"> Les Rendez Vous de Terres Neuves :: 08 octobre 2011 - Bègles (2/2) - Live Report - Indiepoprock

Les Rendez Vous de Terres Neuves :: 08 octobre 2011 – Bègles (2/2)


Il fallait être à l’heure pour ne rien manquer de cette deuxième soirée des Rendez-vous de Terres Neuves. Une soirée qui s’annonçait majoritairement rock sur le papier avec une programmation qui mettait en avant l’amplification. Ce sont les locaux de Mars Red Sky qui ouvrent le bal. Le groupe stoner psychédélique de Bordeaux impose un […]

Il fallait être à l’heure pour ne rien manquer de cette deuxième soirée des Rendez-vous de Terres Neuves. Une soirée qui s’annonçait majoritairement rock sur le papier avec une programmation qui mettait en avant l’amplification.

Ce sont les locaux de Mars Red Sky qui ouvrent le bal. Le groupe stoner psychédélique de Bordeaux impose un son lourd et massif dès les premières notes et nous sommes plongés dans une atmosphère presque lunaire. Dommage que les réglages soient légèrement trop agressifs car leur musique est subtile et demande plus de précision surtout lorsque l’on a en chef d’orchestre un guitariste comme Julien Pras. Mais le public présent n’en tient pas rigueur et la fusion entre lui et le trio semble se réaliser avec en toile de fond la diffusion de vidéo de physique nucléaire. Les têtes bougent de haut en bas sur Strong Reflection et l’alchimie se crée. Mars Red Sky termine son set par un nouveau morceau prometteur pour l’avenir de cette formation qui fait revivre les seventies au cœur de Bordeaux.

Suite au désistement de Shaka Ponk quelques jours auparavant, les programmateurs du festival ont sorti leur joker de luxe. C’est le groupe The Octopus qui fait son apparition sur scène. Récemment signée sur Platinum Records, la formation bretonne d’origine a prouvé sur un 45t deux titres son énorme potentiel rock. Nous avons donc découvert avec joie leur prestation sur scène et autant vous dire que la majorité du public a sûrement oublié qui ils étaient venus supplanter. Une heure d’énergie rock qui trouve aussi bien ses racines chez Lynyrd Skynyrd ou Led Zeppelin que plus récemment chez Foo Fighters. Du haut de leur vingtaine d’années, ces quatre garçons sonnent déjà comme leurs aînés et n’ont vraiment pas froid aux yeux pour mettre le feu sur scène ou même pour faire un clin d’œil à Shaka Ponk en les remerciant de leur avoir laissé la place.

Retour sur une musique plus intime avec le troisième invité de ce festival, Fredo Viola. L’homme se présente sur scène dans le costume d’un new yorkais des années 50. Un chapeau vissé sur la tête il est accompagné d’une chanteuse, d’un batteur et d’instruments à cordes. En arrière plan des images qui défilent. Fredo Viola nous invite dans son univers, des textes personnels dans une Amérique en noir et blanc, une sorte de bande originale de sa propre vie. Inclassable, il nous propose de douces mélodies qui mélangent électronique et acoustique, le tout orchestré par une voix fragile et aigüe qui nous fait penser à Peter Von Poehl. Une très belle découverte et une prestation scénique intéressante encore plus lorsque l’on sait qu’il dévoilait cette mise en scène pour la première fois sur les terres béglaises.

Lorsque Tinariwen débarque sur scène, nous sommes embarqués en quelques notes à deux pas des portes du désert. Dès les trois premiers titres, la formation malienne transforme le chapiteau du festival des Terres Neuves en tente touareg. Nous nous retrouvons au cœur même de ce merveilleux peuple lumineux. Dès le début ils dévoilent une énergie contagieuse qui contamine tout le public. On aurait presque cru que le soleil s’était levé tellement la formation brille sur scène de part une musique qui va à l’essentiel : l’émotion. Sorte de blues du désert, l’électricité a atteint une musique traditionnelle la rendant irrésistible. A noter seulement quelques passages plus calmes qui tranchent avec l’entrain du début mais cela n’enlève rien à la très belle prestation de l’ensemble.

C’est à The Jim Jones Revue qu’est revenu le mot de la fin de cette soirée. Autant vous dire qu’il ne fallait pas compter aller se coucher innocemment après le set. Non, le public encore présent a vécu une insomnie. Dès leur entrée sur scène, les anglais n’ont pas failli à leur réputation de survoltés. Intenables, ils imposent leur rythme à un public qui semble ravi de pouvoir bouger suite à la baisse des températures. Ils nous desservent leur rockabilly suramplifiés pendant une bonne heure nous offrant même en guise de conclusion une reprise du MC5. Brillant, ce groupe est une véritable bête de scène, on comprend mieux qu’il aient été découvert dans ces conditions.

Encore une très belle année pour le seul festival bordelais marqué par une pluralité qui rassemble tout le monde autour d’un même leitmotiv : la musique. Merci les Rendez-vous de Terres Neuves.

Chroniqueur
  • Publication 468 vues4 novembre 2011
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