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En première partie, c’est Jung & I qui nous délivre ses petits morceaux. Des beats très électroniques sur lesquels viennent se poser des notes et des nappes organiques. La musicienne met bien en valeur cette opposition qui crée, presque par enchantement, des moments de flottement, dans le sens littéral du terme. C’est simple, avec un éclairage malin, on avait la sensation d’être en train de nager sous l’eau et de se laisser porter par les courants. Très agréable pour qui n’a pas peur des profondeurs.

Dire que j’attendais ce concert avec impatience est encore loin de la vérité. Et dire que je ne savais pas à quoi m’attendre est tout aussi vrai.
La dernière fois que j’ai pu voir le Suédois en concert, nous étions en 1998. Un autre temps. Jay-Jay Johanson va-t-il cette fois être plutôt crooner ? Plus jazzy ? Va-t-il coller à ses racines trip-hop ? Avec le temps, est-il encore pertinent ? Peut-être ses shows sont-ils devenus de simples récitals sans âme ? Un simple bonjour / je déroule mes morceaux / au revoir ?
Il n’aura pas fallu longtemps pour me rassurer et à peine plus pour me conquérir. Totalement.
Déjà, le personnage en lui-même. Si on se fie à ses pochettes, il ne sourit jamais. Jamais. Sur scène, c’est une toute autre facette à laquelle nous avons affaire. Jay-Jay bouge beaucoup, il danse , il va voir ses musiciens. Il parle beaucoup avec le public aussi. Et ses interventions font toujours mouche car il est, à ma grande surprise, très drôle.
Venons-en à la musique. Là encore, c’est le carton plein. Accompagné d’un batteur et d’un clavier, c’est une formule trio qui tourne parfaitement. L’équilibre entre machines et humain est parfait, et chaque morceau se voit réinterprété de la plus belle des manières. Et gardant presque à chaque fois cette rythmique propre au trip-hop, c’est une vraie merveille pour les oreilles. Et puis, pour les « vieux » fans, Jay-Jay Johanson replace des morceaux de ses premiers albums assez régulièrement. La quasi intégralité de « Whiskey » sera par exemple jouée.
Le final sera pour sa part assez chaotique, mais clairement touchant. Le groupe passe en musique de fond le My Way façon Sid Vicious et s’offre un véritable bain de foule. C’est franchement original et probablement cathartique pour le crooner suédois.
