"> Festival Nancy Jazz Pulsations :: 12 octobre 2010 - Live Report - Indiepoprock

Festival Nancy Jazz Pulsations :: 12 octobre 2010


Le pavé nancéien résonne encore des manifestations de l’après-midi que le chapiteau de la pépinière se met à trembler pour une des affiches les plus en vue de cette 37ème édition du Nancy Jazz Pulsations : John Butler trio ! Concert complet selon la police, plein à craquer selon les festivaliers… Ici, les comptes ne se discutent […]

Le pavé nancéien résonne encore des manifestations de l’après-midi que le chapiteau de la pépinière se met à trembler pour une des affiches les plus en vue de cette 37ème édition du Nancy Jazz Pulsations : John Butler trio ! Concert complet selon la police, plein à craquer selon les festivaliers… Ici, les comptes ne se discutent pas.
 
Après une entrée en matière musclée des strasbourgeois de Lyre le Temps, Trombone Shorty (photos 1 à 8) entame les discussions sur un ton résolument funk-rock. La basse laboure méchamment, masquant parfois la  guitare et ses riffs bluesy. Les cuivres s’en donnent à chœur joie, balançant des refrains entêtants. La formation de Louisiane emmène le public dans ses délires qui groovent et ses hymnes festifs quelque part entre James Brown et Earth Wind and Fire. Les quelques escapades R’n’B sont un peu moins convainquantes, mais peu fréquentes. Priorité aux cuivres  (des cuivres trouvés en dernière minute, en raison des grèves, ceux des musiciens ne sont pas arrivés à bon port).  Troy Andrews, en bon chef d’orchestre, ne lâche jamais rien, fait danser le public, coach ses musiciens, relance la foule quand elle mollit un peu…  Le popachubiesque bassiste ira jusqu’à jouer en se roulant au sol pour prouver au public que la retraite, c’est pas pour maintenant. Après une heure de show électrisant, la petite bande quitte la scène sous les ovations d’un public conquis.

Place au très attendu John Butler Trio (photos 8 à 16)). Les rangs se resserrent, la tension monte, il y a consensus : le canadien est l’héritier de Ben Harper et a une 1h30 pour le prouver. Guitares à 12 cordes, slide guitare, banjo, bottleneck, doigté d’orfève, jeu sans hésitation… le guitariste s’engage à fond de train dans ses titres blues, s’offrant de splendides solos sinueux et sautant comme un cabri. Sa visite de Nancy en skateboard ne semble pas l’avoir épuisé. Entre deux titres, il s’avoue du côté des manifestants contre la réforme des retraites… Ah oui, car en plus d’être un musicien talentueux, Butler est aussi un artiste engagé, militant comme l’atteste son dernier album "April Uprising"… Soutenu par une section rythmique gonflée à bloc, Butler enveloppe ses compositions d’une atmosphère envoûtante qui frôle quelque fois la transe. Tonnerre d’applaudissements, et toc, un autre brûlot blues rock pour enfoncer le clou et finir de retourner la fosse. On n’échappe pas au solo de batterie, exercice incontournable des concerts blues. Finalement, celui-ci n’est pas si long et pesant qu’on aurait pu le craindre. Les trois musiciens frappent en chœur sur les grosses caisses avec autant d’énergie qu’une délégation de CGT quelques heures plus tôt.
 
Mardi 12 octobre minuit, on ne sait toujours pas à quel âge on partira à la retraite mais on a au moins gagné deux heures ! Deux heures de pur rock’n’roll !

Chroniqueur
  • Publication 330 vues15 octobre 2010
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