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25 ans que le festival du rock dans tous ses états existe, 25 ans de groupes confirmés, de découvertes, de fête… Cette année on a comme souvent droit à un très bon cru au niveau programmation. Pas de grosses têtes d’affiche mais c’est ce qui a fait la renommée de ce festival : des découvertes musicales qui sont ensuite devenues des stars.
On arrive sur le site vers 16h, beaucoup de stands, certains très esthétiques, d’autres originaux comme le stand de nourriture malien ou celui des jus exotiques. Au fur et à mesure que l’on avance à travers les différents stands, commence le premier concert du festival avec Alister (photos 1). L’hirsute français et sa pop sont parfaits pour débuter la journée. On ne reste pas longtemps car sur la scène de la papamobile le set des Rouennais de The Elektrocution (photo 2 ) démarre, Telecaster en avant. Ca saute beaucoup sur scène et ça commence même à pogoter dans le public. 30mn de rock & roll bien fait et efficace. On poursuit notre marathon avec cette fois ci le rap belge de James Deano (photo 3). Ce fils de commissaire bruxellois n’a pas sa langue dans sa poche et sort son flot piquant par moments, dérisoire par d’autres, toujours en jonglant avec aise dans la langue de Molière.
Boule Quiès obligatoire pour le prochain groupe… Le son des Japonais de Melt-Banana (photo 4) et leur rock nerveux ont eu raison de notre audition et de notre patience. Le premier concert véritablement intéressant arrive avec les Américains de Battles (photo 5). Leur math-rock peut en déstabiliser certains mais c’est avec un réel enthousiasme qu’on se laisse prendre au jeu. Les minutes défilent et on voit bien que le public autour de nous n’accroche pas réellement à cette musique cérébrale. 65daysofstatic (photos 6 et 7) et leur post-rock remettent tout le monde d’accord. Petits fils respectifs de Mogwaï et Explosions in the Sky, leur musique progressive fait remuer les premiers rangs assez rapidement. Notre retour vers le devant de la scène B s’annonce moins facile. Moriarty (photo 8) les nouveaux chouchous du public sont là. Guitare, contrebasse, harmonica, banjo à la main, c’est avec panache qu’ils distillent leurs mélodies folk venues toutes droit du grand Ouest Américain. Le public, conquis depuis leur arrivée sur scène, récompense chaque fin de chanson par des applaudissements nourris. C’est leur chanson phare, Jimmy, qui recueillera le plus de succès.
Figures un peu étonnantes de cette programmation, les Maliens d’Amadou et Mariam (photo 9) et leur dimanche à Bamako s’emparent de la grande scène face à un public nombreux. Il faut dire qu’ils font partie des noms les plus connus de ce festival. C’est sympathique mais pas très galvanisant. Un dilemme approche à grand pas : voir le flamenco rythmé de heavy-métal des Mexicains de Rodrigo y Gabriela ou le folk intimiste de My Brightest Diamond (photos 10 et 11). On choisit la seconde option et on fait bien puisqu’on assiste à un des meilleurs concerts de la journée. Shara Worden est seule sur scène pour cette occasion. Auteur de deux très bons albums, l’Américaine nous fait vibrer à chaque chanson. On reconnaît beaucoup de PJ Harvey derrière toutes ses envolées lyriques et ça ne déplait visiblement à personne.
Retour sur la scène principale avec le groupe que l’on peut considérer comme la tête d’affiche de la journée, les Australien de John Butler Trio (photo 12). Ils mélangent habilement blues, folk, funk et reggae devant un parterre de fans connaissant toutes les chansons par cœur. C’est hyper efficace mais un groupe plus intéressant joue également sur la scène de la papamobile, les Américains de Why? (photo 13 et 14) . Yoni Wolf est en très grande forme et ça se sent, on prend un réel plaisir à écouter leur pop fantaisiste chantée ou parlée. Retour une dernière fois vers la scène B, une table avec quatre platines de DJ est installée pour les français de Birdy Nam Nam. Ce phénomène musical a pris énormément d’ampleur depuis quelques années et à l’arrivée de DJ Pone, Crazy B, Need et Little Mike les gens deviennent hystériques et se mettent à danser comme des fous au son de leur musique combinant hip-hop, jungle et dub. On regarde ce spectacle de loin et on reste surpris par autant de succès. Peu de monde devant la scène A ensuite, et c’est bien dommage, pour le septet parisien Caravan Palace (photos 15, 16, 17 et 18) . Musique tzigane et rythme électro, voilà qui est original et qui pourrait se monter inaudible mal exécuté, heureusement pour nos oreilles ça swingue plutôt bien et ce mélange fait mouche. Une chanteuse assez sexy viendra inclure quelques vocalises par-ci par-là pour le plus grand plaisir de nos yeux.
Bilan de cette première journée assez positif. On retiendra une organisation soignée de la part du festival, un site très propre grâce à l’opération « un gobelet à un euro » et de très bons groupes comme Why?, My Brightest Diamond et Caravan Palace.
Crédit photos : Johann Rolland