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Aujourd’hui on était dans la boue jusqu’au cou. Ca nous pendait au nez, la pluie est finalement venue, et a transformé le site du fort de St Père en un immense marécage. Une certaine idée de l’enfer, d’autant plus que la programmation est un peu plus faiblarde aujourd’hui : Martina Topley Bird, The Hundred In The Hands, Massive Attack. C’est l’occasion pour aller voir DM Stith et Hope Sandoval au Palais du Grand Large, à l’abri, au chaud et assis.
Comme si cette journée n’était pas assez placée sous le signe de la malchance, DM Stith reste coincé dans les bouchons de St-Malo à cause de l’orage et ne peut pas être présent pour jouer son set. Alors on attend Hope Sandoval, en regardant les musiciens vérifier dans les moindres détails le bon fonctionnement de leurs instruments, ce qui laisse augurer d’un concert réglé jusque dans les moindres détails. Impression confirmée dès le début, où la chanteuse joue dans le noir, avec juste quelques petites lumières bleutées, et une projection de vieux films en noir et blanc, recolorés avec un filtre orange délavé. Une ambiance précieuse qui accompagne à merveille la musique éthérée d’Hope Sandoval, qui rejoint le psychédélisme léger de Mazzy Star, sans pour autant en retrouver toute la grâce et la beauté. Mais ça fonctionne plutôt bien, on se laisse vite captiver par cette atmosphère tantôt folk (ahh Hope et son harmonica), tantôt blues et rock. Et puis il y a cet étrange xylophone, Hope Sandoval en joue parfois au milieu de certains morceaux. De belles notes, parfois stridentes. Et même si l’ennui pointe parfois, même si les morceaux sont moins étincelants que ceux de Mazzy Star ; rétrospectivement, ce concert sera l’un des meilleurs de la journée …
Dehors il pleut toujours, on se décide à acheter des bottes, malheureusement, plus une seule de disponible, on opte donc pour des chaussures moches mais confortables et résistantes. Ce n’est pas fini. Il faut maintenant sortir des bouchons de St-Malo. On arrive donc en retard sur le site du Fort de St-Père, et on rate Martina Topley Bird. On débarque alors pendant le set de The Hundred In The Hands. Le premier titre qu’on entend est plutôt efficace, on secoue un peu la tête, on évite la boue qui gicle lors des sauts des danseurs. Et puis au bout de deux ou trois morceaux on se lasse. Le duo se contente d’appuyer sur la beat-box qui fait tataboumboum, de lancer quelques riffs binaires et de copier les pauses de Kills. Bref on attend la suite les pieds enfoncés dans la boue. Heureusement il ne pleut plus …
Cette accalmie va heureusement durer toute la soirée, mais le site ressemble maintenant aux Everglades, alors on reste devant la scène à attendre l’arrivée de Foals. Notre patience est vite récompensée car le groupe met assez rapidement la foule dans sa poche après avoir démarré calmement avec un titre de son second album, puis enchaîné sur l’énorme Cassuis d’une rare efficacité. Les guitares sont précises, imitent les tonalités funky et afro-beat, les basses sont épaisses et mélodiques, et la rythmique dansante. Difficile de résister au set impressionnant des Foals, qui ont eu la bonne idée de démarrer et de finir sur des morceaux d’ »Antidotes », plus efficaces, et de caser au milieu des titres de « Total Life Forever », plus cérébraux.
Maintenant il fait noir, nous attendons sans bouger, devant de la scène, de peur de tomber dans une grosse flaque d’eau. C’est un mélange paradoxal d’impatience et de lassitude qui s’empare de nous, que peut donc donner Massive Attack en live, surtout après un dernier album qui s’est révélé passablement ennuyeux. Sur scène, ce n’est pas l’extase non plus. b a visiblement pris le contrôle et semble avoir reléguer Daddy G au second plan, en l’appelant de temps en temps pour venir chanter sur certains titres. On est loin de l’esprit égalitaire du début … Martina Topley Bird revient comme prévu sur scène et heureusement Horace Andy est toujours là, mais beaucoup plus vieux, et ça se sent un peu. Le fidèle chanteur de reggae a toujours une très belle voix et donne une touche d’humanité non négligeable au set très froid de Massive Attack. Boîte à rythme, clavier, un peu de guitare et surtout une grosse grosse basse jouent scolairement quelques morceaux, avant que ça se réveille un peu avec des passages de « Mezzanine », tandis que des messages politiques, niveau CM2, défilent dans le dos du groupe, dans un design digne des terminaux Unix que l’on trouve dans certaines salles informatiques. Bref, tout ceci est d’un profond ennui …
Bilan des bons moments de cette seconde journée : Hope Sandoval et Foals. On attend la suite avec impatience …