"> Miles Kane + Arctic Monkeys @ Arènes de Metz - Live Report - Indiepoprock

Miles Kane + Arctic Monkeys @ Arènes de Metz


Depuis l’aventure Last Shadow Puppets, Miles Kane et Alex Turner semblent inséparables. Le leader des Arctic Monkeys a d’ailleurs apporté sa collaboration à l’ex-Rascal pour son premier projet solo (« Colour of the trap« ). Cette tournée conjointe n’est donc qu’une suite logique de cette amitié, le témoignage d’une belle complicité musicale, un cadeau fabuleux pour les […]

Depuis l’aventure Last Shadow Puppets, Miles Kane et Alex Turner semblent inséparables. Le leader des Arctic Monkeys a d’ailleurs apporté sa collaboration à l’ex-Rascal pour son premier projet solo (« Colour of the trap« ). Cette tournée conjointe n’est donc qu’une suite logique de cette amitié, le témoignage d’une belle complicité musicale, un cadeau fabuleux pour les fans…Metz est la dernière date d’une courte tournée française dont trois dates parisiennes à guichets fermés.Réduire Miles Kane au statut de chauffeur de salle serait réducteur (même s’il fait -10°C dehors). Le britannique transforme l’arène messine en un ersatz d’UFO de 1966…  Ses mélodies rétro pop, avec cette reverb à faire pâlir les Shadows, résonnent dans l’arène, comme un écho aux grands hymnes sixties. Son caverneux, guitares et claviers vintage, poses à la Kinks, Miles Kane joue l’étiquette garage revival. Après le très attendu Rearrange  et son solo entêtant, Miles Kane offre une reprise grisante du Responsable de Dutronc, comme pour souligner sa connaissance de la culture française (du moins celle des années 60). La pression monte encore sur l’hypnotique Kingcrawler, gavé à la disto et aux amphets. Lancé comme un TGV, Miles Kane enchaine ses tubes avec une énergie et un jeu de scène époustouflants.   Et comme si la version météoritique d’Inhaler n’avait pas suffi à tétaniser le public, Miles Kane donne un dernier coup de semonce avec un Come Closer  débridé, repris en cœur par le public.

L’arène est chauffée à blanc pour l’arrivée des Arctic Monkeys qui, eux aussi, ont opté pour le registre nostalgie rock (mais plutôt fifties). Blousons en cuir, chemises en jeans, coupes gominées, l’attitude est aussi soignée que le son est fort. Don’t sit down cause I’ve moved your chair ouvre le set avec ses grosses guitares et son refrain puissant qui place très haut le curseur. Comme toujours, les Arctic jouent fort et vite, de plus en plus fort d’ailleurs, protégés par un mur d’enceinte devant la scène et un mur de projos au fond. Alex Turner mène sa barque avec détermination et ses riffs ciselés. Miles Kane rejoint le groupe le temps de l’épique Little Illusion Machine (Wirral Riddler), pépite post-punk hallucinante, confirmant tout le bien qu’on pense du duo Kane/Turner. La magie opère sans artifice, les voix se complètent à merveille, le charisme de Miles efface les musiciens. Car si la bande de Sheffield maitrise ses riffs saignants et ses rythmiques bucheronesques à la perfection, sa prestation (hormis la présence d’Alex Turner) reste un peu trop figée et distante du public. Fluorescent adolescent, Old yellow bricks, Evil Twin, Pretty visitors (avec Ben Parsons au clavier), Teddy picker, I bet look good on the dancefloor … les Arctic Monkeys ont sorti l’artillerie lourde, revisitant toute leur discographie, pied au plancher sans laisser de repos au public.

Pour le dernier rappel, Miles Kane, armé de sa Gibson, revient sur scène pour le planant 505,  bourré de reverb, d’émotion… et d’interrogations. Pourquoi Kane et Turner ne jouent pas plus ensemble car la vraie magie de ce concert se cache dans 505 et Little Illusion Machine (Wirral Riddler). Si Miles Kane a réalisé un disque pour prouver son potentiel en solo, il a démontré ce soir qu’en concert, c’est bien lui le maitre.

Chroniqueur
Miles Kane