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Ce sont des artistes locaux qui débutent les festivités. Parfaite entrée en matière pour le collectif rap d’Il Faro (photo 1), originaires de Mérignac. Trois voix qui se complètent sur des textes qui prônent le dialogue social. Leurs paroles sont percutantes tout comme leur beat. Leur volonté est de mettre le doigt sur les dévires de la société et de l’Etat. Un début musclé pour une soirée prometteuse.
Ils sont suivis par les Magnetix. On reste dans le local car cette formation est originaire de Bordeaux. Elle est composée d’un homme et d’une femme. Niveau musique, c’est une prestation timide que nous propose le couple. Le public ne semble pas conquis et ne se précipite pas vers la scène pour communier avec eux. Pourtant sur le papier, cela ressemble à de la dynamite : du garage dans sa forme la plus primitive et brute, une batterie et une guitare « overdrivée » à souhait, un chanteur stoogien. Mais la magie n’opère pas, le public semble distant à l’image du couple sur scène.
Ce sont François & The Atlas Mountains (photo 3 à 6) qui prennent le relais. A ce moment là, le public commence sérieusement à se rassembler devant la scène après avoir pris le temps de profiter des stands présents sur le site. Et il ne se trompe pas car il faut voir les protégés du fameux label bordelais Talitres (présent sur le site). Auteur d’un premier album prometteur empreint de poésie, François Marry, le leader, d’origine charentaise y dévoile son univers sensible et coloré à l’image de ses aquarelles. En live, la musique de ce groupe prend encore plus de valeur. Rassemblés au milieu de la scène, unis entre eux, les quatre musiciens nous proposent de communier sur leurs rythmes ethniques et semblent habités par leurs mélodies qui les font danser. Quand le rock voyage jusqu’en Afrique, ça donne François & The Atlas Mountains, le plus world des groupes indie.
Une des sensations de la soirée, très attendu par les spectateurs, Oxmo Puccino (photo 7 à 10) est le quatrième artiste de cette soirée. C’est dans la pénombre que le chanteur fait son apparition. Une belle entrée sur scène lorsque l’on connaît la silhouette du monsieur. Puis la lumière apparaît, débute alors la musique et les premières paroles. Des textes fins, précis, incisifs qui parlent de société ou de sa propre histoire sur son flow caractéristique, lent et avec cette voix au timbre grave. En cours de concert, retour sur le passé car il n’a pas commencé hier comme il le dit lui-même. On remonte alors au premier album avec des morceaux plus percutants que sur le dernier. Le public est conquis, le chapiteau est plein : Oxmo sait très bien communiquer avec ses spectateurs, il est à l’aise. C’est le dernier concert de sa tournée, il se fait plaisir !
Au vu du rassemblement, des cris du public lorsque la lumière s’éteint, je crois qu’on ne peut pas dire que le collectif de Dub Inc (photo 11 à 15) n’était pas attendu en cette fin de soirée. Cela démarre par quelques minutes instrumentales jusqu’à ce que l’on entende les voix des deux chanteurs. Encore cachés en coulisses, le public explose lorsqu’ils débarquent en sautant sur scène. Pour la suite c’est un enchaînement de chansons revendicatrices scandées par la voix raggamuffin de Komlan et les intonations orientales de Bouchkour sur fond de dub. Une fois de plus le choix de la programmation est judicieux, Dub Inc est un bon symbole de la contre culture, carrefour des musiques qui a le don de rassembler et faire danser les gens. Une première soirée qui se clôt après une traversée des genres musicaux.