"> Inrocks Indie Club : Foals - Operator Please - Kennedy - Housse De Racket :: 21 février 2008 - Live Report - Indiepoprock

Inrocks Indie Club : Foals – Operator Please – Kennedy – Housse De Racket :: 21 février 2008


Avec Foals et Operator Please, l’Inrocks Indie Club (IIC) affichait l’une de ses plus belles programmations depuis longtemps. Ces deux groupes soutenus par Kennedy et les Français de Housse De Racket ont offert une superbe soirée, surtout pour les amateurs de rock dansant, et nous savons qu’ils sont nombreux. Si vous ne le saviez pas […]

Avec Foals et Operator Please, l’Inrocks Indie Club (IIC) affichait l’une de ses plus belles programmations depuis longtemps. Ces deux groupes soutenus par Kennedy et les Français de Housse De Racket ont offert une superbe soirée, surtout pour les amateurs de rock dansant, et nous savons qu’ils sont nombreux.

Si vous ne le saviez pas encore, les IIC commencent à l’heure. Housse De Racket, le groupe CQFD de la soirée, a joué très tôt et fini également très tôt. Nous n’avons donc pu assister à leur set. Le duo n’étant pas un animal rare, l’amateur de concerts aura sans doute l’occasion de les revoir à Paris.

La soirée débute donc par Kennedy, le grand inconnu de la soirée et ce malgré l’arnaque du backing band joué par un Ipod (!) Il faut admettre que même sans un groupe, le garçon habillé de paillettes et de fringues disco arrivait presque à nous faire aimer son électro pop funky grâce à beaucoup d’humour et une excellente présence sur scène ou dans la fosse. Musicalement ce ne sera pas la claque de l’année mais rendons honneur au président, son discours d’investiture avait de quoi faire remuer les fesses.

Alors qu’Operator Please monte sur scène, le public de la fosse se densifie. Il faut admettre qu’en dehors de leur musique, ce groupe de teenagers (réponse Australienne à la scène underage de Londres) a quelques atouts dans sa poche de robe H&M : une violoniste ultra mignonne qui parle français avec un superbe accent et une claviériste dans le même registre, de quoi faire fondre n’importe quel indie-boy, une fois n’est pas coutume. Le groupe entame son set sur son tout premier single, Get What You Want, un de leur meilleur titre. Malgré leur jeune âge, autour de 14-18 ans, les Operator Please possèdent déjà un sérieux sens de la composition avec des morceaux plus alambiqués et arrangés qu’ils ne paraissent (la super montée d’accord de clavier sur la fin de ce morceau), ainsi qu’un goût certain comme le prouve la reprise du Whip It de Devo). Dans la fosse, ça se chamaille gentiment. Inutile de préciser que certaines de leur chansons font déjà partie de notre répertoire, en particulier leurs deux tubes Just A Song About Ping Pong et Leave It Alone, parfais petits thèmes d’indie pop rock mutins et sexy. Lors de leur passage à la Flèche d’Or il y a quelques semaines, en compagnie d’Hatcham Social et Good Shoes, le groupe avait surpris tout le monde en surpassant par leur fraîcheur la tête d’affiche du jour. Avec cette date à l’IIC, ils confirment avec brio que l’on peut dorénavant les ranger aux côtés des Cajun Dance Party, Bombay Bicycle Club et autre The More Assured, ces groupes d’ados qui assurent la relève !

La chaleur commence à sérieusement monter lorsque le groupe tant attendu monte enfin sur scène : Foals. Leur deuxième apparition discographique (le EP 6 titres live) avait fait naître en nous des espoirs indicibles. Avions nous enfin un groupe vraiment original en Angleterre ? Les sceptiques diront qu’on trouve chez les 5 d’Oxford une sérieuse touche de Supersystem (on se souvient des fabuleux Miracle et Defcon) ou de Battle, mais ils sont probablement beaucoup plus constants que les premiers et moins abstraits que les seconds. Au fur et à mesure des singles (Hummer, Mathletics, Balloons et bientôt Cassius) et des concerts, le groupe a confirmé son statut. La prestation du soir, faite devant une foule compacte composée en vrac d’anglais armés de fluosticks, de premiers rangs à la limite de l’hystérie, de slammeurs en costard ou en jean slim, ne dérogera pas à la règle. Les morceaux du groupe ont quelque chose de furieusement dansant, de mathématique, machinal et pourtant groovy ! Comme nous le faisions remarquer dans nos chroniques des singles, c’est un peu la musique qui donne envie de se prendre pour un robot désarticulé sous ecstasy (rien à voir avec la tecktonik). 

Derrière son air de geek dépressif et malgré le fait qu’il ne regarde que très rarement les gens, leur leader charismatique Yannis fait preuve d’une grande présence, irradié qu’il est par les ondes de sa guitare. Le groupe a bien sûr joué tout ses singles dans des versions puissantes : Balloons, Hummer qui déchaînera la fosse et d’autres futurs classiques : The French Open, Cassius, Two Steps Twice ou l’excellente face B Olympic Airways. De plus et nous nous en plaindrons pas, ils ont mis de côté les fioritures, mignonnes mais pas indispensables, des productions Dave Sitek (Ex : le saxophone sur Balloons). Le set se termine sur une version extatique de Mathletics avant un rappel bienvenu. Epuisé, lessivé, en sueur, nous nous rendons peu à peu à l’évidence : nous venons de voir quelque chose d’assez exceptionnel. Foals frappe un grand coup et quelque chose me dit que leur album risque d’être un des événements de l’année. On surveilera avec attention la liste des nominés au Mercury Prize.
 
Crédit photo : Antoine Legond

Chroniqueur
  • Publication 320 vues29 février 2008
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