"> Les Rendez Vous de Terres Neuves :: 02 octobre 2010 - Bègles (2/2) - Live Report - Indiepoprock

Les Rendez Vous de Terres Neuves :: 02 octobre 2010 – Bègles (2/2)


Pour cette deuxième soirée, la météo est de nouveau clémente. La température est élevée pour ce premier week-end d’octobre et cela ne risque pas de s’arranger avec la programmation de ce samedi résolument rock. Cela commence par l’opéra Pagaï que nous n’avons pas eu l’occasion de voir, avec beaucoup de regret. Il cède sa place […]

Pour cette deuxième soirée, la météo est de nouveau clémente. La température est élevée pour ce premier week-end d’octobre et cela ne risque pas de s’arranger avec la programmation de ce samedi résolument rock.

Cela commence par l’opéra Pagaï que nous n’avons pas eu l’occasion de voir, avec beaucoup de regret.

Il cède sa place au représentant local The Automators (photo 1 et 2). La recette de ces quatre garçons, c’est de l’électro pop, on pourrait même dire de l’électro rock. Des rythmes claquants qui sonnent comme du rock anglais avec une touche eighties qui se dégage du clavier. Cela donne envie de danser, surtout quand les musiciens vous y encouragent. Dommage que l’organisation n’ait pas accepté qu’ils jouent un morceau supplémentaire pour cause de timing serré, car la mayonnaise avait bien pris

Justement, il est temps de se restaurer en dehors du chapiteau avec en fond sonore une formation qui s’appelle Guaka (photo 3 et 4). Basés sur Bordeaux, la plupart de ses membres sont d’origine sud américaine. Ils jouent un rock festif à la limite du punk, avec des sonorités latines bien entendu. Ils profitent du festival et de sa thématique engagée pour dédier un titre à un peuple chilien opprimé et touché par un récent tremblement de terre. Une prestation qui fait donc monter la température : sur scène, certains des membres ont d’ailleurs jeté la chemise.

Et cela ne va pas en s’arrangeant, l’ambiance continue de monter avec le collectif de Binary Audio Misfits (photo 5), un savant cocktail de rap et de rock noise. La rencontre à distance entre les toulousains de Experience menés par Michel Cloup et les texans de The Word Association signés sur le très bon label Platinum Records (présent sur le site). Sur scène tout va très vite, les deux américains déversent leur flow à la vitesse de la lumière, incisif, percutant, tout comme les rythmes sur lesquels ils s’appuient menés de front par une guitare tendue. Cela fait longtemps que nous n’avons pas entendu la rencontre entre ces deux styles, du moins pas de projet convaincant. Que ce soit sur disque ou sur scène, les Binary Audio Misfits se complètent parfaitement bien. C’est le groupe de rock le plus hip hop ou le groupe de hip hop le plus rock, en tout cas il y en a pour tous les goûts.

A ce moment là de la soirée, la température extérieure a baissé. Quoi de plus normal, nous sommes en automne tout de même. A l’intérieur du chapiteau c’est toujours aussi chaud d’autant qu’il y a de plus en plus de monde et que sur scène, ce n’est pas le duo de chanteuses de Nouvelle Vague (photo 6 à 11) qui nous rafraîchira. Ce soir c’est la délicieuse brune Mareva Galanter qui assiste la blonde Nadeah Miranda dans sa prestation. La formation revient avec le même projet mais de nouveaux titres post punk ou new wave version sensuelle. Cela commence avec So Lonely de Police puis suivrons des titres comme I Just Can’t Get Enough de Depeche Mode ou même God SaveThe Queen des Sex Pistols interprété par la brune. Tout ça est très glamour mais les filles savent aussi se montrer rock, notamment Nadeah qui n’hésite pas à se jeter dans le public ou bien cracher sa bouteille d’eau sur le premier rang du public.

Enfin la soirée atteint son paroxysme avec le dernier invité de ce festival et pas des moindres puisque ce sont les enfants du pays d’Eiffel (photo 12 à 17) qui montent sur scène. Dès les premières notes on sait que ce concert sera le plus agité et le plus bruyant de tout le festival. Le chapiteau est plein, prêt à être témoin de l’événement. Car derrière la prestation généreuse et sincère de la bande à Romain Humeau il y a la surprise tant attendue. La rumeur courrait depuis plusieurs jours mais rien de sûr jusqu’à la dernière minute. Entrevu sur les cotés de la scène dès l’arrivée d’Eiffel, Bertrand Cantat (photo 18) ne tarde pas à monter une première fois en début de set pour interpréter avec Romain le titre A tout moment la rue. Ce dernier le présente et l’invite à partager ce moment, la première scène pour Bertrand depuis 2003. Une interprétation timide et émouvante mais Bertrand paraît être en forme, tout sourire derrière son micro. La chanson finie il repart sur le coté de la scène pour laisser le groupe Eiffel interpréter son répertoire dynamique et terriblement rock qui chauffe un public électrique. Bertrand Cantat revient pour les deux derniers titres, deux reprises, sous les cris de joie des fans. Il chante d’abord Le temps des cerises qu’il dit lui-même approprié en ces temps de crise sociale et enfin une reprise d’Iggy Pop intitulée Search and Destroy sur laquelle il fait preuve d’une énorme énergie, jouant avec le public. Ce soir, à Bègles, le chanteur Bertrand Cantat est de retour pour le plus grand plaisir de tout le monde.

Un festival très riche en répertoire et en diversité qui nous a offert de belles surprises avec en tête le retour sur scène de Bertrand Cantat mais aussi des groupes locaux très prometteurs, des formations convaincantes signées sur deux excellents labels bordelais (Talitres et Platinum Records). Ce festival est magnifiquement organisé. Les musiciens s’enchaînent vite et bien. C’est un événement majeur pour la région bordelaise qui défend des thématiques culturelles fortes.

Chroniqueur
  • Publication 435 vues6 octobre 2010
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