"> Les Trans Musicales :: 10 et 11 décembre 2010 - Live Report - Indiepoprock

Les Trans Musicales :: 10 et 11 décembre 2010


Vendredi soir. Départ de Montparnasse à 21h, arrivée à Rennes à 23h17 : déjà on savait qu’on allait rater une bonne partie de la soirée, qui finissait sur le papier bien trop tôt cette année pour des Trans (annoncée à 04h30 avec la fin du set de l’ultime VIP du festival, le dj belge Morpheus). Arrivée […]

Vendredi soir. Départ de Montparnasse à 21h, arrivée à Rennes à 23h17 : déjà on savait qu’on allait rater une bonne partie de la soirée, qui finissait sur le papier bien trop tôt cette année pour des Trans (annoncée à 04h30 avec la fin du set de l’ultime VIP du festival, le dj belge Morpheus).

Arrivée en fanfare au Parc Expo à presque 1h du mat, pile pour le début de M.I.A. au Hall 9, avec un gros mouvement de foule et une fosse remplie à ras bord. Elle entame avec ce qu’elle pouvait faire de mieux pour électriser son public, Meds and Feds et Born Free : ça attaque fort, agressif, saturé, hardcore, sous un festival de lumières fluo. Ca fait bouger les jambes et saigner les oreilles, les kids rennais ont le sourire. On reste scotché par la puissance des basses et le show punk de la diva lookée en militaire, autant impressionnant que bordélique. Impression plutôt positive au final, contre l’avis de la plupart des pros et journalistes avec qui on se bataille ensuite au bar VIP. Les discutions traînent et du coup on reste bloqués à boire des bières en essayant de défendre la sri-lankaise, sans voir l’heure passer.

Il est déjà 3h du mat, c’est l’heure du producteur anglais Alex Metric, qui pour le coup est en formation pop à trois musiciens (avec guitare et synthé) : ça hésite entre le rock et le dancefloor, ça tombe facilement dans le son putassier trop 2008 et la dance qui fait lever les bras, mais le public est là, vu la tête des gens à côté, qui ont l’air de bien tourner au MDMA. Nous on s’ennuie un peu et on est légèrement déçus.
Après un léger passage du côté de Systema Solar (electro hip-hop colombien plutôt sympa et coloré), il est 4h du mat et c’est l’heure du set surprise, Eat My Beat Mr Lenski, qui n’était pas annoncé sur la prog et qui va nous emmener jusqu’à un bon 5h30 du mat. Ca kicke, ça bastonne, on passe une bonne heure à danser comme des forcenés, et puis c’est déjà la fin pour le vendredi soir. On rentre avec la navette ultra festive des Trans où on devient potes avec au moins trente personnes différentes. C’est aussi ça, les Trans.
 
Après un réveil matinal et quelques heures en terrasse pour savourer les spécialités locales (terrasse bâchée et chauffée, on s’entend), on file au Village, traditionnel lieu de programmation et de rencontres pro qui animent les journées du festival. Cette année, le Village est déplacé au Liberté, la place d’habitude investie par les Trans étant occupée par une gigantesque fête foraine qui donne au festival un goût de barbapapa. Après un rapide passage à l’espace pro du Village (fermé et sans lumière cette année, pas terrible pour les claustros) et à la scène montée par Canal B (une excellente radio rennaise qui programmait des groupes locaux), on ouvre les hostilités au Parc Expo avec Matthew Dear, qui commençait son show à 22h45 au Hall 9. C’est original et plutôt étonnant même si on connaissait bien l’excellent album qu’il a sorti cette année, l’américain étant entouré pour l’occasion d’un live band (basse, batterie, trompette). Mais pour une arrivée au Parc Expo, c’est quand même plutôt mou, surtout après une intro hyper longue qui erre entre dubstep et minimal house. Ca démarre vraiment au bout de vingt minutes, mais c’est déjà trop tard et on est un peu lassés.

Après un passage du côté de The Inspector Cluzo & Mates, vraie claque scénique, on enchaîne avec le hip-hop disco soul funk de Blitz the Ambassador, l’un des gros buzz du festival, pour ce qui aura été peut-être le concert le plus spectaculaire du samedi soir : autour du MC new-yorkais Blitz sont regroupés les six musiciens à cuivre de l’Embassy Ensemble, qui donnent au show une couleur ska hyper festive. Un concert (à revoir sur Arte Live Web) parfait, qui donne la patate et lance vraiment la soirée. Après ça, on redescend légèrement avec Gonjasufi : on s’attendait à la grande révélation de l’année 2010, et on a eu droit à une petite déception de la part du rasta mystique made in Warp. Un concert porté par la voix géniale du dreadeux, mais sans emphase, et qui s’est arrêté bien trop tôt, Gonjasufi ayant quitté la scène (apparemment sous le coup d’un caprice) au bout de six titres.

3 h du mat, on part donc pour se finir en beauté au Hall 9 et sa programmation à grosses basses (Teenage Bad Girl assez moyen, Renaissance Man ça frappait fort), après un détour par le bar VIP et le Hall 3, où l’on aura apprécié le son étonnant des suisses de Mama Rosin, formation cajun qui dynamite le bayou à coups de guitare électrique. Pour la toute fin de soirée, on est allé faire un tour du côté de Batida au Hall 4, qui nous a servi un set electro afro baile funk hyper groovy. Une fin de soirée parfaite façon world techno, qui nous a fortement rappelé Mujava il y a deux ans. 6h du mat, lessivés mais avec plein de bon son dans les oreilles, on a eu du mal à aller se coucher.

On rentrera le lendemain à Paris sous la pluie, avec des cernes jusqu’au menton mais le sourire jusqu’aux oreilles, un peu déçus d’avoir loupé une partie de la prog (on pense à Pnau, Gaslamp Killer, Janelle Monae … Mais chaque année c’est la même chose : pour tout voir il faudrait éviter de boire des coups et parler avec les gens), et avec l’impression que les deux derniers jours sont passés en 3 heures. Ok. Plus que 365 jours à attendre. Après ce qui aura été, somme toute, une très bonne édition du festival breton.

Crédits photos : Bertrand de La Mettrie

Chroniqueur
  • Publication 512 vues20 décembre 2010
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