s’adonne en concert à l’auto-sampling et aux bidouillages électroniques, on peut donc dire qu’il maîtrise la question et gère les différents effets (sur la voix, sur la guitare) de manière totalement transparente pour l’auditeur. Le morceau L’Horizon, interprété de manière très émouvante par un Dominique A plus habité que jamais, se termine dans des boucles de guitare samplées qui évoluent en nappes de sons orgasmiques, telluriques, proprement renversantes.
 
Le très pêchu Nanortalik est le seul moment où l’on regrette un peu que Dominique A ne soit pas accompagné d’un groupe : sur ce morceau, la boite à rythmes semble tirer le morceau en arrière. Autre regret : c’était trop court ! A peine une heure et demie en comptant les rappels…
 
Le concert se termine par deux « classiques » de son répertoire : La Peau et Le Courage des oiseaux. Sur La Peau, on se dit que ce qui est étonnant chez Dominique A, c’est sa capacité à nous toucher au plus profond, avec des mots tous simples, sans effets de manche, sans en faire des tonnes. Sa capacité à se montrer, à travers ses paroles, tour à tour vulnérable ou impénétrable, ultrasensible ou bien direct et cru. Un vrai être humain. Un vrai artiste.

Chroniqueur
  • Publication 124 vues9 juin 2009
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