"> Miossec :: Paris [La Cigale] :: 3 décembre 2006 - Live Report - Indiepoprock

Miossec :: Paris [La Cigale] :: 3 décembre 2006


Un concert de Miossec, c’est pacifiste : tout le monde ne rentrera pas dans une Cigale qui affiche complet depuis plusieurs semaines. Et c’est une foule compacte qui acclame l’arrivée sur scène du breton et de ses musiciens. Lorsque l’entraînant refrain de La Facture d’Electricité retentit pour ouvrir le spectacle, le public, y allant à […]

Un concert de Miossec, c’est pacifiste : tout le monde ne rentrera pas dans une Cigale qui affiche complet depuis plusieurs semaines. Et c’est une foule compacte qui acclame l’arrivée sur scène du breton et de ses musiciens. Lorsque l’entraînant refrain de La Facture d’Electricité retentit pour ouvrir le spectacle, le public, y allant à gorge déployée, est déjà conquis.

Un début de concert en demi-teinte : le groupe joue bien, les arrangements sont très soignés et Miossec, même pas chancelant, a la voix nette et le chant juste – du moins plus qu’à l’habitude. Rien à dire, c’est carré, de bon goût, élégant. Et pourtant rien, ou si peu, ne passe, au point qu’on en vient à s’interroger : le génie titubant et bringueballant du brestois est-il soluble dans la variété ? Car c’est bien à un spectacle de variété, dans ce que le terme a de plus noble, qu’on assiste. Jusqu’à ce que retentisse l’introduction d’une merveilleuse version de Que Devient Ton Poing Quand Tu Tends Les Doigts ?, avec violon et violoncelle en pizzicato, qui donne enfin quelques beaux frissons, tout en soulignant avec une douloureuse acuité le gouffre qui sépare les cruciales premières chansons de Miossec des morceaux de ses derniers albums, pourtant loin d’être honteux.

Un concert de Miossec, ce n’est pas passéiste. On parlera donc peu de "Boire" ou de "Baiser", les deux derniers albums se taillant une discutable part du lion dans la setlist. Non Non Non Non (Je Ne Suis Plus Saoul) reviendra certes à deux reprises, d’abord dans une version rock sans grand intérêt, puis en rappel dans une version acoustique enfin sidérante de force et de justesse. Mais de Recouvrance, de Ca Sent Le Brûlé, de Regarde Un Peu La France, point. Dommage pour les vieux cons rétrogrades que nous sommes…

Un concert de Miossec, c’est presque arriviste, en tout cas moins élitiste. De temps à autres, un roadie vient affubler Miossec d’une chouette guitare dont il tire d’un air bravache quelques notes qu’on entend franchement à peine. Le public, omniprésent ou envahissant, c’est selon, semble découvrir le bruit que font deux mains qui s’entrechoquent, et prend visiblement très à coeur la tâche consistant à marquer ainsi le rythme de toutes les chansons.

Un concert de Miossec, c’est, en fin de parcours, je-m’en-foutiste : pour un deuxième et dernier rappel, le chanteur se lâche, communique enfin avec son public, fait encore la preuve de la vivacité de son humour et tempère de ses vannes la gravité du propos des chansons. Au point de regretter que ces moments d’exception arrivent si tard dans un spectacle qui paraît, finalement, trop court…

Parce que non, définitivement pas : même légèrement aseptisé, même un peu frustrant aux entournures, un concert de Miossec, ce n’est jamais, jamais un triste tour de piste.

Chroniqueur
  • Publication 130 vues3 décembre 2006
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