"> Garorock - Live Report - Indiepoprock

Garorock


Pour sa 10e édition, le festival Garorock a vu les choses en grand. Trois jours de concerts à guichet fermé, quatre scènes, une affiche irréprochable et un esprit de fête bien agréable. Même si l?organisation, cherchant difficilement à adapter l?esprit roots des débuts à l?ampleur nouvelle prise par l?événement, a de quoi laisser un peu […]

Pour sa 10e édition, le festival Garorock a vu les choses en grand. Trois jours de concerts à guichet fermé, quatre scènes, une affiche irréprochable et un esprit de fête bien agréable. Même si l?organisation, cherchant difficilement à adapter l?esprit roots des débuts à l?ampleur nouvelle prise par l?événement, a de quoi laisser un peu perplexe. Le manque de points d?eau et d?espaces où s?asseoir. Le principe du « toute sortie est définitive », impensable quand la journée du samedi commence à 15h pour finir à 4h du matin. La sono qui lâche à deux reprises coup sur coup sur la grande scène, pour Louise Attaque et Dionysos, qui ont dû abréger leurs rappels pour rattraper le retard. Surtout, le sponsoring par une grande marque de bière, qui, sous couvert de mener une enquête de satisfaction sur le festival, cherche à savoir si l?impact médiatique de ladite marque de bière a été suffisamment importante sur les festivaliers.

Malgré ces aléas, le festival a réservé de très bons moments. Une très belle attention a été portée au décor de chaque set : les instruments suspendus des Ogres de Barback, donnant l?impression de s?échapper d?un livre pour enfants ; la forêt enchantée de Dionysos ; le film défilant derrière les platines de Wax Tailor, mêlant les images et les noms emblématiques du hip-hop, comme les Beastie Boys.

Fruit du hasard, une série de reprises sert de fil d?Ariane entre les différents groupes. Les Ogres de Barback sortant les guitares électriques en rappel pour donner leur version de Salut à toi. Les Têtes Raides, tout de noir vêtus, scandant le poème de Philippe Soupault, Georgia, sur des riffs psychédéliques. Mathias, de Dionysos, parodiant Katerine (« Je coupe le son, je remets le son »), avant de slammer dans la foule. Arthur H, dans un set très funky, avec son groupe aux costards couleurs flashy kitsch à souhait, reprenant l?Alabama song (Whisky Bar) de Kurt Weill. Il fallait avoir le don d?ubiquité ensuite pour voir en même temps The Remains et Wax Tailor. Ce dernier assénant son mix de Que sera sera, en final d?un live old-school rempli d?énergie communicative.

Prônant la rencontre des cultures alternatives, Garorock a accordé cette année une bonne place au reggae, sous toutes ses formes : ska-punk avec Dirty Babylon (croisement des albigeois de Dirty Fonzy et Babylon Circus), gnawa avec Hoba Hoba Spirit, ragga avec Dub Incorporation, et même Didj?n?Bass avec Kaophonic Tribu, sorciers du Didjeridoo. Le festival n?a pas non plus oublié l?esprit punk de ses débuts. Preuve en est la prestation des punkettes japonaises de 54 Nude Honeys, précédant les vétérans de The Exploited, prévus le lendemain. Un happening complètement punk attendait même les festivaliers, avec Fatty & Shorty Ramone, l?un un peu court sur pattes, l?autre un rien enrobé, interprétant avec bonheur et approximation les chansons de leurs idoles, les Ramones?

Chroniqueur
  • Publication 119 vues14 avril 2006
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