"> Méliès (Arman) :: Paris [Le Zèbre de Belleville] :: 17 janvier 2007 - Live Report - Indiepoprock

Méliès (Arman) :: Paris [Le Zèbre de Belleville] :: 17 janvier 2007


Avec son deuxième album "Les tortures volontaires", Arman Méliès a sorti un des tous meilleurs albums de folk-pop française de l’année 2006. Cet auteur-compositeur et multi-instrumentiste français évolue dans un univers fragile, aux mélodies mélancoliques, où les mots ont un pouvoir évocateur envoûtant. Pour ce concert au Zèbre de Belleville, Arman Méliès se produit en […]

Avec son deuxième album "Les tortures volontaires", Arman Méliès a sorti un des tous meilleurs albums de folk-pop française de l’année 2006. Cet auteur-compositeur et multi-instrumentiste français évolue dans un univers fragile, aux mélodies mélancoliques, où les mots ont un pouvoir évocateur envoûtant.

Pour ce concert au Zèbre de Belleville, Arman Méliès se produit en "grande" formation : section cuivres (jouant par ailleurs avec Diving With Andy), batterie et claviers sont là pour l’accompagner.

Le live débute par le superbe morceau Les Alizés et installe dès les premières notes le décor caractéristique de l’artiste, à la fois intimiste et élégant. Sur scène, Arman Méliès ne se contente pas de faire un simple copier-coller de ses albums. La durée des morceaux s’étire, l’utilisation de samples réalisés en direct, l’ajout parcimonieux de sonorités électroniques et la présence des cuivres enrichissent intelligemment l’ensemble, sans pour autant dénaturer les versions initiales. Quelques morceaux se détachent du reste et finissent même par une sorte de crachin électrique, après une belle et progressive montée en puissance appuyée par une subtile superposition de couches. Aussi, associer Arman Méliès à la seule chanson française (Dominique A, Benjamin Biolay, Gérard Manset…) serait un peu réducteur, lui-même revendiquant dans son travail une facette plus indie, dans la veine de ses camarades Cyann & Ben ou d’Animal Collective par exemple.

Excepté quelques petits problèmes pour ré-accorder sa guitare, les morceaux du set d’Arman Méliès sont égrenés sans grosses ruptures. D’ailleurs, avec le recul, on a finalement l’impression que l’ensemble « flotte » et reste en apesanteur. Pourquoi ? Car les chansons douces-amères et oniriques d’Arman Méliès développent l’apparition d’images mentales fortes et poétiques, liées à l’évasion, à la mélancolie, à la nature tourmentée…

A travers cette bande son teintée de spleen et d’ambiances éthérées, le spectateur est pris par la main et amené à se construire son propre voyage, son propre film. Les mélodies soignées, les arrangements gracieux et la musicalité des textes portés par la voix (tour à tour plaintive ou plus franche) d’Arman Méliès sont simplement émouvants, jamais prétentieux, jamais mielleux, toujours justes.

Que ce soit sur scène ou sur disque, le talent d’Arman Méliès est manifestement complet. Toutes les facettes de son travail sont soignées à l’extrême (on peut d’ailleurs évoquer à ce sujet l’univers graphique de ses albums et clips, s’inscrivant dans un esprit poético-rétro, de toute beauté) et le résultat est bien plus que convaincant… Il est superbe.

Chroniqueur
  • Publication 125 vues17 janvier 2007
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