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Alors que Sharon Jones confirme ses lettres de noblesse sous le chapiteau du NJP, l’Autre Canal, salle de concert des rives de Meurthe, accueille une soirée résolument pop-rock avec quatre groupes à l’affiche. Première info à l’entrée de la salle: The Ettes ont déclaré forfait. Dommage… espérons que cet abandon laissera plus de temps et de place aux autres groupes de la soirée.
Les suédois de Shout out louds (photos 1 à 6) ouvrent donc la soirée avec leur pop cold wave. Sur scène, les mélodies emphatiques de "Work" (leur troisième album, sorti chez Merge, le label d’Arcade Fire) gagnent en profondeur grâce aux longues envolées de guitares de Carl Von Arbin et aux nappes de claviers rétro de la belle Bebban Stenborg (qu’on entend malheureusement mal aux chœurs). Malgré des titres envoutants et des accents qui évoquent The Cure (la voix Adam Olenius notamment), il se dégage du set de Shout out louds une froideur et une timidité qui ont du mal à faire décoller les titres. Bien, mais loin de l’euphorie pop promise par leurs albums…
Place au phénomène français du moment : Lilly Wood and the Prick (photos 7 à 10). Armée de son excellent premier album, la jeune formation balance ses hymnes électropop avec autant de fraicheur que d’énergie. Entre balade folk et pépites pop, la petite bande a vite fait d’embarquer le public, venu visiblement en grande partie pour ce show. Sourire malicieux, voix de diva, la jeune Nili passe de l’émotion à l’euphorie avec ses gimmicks soul, telle Debbie Harry chantant du Moriarty. Batterie, claviers, tambourin, la chanteuse, renforce sa section instrumentale (les musiciens s’échangent aussi régulièrement leurs instruments) pour donner toujours plus de volume à ces mélodies en mille-feuilles. Sur scène, les tubes de Lilly Wood and the Prick (notamment le bien connu Down the drain) virent aux hymnes disco, festifs et dansants. Le set s’achève sur un duo de Nili et Benjamin, format initial du groupe.
L’émotion cède la place au calme pour quelques instants avant l’arrivée des surexcités Gush (photos 11 à 16). Boots et chemises à carreaux, Gush plonge en quelques accords l’Autre Canal dans la ferveur d’un rock impulsif et violent. Batterie maltraitée, gros riffs de guitares, la fratrie (2 frères, 2 cousins) puise dans les racines du rock seventies en y ajoutant des élans funky et un énergie bien contemporaine, quelque part entre les hymnes de Led Zeppelin et la fibre expérimentale de The Do. La disposition en frontline de la scène en dit beaucoup sur l’esprit qui anime le quatuor : tous au même rang, pas de leader, priorité au son ! Les musiciens n’ont pas un instant de répit et sont bien décidés à ne pas en laisser au public, secoué et relancé en permanence à coups de refrains incisifs, comme sur ce Vondelpark repris en chœur par la salle ou sur le brutal The Big wheel.
Après 1h30 de show détonant, Gush pose ses instruments et joue un dernier titre a cappela, histoire de souligner les voix et le talent qui se cache derrière leur rock déjanté et novateur. La grande classe !