"> Main Square Festival (2/2) :: Arras [Grand Place] :: 6 juillet 2008 - Live Report - Indiepoprock

Main Square Festival (2/2) :: Arras [Grand Place] :: 6 juillet 2008


Nos reporters sont-ils : a) des feignasses, b) des snobs, c) un savant mélange des deux ? Toujours est-il que le samedi, fourbus, les Indiepopeux se mettent en grève et sèchent les concerts de BB Brunes, Mika ou (plus ennuyeux) Digitalism… On passe donc directement au dimanche, troisième et dernier jour du Main Square, pour […]

Nos reporters sont-ils : a) des feignasses, b) des snobs, c) un savant mélange des deux ? Toujours est-il que le samedi, fourbus, les Indiepopeux se mettent en grève et sèchent les concerts de BB Brunes, Mika ou (plus ennuyeux) Digitalism… On passe donc directement au dimanche, troisième et dernier jour du Main Square, pour une soirée aussi riche en émotions qu’en voyelles bizarrement accentuées.

Dimanche, les portes de l’enceinte du festival à peine ouvertes, une foule compacte se presse au devant de la scène. La proportion de T-Shirts dédiés à Radiohead ne laisse que peu de place à l’interprétation : c’est bien le groupe d’Oxford qui draine le public ce soir, au point qu’on en vient à redouter un accueil réfrigérant pour ceux qui ont la lourde tâche de les précéder.

Bonne nouvelle cependant pour les jeunots de Vampire Weekend : c’est devant un public déjà bien garni qu’ils vont pouvoir défendre les chansons de leur premier album. Leur cocktail de rock, de pop et d’afro-beat remporte en tout cas un succès tout à fait mérité : le public, loin d’être indifférent, réagit avec joie à l’entraînant A Punk, et participe même sans se faire prier au singalong de One (Blake’s Got A New Face).

Les Wombats, trio de Liverpool, prennent le relais ; avec leur rock dansant, porté sur la gaudriole mais à l’efficacité mélodique indéniable, ces joyeux marsupiaux font bien mieux que distraire la foule, et leur hymne Let’s Dance To Joy Division remporte le succès qu’il mérite.

Assez pénible sur disque, The Dø parvient à proposer un concert agréable, énergique. Les caméramans postés sur scène font une fixation nette sur la jolie Olivia, ses tenues extravangantes et ses petons au vernis à ongles coloré… Les chansons s’enchaînent bien, les trois musiciens présents sur scène assurent le spectacle.

Il reste maintenant peu de temps avant que la bande à Thom Yorke ne prenne possession de la scène. Il ne reste plus un centimètre carré de libre aux abords de celle-ci pour assister au hors-d’oeuvre avant le tant attendu plat de résistance. Les Islandais de Sigur Rós (excusez du peu) sont tout désignés pour faire patienter les 30 000 personnes qui se massent sur la grand place d’Arras. En un peu plus d’une heure, ceux-ci vont comme leur habitude souffler le chaud et le froid et délivrer une prestation proche de la perfection en mélangeant émotion, lyrisme et féérie. Mention particulière à Gobbledigook (ses cuivres, ses confettis) et Popplagið (son final haletant). Place à Radiohead mais Sigur Rós a indéniablement marqué les esprits.

Apogée annoncée du festival : Radiohead fait enfin son entrée sur une scène ornée de tubes métalliques verticaux. Le concert durera plus de deux heures, et fera la part belle à "In Rainbows" et aux derniers albums du groupe, même si les classiques extraits de "OK Computer" remportent tous les suffrages. Les éclairages et les jeux de lumières donnent toute sa dimension à l’étrange décoration métallique de la scène, et les montages vidéo projetés sur les écrans géants latéraux parachèvent une scénographie grandiose. Le concert n’est pas moins spectaculaire : chansons superbes, interprétation à l’avenant en dépit de quelques rares et pardonnables fausses notes de Thom Yorke, c’est du grand art, on n’en attendait pas moins de Radiohead. En faisant la fine bouche, on pourrait éventuellement reprocher un côté trop « pro », presque un peu froid mis à part un fou rire en introduction de Faust Arp et une version magique du toujours renversant Exit Music. Après deux rappels, ce dernier concert et le festival se terminent sur un grand moment avec le classique Street Spirit.

L’affiche a tenu toutes ses promesses ; malgré une organisation parfois un peu dépassée par l’ampleur des événements, cette édition du Main Square est une pleine réussite : un site merveilleux et facilement accessible, des concerts de grande qualité, bref un excellent week-end !

Crédit Photos : Jérome Pouille

>> Lire le compte rendu du vendredi 4 juillet

Chroniqueur
  • Publication 411 vues6 juillet 2008
  • Tags
  • Partagez cet article