"> La Route du Rock - Live Report - Indiepoprock

La Route du Rock


C’est avec une certaine appréhension doublée d’une excitation palpable que les festivaliers investissent l’enceinte de la Route du Rock. Les prévisions météo pour les trois jours à venir font craindre le pire, tandis que la programmation s’annonce comme l’une des plus prometteuses de ces dernières années. Récit au chaud et au sec de ces 72h […]

C’est avec une certaine appréhension doublée d’une excitation palpable que les festivaliers investissent l’enceinte de la Route du Rock. Les prévisions météo pour les trois jours à venir font craindre le pire, tandis que la programmation s’annonce comme l’une des plus prometteuses de ces dernières années. Récit au chaud et au sec de ces 72h de pluie, de boue, de riffs et de groove.

Début de soirée tout en douceur au fort de Saint-Père avec Elvis Perkins (photo 1) et son folk mélancolique comme amuse-gueule. Le fils d’Anthony, harmonica en bandoulière et guitare en mains est accompagné de « Dearland », sa formation de musiciens, qui comprend notamment une contrebasse, un tambour et un harmonium. S’il fait penser à John Lennon avec ses petites lunettes rondes c’est pourtant à Bob Dylan notamment que l’on songe à l’écoute des titres issus de son premier album "Ash Wednesday", écrit en hommage à ses parents disparus tragiquement. Le ciel lui-même a du mal à retenir ses larmes à l’écoute des superbes While You Were Sleeping et All The Night Without Love.

Mais ces contrariétés climatiques ne découragent pas les spectateurs malouins. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à se munir d’accessoires inhabituels tels que bottes et parapluies. Herman Düne  (photo 2) entre donc sur scène devant un public enthousiaste et de plus en plus nombreux. Première apparition à Saint-Malo pour les chefs de file de l’antifolk français, soit une forme de consécration pour un groupe à l’intégrité constante. David Ivar et Neman sont bien là, mais l’autre frère, André, fait bande à part depuis la sortie du dernier album. La belle mécanique folk des nos célèbres barbus ne s’en trouve pas déréglée pour autant. Moins pileux, le show gagne en cohérence et Herman Düne évite astucieusement les pièges qui pouvaient le guetter. Négligeant les morceaux les plus obscurs, il aligne ses titres les plus rythmés, dont les irrésistibles Not On Top et I Wish That I Could See You Soon.

La soirée continue de gagner en intensité avec The National (photos 3 et 4) qui fait son retour dans la cité malouine après une première venue en 2005. Les New-Yorkais font une nouvelle fois apprécier leur talent, la voix chaude de Matt Berninger se chargeant de charmer les oreilles et de réchauffer les cœurs de festivaliers transis par le vent et l’humidité. Le quintet semble beaucoup plus détendu que d’habitude et fait la part belle aux titres de ses deux dernières productions ("Alligator" et "Boxer"), pour le plus grand bonheur de l’armada de k-ways leur faisant face. Sous cette pluie continue, Matt Berninger s’autorise sur le dernier morceau (Mr November) un bain de foule afin de remercier le public.

The National passe le témoin à Art Brut (photos 5 et 6), toujours aussi incisif en live. Les Anglais déroulent sans répit les morceaux de leur deuxième album, sans oublier quelques clins d’œil au premier. Ce grand dadais de Eddie Argos passe son temps entre déboutonnage de chemise, remise de mèche et commentaires décalés entre les titres. On apprendra par exemple que I Will Survive et Jealous Guy, extraits du dernier opus, ne sont aucunement des reprises. Sans blague ! Le public est parfaitement réceptif, l’ambiance est électrique et les pogos des premiers rangs s’étendent peu à peu. Ce set restera donc l’un des moments forts de la soirée.

Place à la troupe survoltée de Brighton, The Go ! Team. Emmenée par une chanteuse (Ninja) toujours aussi sautillante malgré une genouillère bien visible, la joyeuse bande flashy sait trouver les ingrédients pour faire danser un public en attente de Justice. Mélange de sonorités hip-hop, funk 70’s et guitares noisy appuyées par 2 batteries, The Go ! Team est une énorme barbe a papa musicale qui ne fait pas grossir, bien au contraire. Les déhanchés sont nombreux sur les titres du nouvel album à venir ("Proof of Youth") et sur les déjà cultes Ladyflash et The Power Is On, présents sur leur premier opus "Thunder, Lightning, Strike".

Entouré de six rangs d’amplis Marshall sur une scène ornée de son énorme croix lumineuse, Justice  (photo 7) livre un show particulièrement attendu en cette première soirée. Si le duo est loin d’être aveugle au vu de son sens de la mise en scène (entre Spinal Tap et Like a Prayer de Madonna), force est d’admettre que, ce soir-là, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay sont un peu sourds et pas vraiment inspirés. Attaquant avec Genesis, Justice déroule son set sans véritable surprise. Au mieux les morceaux sont conformes à la version album, au pire ils sont expédiés, comme le pauvre D.A.N.C.E, qui se voit bien amputé de la moitié de sa longueur et noyé sous un flots d’effets mal maîtrisés. Le public enthousiaste passe un bon moment, mojitos et bières aidant, mais Justice est bien loin des prestations live de ses glorieux aînés Daft Punk ou de ses cousins germains Digitalism.

Lire le live-report du jeudi 16 août (2/3)
Lire le live-report du vendredi 17 août (3/3)

< Retour Zoom spécial Route du Rock 2007

Crédit photos : Hervé Le Gall (www.cinquiemenuit.com)
Par Christophe, No, Tilda et…

Chroniqueur
  • Publication 454 vues15 août 2007
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