"> Dour, Jour 2 :: 17 juillet 2009 - Live Report - Indiepoprock

Dour, Jour 2 :: 17 juillet 2009


Après la tempête qui a fait rage dans la nuit de jeudi à vendredi, on reprend ses esprits pour attaquer la journée par un temps plus frais qui n’est pas pour nous déplaire. On sait déjà que l’on va vivre un grand moment en fin de soirée, d’ailleurs l’impatience grandit d’heure en heure, mais en […]

Après la tempête qui a fait rage dans la nuit de jeudi à vendredi, on reprend ses esprits pour attaquer la journée par un temps plus frais qui n’est pas pour nous déplaire. On sait déjà que l’on va vivre un grand moment en fin de soirée, d’ailleurs l’impatience grandit d’heure en heure, mais en attendant on se laisse bercer par de charmantes Américaines et des Canadiens sympathiques et prometteurs. Des Californiens survoltés vont pourtant nous secouer pour notre plus grand bien, avant l’apothéose tant attendue.

Vers 14h30 on se dirige vers La Petite Maison dans la Prairie ou officie l’Américaine St.Vincent. Originaire de Dallas au Texas, de son vrai nom Annie Clark, et ancienne acolyte musicale de Sufjan Stevens, elle dispose d’une voix charmante et d’un joli minois. Mais malheureusement, ces deux atouts ne lui permettent pas de décoller. Venue présenter avec son groupe les dernières chansons de son nouvel album, "Actor", elle doit subir de pénibles problèmes de son. Ceux-ci handicapent la suite de sa prestation, et visiblement mal en point, elle s’acharne sur sa guitare, laquelle n’y est pour rien. Ses musiciens tentent alors de sauver les meubles, et cela aide quelque peu à rendre ce concert agréable. On retrouve parfois un peu l’ambiance de Bat For Lashes dans ses chansons, mais sans l’ésotérisme new-age dont l’Anglaise est empreinte.
 
Sur la même scène, à 15h45 pétantes, on a droit au concert des Montréalais de Karkwa. Disons le tout de suite, c’est une fameuse surprise. Le public s’attendant à ce que le chanteur, Louis-Jean Cormier, chante en anglais, est décontenancé quand celui-ci entonne les premières chansons dans la langue de Molière. Doté d’un charisme évident, le leader mène sa troupe à la baguette pour un set mémorable. Il faut noter aussi la présence de deux batteries, ce qui donne un vrai rythme puissant aux chansons. Evitant le piège du rock à texte cher à Noir Désir, le groupe se distingue par une recherche musicale et une subtilité dans la composition. Le Compteur et La Facade sont des morceaux très plaisants. Encore une bonne nouvelle de Montréal.
 
A dix-huit heures, c’est au tour des trois demoiselles d’Au Revoir Simone (photo 1), de charmer le public amassé dans la Magic Tent. Armées de leurs synthés, les ravissantes New-Yorkaises ensorcèlent littéralement les festivaliers, avec leur électro-pop légère mais recherchée. Leur musique synthétique et planante fait flotter le public sur des nuages, notamment sur Shadows. Confrontées à un problème technique, elles prennent ce contretemps avec le sourire. Il y a des handclaps sur All Or Nothing, et il est assez difficile pour le public de redescendre sur terre, une fois le concert terminé.
 
Un peu penaud, on gagne le Club Circuit Marquee pour assister à la prestation des Californiens de Deerhoof (photo 2). Et là, franchement, ce n’est que du bonheur. Le quatuor de San Francisco renverse littéralement le Club Circuit pour un set décoiffant. Réussissant à mêler le chant naïf typiquement japonais de la chanteuse Satomi Matsuzaki, sorte de Kim Gordon du pays du Soleil Levant, au rock tendu et noisy à la Sonic Youth, ils n’en font qu’à leur tête, avec une liberté qui fait beau à voir. La chanteuse saute dans tous les sens, titillant ses musiciens très doués, et rebondit de plus bel. The Great Car Tomb est un pur morceau jouissif, rehaussé par les tics enfantins du chant de Satomi. Deerhoof est un groupe au talent indéniable et très original. Arrivant de pair à déstructurer leurs morceaux tout en préservant une certaine harmonie dans le désordre, du très grand art. Leur set est maîtrisé de bout en bout. Le public ne s’y trompe pas, et il se laisse emporter à l’unisson par cette tempête de sons.
 
Encore émoustillé par cette prestation hallucinante, on rejoint la Magic Tent pour assister au concert des Canadiens de Thunderheist. Le duo formé par l’électronicien Grahm Zilla et la chanteuse Isis, offre aux festivaliers des tubes en puissance à la sauce r’n’b et dance. Des morceaux tels que Sweet 16 ont comme unique but de faire bouger les festivaliers, c’est le cas. Mais cela s’arrête là.
 
On retourne alors au Club Circuit ou jouent les Texans de …And You Will Now Us By The Trail Of Dead. Grosse sensation de la presse musicale, leur rock lorgnant parfois vers le métal, est, il faut bien le dire, assez impressionnant. Les morceaux, assez longs, mettent du temps à se déployer, il y a de bons gros riffs, mais le tout n’est pas particulièrement digeste.
 
Puis c’est enfin le tour du concert le plus attendu du festival, celui d’Animal Collective. Attendus comme le Messie sur la scène du Club Circuit, ils gratifient les festivaliers d’un set plus que mémorable. Ils sont absolument géniaux. Déconcertants pour les non-initiés, mais arrivant à faire danser le public sur des morceaux plus accessibles tels que My Girls et Summertime Clothes, devenus au fil des mois de véritables hymnes fédérateurs, ils tiennent en haleine un public tout conquis à leur cause. Provoquant une véritable émotion, leur musique ne laisse pas indifférente. Ayant développé un langage propre, dotés d’une intelligence musicale supérieure à bien d’autres groupes actuels, Animal Collective joue une musique certes parfois cérébrale, mais c’est parce qu’elle ne prend pas l’auditeur pour un idiot. Panda Bear, qui fête son anniversaire ce soir-là, est complètement déchaîné. Geologist a toujours sa fidèle lampe frontale. Ce concert bouleversant prouve une fois de plus qu’Animal Collective est un groupe au talent immense et plus que jamais essentiel. 

Crédit photos: Saiiimon et Akin /scenesdunord.fr

Chroniqueur
  • Publication 148 vues30 juillet 2009
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