"> Festival GeNeRiQ @Dijon, Le Consortium - 15 Février 2015 - Live Report - Indiepoprock

Festival GeNeRiQ @Dijon, Le Consortium – 15 Février 2015


Le festival GeNeRiQ, appelé aussi les Eurockéennes d'hiver et disséminé dans les villes du grand Est de la France, offrait une belle affiche pour la dernière soirée de sa programmation dijonnaise. On y était, pour IPR et pour Radio cultureS Dijon 100 FM.

Le public avait répondu présent ce dimanche soir au Consortium, lieu dédié à l’art contemporain qu’on voit avec bonheur s’ouvrir à la pop indé depuis quelques temps, pour la dernière soirée de cette nouvelle édition de GeNeRiQ. Loup Barrow, multi-instrumentiste français, ouvrait la soirée en douceur et avec audace avec sa musique entre expérimentation (le violoncelle côtoie verres en cristal et percussions orientales) et pop érudite. On pense parfois à Thee Stranded Horse, voire à Scott Walker quand quelques vocaux viennent agrémenter l’ensemble. L’interprétation est soignée, l’ensemble définitivement ambitieux sans en rajouter. Les morceaux les plus enlevés font souvent mouche, les moments plus calmes où la mélodie passe au second plan convainquent un peu moins, le registre vocal n’est pas très étoffé mais les deux musiciens imposent leur univers et remportent un vrai satisfécit mérité.

C’est Lydia Ainsworth qui prend ensuite le relais. Côté visuel, on regrettera que la jeune femme, accompagnée d’un batteur et d’une violoncelliste, reste cantonnée derrière son synthé, dans une lumière de plus assez médiocre qui ne met pas vraiment sa silhouette en valeur. Côté musique, là encore, on passe un bon moment. Certes, le recours un peu trop systématique à des sons pré-enregistrés et à un effet d’écho sur la voix est contestable, mais la pop soignée et souvent inspirée de la demoiselle séduit, les morceaux s’enchaînent dans une belle fluidité. En fin de set, elle nous gratifie d’une reprise ensorcelante du Wicked Games de Chris Isaak.

Enfin, c’est Shara Worden, alias My Brightest Diamond, tête d’affiche attendue de la soirée, flanquée d’un batteur et d’un bassiste, qui entre en scène, guitare électrique en main, et qui lance son set avec une reprise rageuse et incandescente du Gunshot Glitter de Jeff Buckley. Tout le long du concert, l’Américaine va faire montre de l’étendue de ses talents : on connaît sa voix exceptionnelle et elle fait merveille tant dans les moments intimistes que sur les titres les plus enlevés. En live, plus aucune réserve ne subsiste sur la qualité de ses morceaux, parfaitement magnifiés par l’intensité de l’interprétation. On la découvre vraie bête de scène quand elle empoigne sa guitare pour se lancer dans des versions abrasives de I’m not the bad guy ou Shape, son dernier album en date étant évidemment à l’honneur. Shara Worden excelle également dans l’art de jouer avec le public quand elle se fait presque comédienne et, avec l’aide d’un comparse qu’elle appelle sur scène, présente quelques « mouvements chorégraphiques » à effectuer sur la bombe pop qu’est Pressure, montre tout le respect qu’elle porte à ses fans en interprétant deux autres titres en français avec un naturel confondant. Elle sait aussi occuper le devant de la scène en l’arpentant avec des pas de danse du meilleur effet. Le public est totalement conquis et en redemande. En rappel, elle nous offre une belle version de Inside A Boy et repart sous des applaudissements nourris. Et, à dire vrai, on en aurait bien repris pour une demi-heure supplémentaire.

Un grand merci à Adrien et Radio CultureS Dijon.

Rédacteur en chef
Festival GeNeRiQ @Dijon, Le Consortium - 15 Février 2015