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A travers ses douces chansons pop, Jens Lekman dégage de la sympathie, de la sensibilité, une fraîcheur et un humour qui séduisent d’emblée l’auditeur. Disque après disque – "Night Falls Over Kortedala" est déjà le troisième – , ce Suédois de 26 ans confirme à chaque fois un peu plus son talent de songwriter. Ses morceaux, mélangeant différents styles, audacieusemment arrangés avec des sonorités un peu désuètes (pour ne pas dire kitschounes), sont portés par l’alchimie de l’humour décalé, du second degré et de la frêle mélancolie de son auteur, ancrant ainsi ses compositions dans un univers vraiment singulier. Voici les principales raisons qui nourrissent l’enthousiasme d’aller voir sur scène Jens Lekman.
Entouré d’un groupe féminin (une formation comprenant violon et violoncelle), Jens Lekman ne faillit pas à sa réputation en distillant dès le début du concert une bonne dose de légèreté et de convivialité. Rien ne sert de résister à l’envie de reprendre en chœur le refrain des entraînants The Opposite Of Hallelujah ou A Sweet Summer’s Night On Hammer Hill (issu du deuxième album "Oh You’re So Silent Jens"). Sur les morceaux plus posés, le charme opère également : la voix du crooner scandinave au romantisme exacerbé, avec son timbre à la croisée de Morrissey, Jay-Jay Johanson ou encore Neil Hannon, est impeccable. Sur A Postcard To Nina, on atteint un des plus beaux moments du concert. Le Suédois alterne chansons guillerettes avec des titres teintés de nostalgie et de vague à l’âme, et profite des interludes entre les chansons pour égrainer avec humour quelques petites anecdotes sur la triste vie à Göteborg, ses voyages… .
Certes, la proximité que Jens Lekman instaure avec le public est naturelle et instantanée mais l’on ne peut s’empêcher de penser que l’auditoire reste malgré tout un peu sur la réserve et pourrait plus manifester son entrain. Dommage, car si les deux tubes de "Night Falls Over Kortelada" sont ultra dansants – le discoïsant Sipping On The Sweet Nectar ainsi que le rétro et hilarant Friday Night At the Drive-In Bingo – le public suit avec enthousiasme mais sans plus. Pourtant on a envie que d’une seule chose : rejoindre Jens Lekman et ses acolytes qui dansent sans complexes sur scène…
Crédit photos : FXR