"> La Route du Rock - Live Report - Indiepoprock

La Route du Rock


On nous l’avait promis : "En Bretagne, il ne pleut pas !". Une prédiction devenue réalité : si l’on excepte quelques gouttes éparses, et malgré un ciel souvent menaçant, l’édition 2006 de la Route du Rock s’est déroulée sans incident météorologique notable. Avec des températures souvent proches de la moyenne saisonnière de l’hiver sibérien, c’est pourtant […]

On nous l’avait promis : "En Bretagne, il ne pleut pas !". Une prédiction devenue réalité : si l’on excepte quelques gouttes éparses, et malgré un ciel souvent menaçant, l’édition 2006 de la Route du Rock s’est déroulée sans incident météorologique notable. Avec des températures souvent proches de la moyenne saisonnière de l’hiver sibérien, c’est pourtant sur scène qu’il a fallu chercher du réconfort. De ce côté, l’humeur était au beau fixe. La programmation a tenu toutes ses promesses, et même plus. Récit de trois journées intenses, en commençant bien naturellement par le vendredi…

Le premier son de cloche de cette édition 2006 retentit sur la grande scène du Fort de Saint Père avec les Australiens de Howling Bells (photo n° 1). Sans être follement emballant, ce jeune groupe installé depuis peu en Angleterre parvient pourtant à capter l’attention avec un rock sombre, mélange de country et de folk ténébreux. Le charme de Juanita Stein, la chanteuse, n’est évidemment pas étranger à tout cela, de même que sa voix, aux accents parfois " PJ Harveysques ". Une sorte de mise en bouche avant l’arrivée de Why ?, premier plat vraiment consistant de ce festival.

Why ? (photo n° 2) vient certes de la scène hip-hop américaine, mais son public compte une bonne part d’amateurs de groupes à guitares. En effet, son univers si particulier puise aussi bien dans le noisy-rock que dans un hip-hop sophistiqué et expérimental. Un mélange qui fait (encore une fois) mouche, même s’il n’est pas le plus adapté à un concert plein air, où l’on perd un peu de l’intensité qui se dégage lors des prestations en salle de Why?. Une valeur sûre qu’il aurait été dommage de manquer.

On passera rapidement sur le show de Islands (photo n° 3) : non qu’il soit réellement mauvais, mais malgré une bonne humeur et une énergie visibles sur scène, ces pop-songs anecdotiques ne parviennent à aucun moment à retenir l’attention. On scrute donc distraitement le ciel, à la recherche d’une improbable éclaircie, en attendant la suite…

Première tête d’affiche du festival, Calexico (photos n° 4 et 5) débarque sans ses mariachis mais avec ses mercenaires habituels : deux trompettistes, un contrebassiste et Paul "Lambchop" Niehaus à la pedal steel. Entre allégresse latino, débordements électriques, et reprises bigarrées (Alone Again Or, dédicacée à Arthur Lee, défunt leader de Love, et La chanson de Prévert, de Serge Gainsbourg), le groupe livre un set remarquable. Sur la route depuis de longs mois, il fait preuve d’une réelle cohésion et déploie une énergie maîtrisée, palpable sur les morceaux plus turbulents du dernier opus. Parmi ceux-ci, l’épique All Systems Red et son final à trois guitares s’impose désormais comme un incontournable des concerts de Calexico. Les adeptes comme les novices semblent apprécier et gagnent en rappel un audacieux medley The Crystal Frontier/Guns of Brixton. Décidément, on ne s’en lasse pas !

Les Ecossais de Mogwai (photo n° 6) investissent ensuite le fort et réussissent un véritable tour de force : réussir à passionner le public avec une musique lente, sombre, exigeante, et un jeu de scène proche de la nature morte. Bien loin de son assommante performance en ces mêmes lieux en 2001, Mogwai impose un mur de guitare impressionnant mais qui ne submerge pas les mélodies, nettement perceptibles. Le groupe semble enfin pleinement maîtriser l’équilibre fragile entre douceur et violence. Après une première partie de set composée de morceaux assez courts et "doux" à l’échelle du groupe, l’intensité et le volume s’élèvent nettement sur la second moitié du concert, pour se conclure par un classique chaos de feedback, un rien dispensable, mais qui n’enlève rien à la qualité de la prestation de Mogwai. Un grand concert.

Devant une foule clairsemée et frigorifiée, Liars (photo n° 7) achèvent le premier round des festivités. Un show nerveux, culotté, habité, mais malheureusement hermétique. Le public fuit ce marasme sonore et visuel pour se réfugier sous les tentes. Les New-Yorkais auront incontestablement pâti de l’horaire de programmation.

Crédit photos : Hervé Le Gall (www.cinquiemenuit.com)

La Route du Rock 2006 : Live-Report du samedi 12 août (2/3)
La Route du Rock 2006 : Live-Report du dimanche 13 août (3/3)

Par Jean-Baptiste, Tilda, Thomas et …
Chroniqueur
  • Publication 132 vues11 août 2006
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