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Le Rock Dans Tous Ses Etats


En cette deuxième journée, le festival du rock dans tous ses états d’Evreux propose toujours une programmation de qualité pour fêter ses vingt-cinq ans : Foals, The Gossip, Yeasayer, Girls In Hawaii, I’m From Barcelona, Hushpuppies, Camille, … Le top départ de 15h donné, nous voilà prêts à attaquer ce marathon de concerts. Allant de surprises […]

En cette deuxième journée, le festival du rock dans tous ses états d’Evreux propose toujours une programmation de qualité pour fêter ses vingt-cinq ans : Foals, The Gossip, Yeasayer, Girls In Hawaii, I’m From Barcelona, Hushpuppies, Camille, …

Le top départ de 15h donné, nous voilà prêts à attaquer ce marathon de concerts. Allant de surprises en découvertes, nous laissons traîner nos oreilles par çi par là. Au détour des trois scènes nous voyons et entendons La Maison Tellier, bon groupe français parfait pour se mettre dans l’ambiance avec leurs chansons énergiques et bien taillées pour la scène. Puis nous nous dirigeons vers la Papamobile qui accueille O’Death (photo 1), groupe de rockeurs américains dont le bassiste exhibe un énorme tatouage. Leur musique faite de bric et de broc divertit bien.
 
Sur la scène moyenne nous attend la canadienne Wendy Mc Neill (photo 2) et son groupe au look rétro ! Du gilet de la batteuse au chapeau haut de forme du contrebassiste, on se dit qu’on est invité à des funérailles. Mais pas du tout, c’est gai, entraînant à la manière de ritournelles de cabaret, gouailleuses à souhait sur lesquelles plane l’ombre d’Edith Piaf, à qui est d’ailleurs dédiée une chanson. À peine Wendy a-t-elle reposé son accordéon que Chrome Hoof (photo 3) débarque sur la grande scène. Tout de costumes argentés vêtus, on les jurerait venus d’une autre planète ou prêts à se présenter à un concours de déguisements dans la catégorie bling bling. C’est surprenant mais musicalement pas trop percutant.

Changement radical de style avec Get Well Soon (photo 4). Aussi blanc que s’il avait fait un don total de son sang, Konstantin Gropper, accompagné  de sa troupe, propose une musique plaisante : trompette et violon se marient à merveille pour plagier le Nino Rota du "Parrain" ou les génériques des westerns des années 50’s genre "Rio Bravo". Si la voix de Gropper rappelle fortement Stuart Staples on est loin de la noirceur romantique des Tindersticks, on se contente du noir. Vient ensuite l’attraction de l’après-midi : Blood Red Shoes ! (photos 5 et 6) Non pas que la musique de ce duo de Brighton soit exceptionnellement novatrice – quoique très bien exécutée et diablement efficace – mais la chanteuse guitariste répondant au doux nom de Laura-Mary Carter est si jolie qu’elle mettrait n’importe qui d’accord.

Pour celles qui seraient jalouses, il fallait se rattraper avec les Hushpuppies (photos 7 et 8), les cinq dandys parisiens qui ont produit une forte impression auprès de leur public majoritairement féminin, incroyablement jeune (15 ans en moyenne) et arborant fièrement des jeans slim. Il faut admettre que ça reste honorable même si les influences sont mal dégrossies. Moins sexy mais rudement oppressant, Dälek et son hip hop à la colère à peine rentrée nous fait penser qu’il vaut mieux ne pas titiller son bouc aussi finement acéré que ses textes … L’atmosphère qui règne là est pesante, âmes sensibles s’abstenir.

Retour sur la scène B où Yeasayer (photo 9) nous assomme à coup de batterie et de basse trop fortement réglée. Ça aurait pu être un bon concert mais c’est vraiment trop fort, dommage. Plus fort encore, les japonais de Envy (photos 10 et 11) qui ocillent entre post-rock façon Explosions in the Sky et Mogwai et vacarme vocal. C’est ce moment qu’on choisira pour aller faire notre pause dîner et suivre de loin le concert de Camille (photo 12) tout en regardant les Girls in Hawaii (photos 13,14 et 15) se préparer. Ambiance bon enfant : bruits de chien, clappements de mains rythmés, ça intrigue mais ce n’est pas notre tasse de thé. On préfère les sympathiques Belges qui livrent un set bien carré, rondement mené mais trop court ! Eh oui, respecter les horaires ça n’a pas que du bon, on en aurait voulu encore !

Scène B toujours, place au concert le plus dansant et le plus réjouissant de la soirée : Foals (photos 16 et 17). Avec leurs rythmes répétitifs façon musique électronique taillée pour les dance floors, les Anglais gagnent la palme du concert le plus réussi et de la meilleure ambiance haut la main. On passe un moment fort agréable et c’est à contrecoeur qu’on rejoint la scène principale. Dans une ambiance festive mais nettement moins survoltée que pour Foals, le public réserve un accueil chaleureux à The Gossip dont la chanteuse est sexy en diable. Les tubes en puissance s’enchaînent, c’est bien ficelé mais un peu toujours dans le même style. La nuit s’est installée et l’heure est parfaite pour le "groupe surprise qui fait wizz", quoi ? Weezer ? Et non, les ballons mal dissimulés et le canoë gonflable en plastique les ont trahis, il s’agit bel et bien de I’m From Barcelona (photo 18). Forts de leur succès lors de l’édition précédente du RDTSE, les 25 sont de retour pour souffler les 25 bougies du festival ! Quel joli clin d’oeil et quelle façon colorée de fêter un anniversaire important. Confettis et ballons ne se font pas prier et viennent égayer l’air sensiblement plus frais. Le public adhère et c’est le sourire aux lèvres que l’on s’en va rejoindre le camping.

On peut féliciter le Rock dans Tous ses Etats pour son organisation soignée : jamais site de festival n’a été plus propre (du moins avant le passage du groupe surprise), les concerts commencent à l’heure exacte indiquée et le jeu de programmation des trois scènes permet de voir tous les concerts (à une exception près et pas des moindres). Oui, c’est certain, on reviendra avec plaisir.

Crédit photos : Johann Rolland

Kim
Chroniqueur
  • Publication 375 vues28 juin 2008
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