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Première soirée de la troisième édition du festival des Nuits de l’Alligator avec au programme, trois groupes d’horizons différents mais qui ont su toucher le public chacun à sa façon. À l’heure du bilan, il en est ainsi : pari gagné pour Okkervil River, vainqueur toutes catégories de la prestation scénique de haut vol, en demi-teinte pour Michael J. Sheehy et ses charmantes petites anglaises et à confirmer pour les "jeunes" de Coming Soon.
En ouverture Coming Soon, groupe français mais pas à la manière de chez nous. Lorsque les sept musiciens débarquent, la scène semble rétrécir tellement ils occupent l’espace mais s’approprient les lieux avec aise. La musique qu’ils proposent vient tout droit d’un western américain et il n’est pas étonnant qu’ils aient choisi de débuter leur concert avec un morceau de Lou Reed Smalltown. Ils échangent leurs instruments et leurs rôles en un clin d’œil, à chaque morceau ou presque. Ainsi on a droit à pas moins de quatre chanteurs, chacun dans son registre mais toujours avec style. Eh oui, on est cowboy ou on ne l’est pas. Nos préférences vont vers Wolves In The City, Timebomb ou le déjà célèbre Big Boy chanté par le très jeune Leo Bear Breek (14 ans) qui lâche ses fûts et s’accompagne au ukulélé pour l’occasion. C’est certain, avec leurs looks hétéroclites et leurs personnalités bien marquées Coming Soon devraient faire parler d’eux dans les semaines à venir d’autant plus que leur album "New Grids" vient juste de sortir.
Changement de style et palme du changement de plateau le plus rapide avec l’arrivée sur scène de Michael J. Sheehy et ses Hired Mourners (Photos 1 à 4). Mais bien que la musique et la voix de Sheehy soient belles à en pleurer, nous saurons retenir nos larmes et un détail prêtant à sourire attirera notre attention : la liste des chansons est inscrite au dos d’une assiette en carton ! Pas très glamour, mais pour compenser cela, l’Irlandais a su s’entourer de deux jeunes femmes dont une très jolie choriste à sa droite. Si le début du concert est un peu mou, la deuxième partie est nettement plus enlevée et intéressante. On reste malgré tout sur notre faim et ce n’est pas notre trophée en forme d’assiette qui pourra nous consoler mais bien la suite des festivités.
Okkervil River, tête d’affiche de cette première soirée des Nuits de l’Alligator est acclamé par la salle dès son arrivée. Ils débutent avec l’excellent The President’s Dead, démonstration du talent de parolier de Will Sheff, avant d’enchaîner sans transition sur un Black sautillant. Une fois encore on déplore l’absence de Jonathan Meiburg, probablement appelé ailleurs par ses obligations au sein de Shearwater. Mais Will Sheff a du charisme à revendre et il sait concentrer toute l’attention de manière durable, dans les moments électriques comme pendant les accalmies que constitueront A Stone et So Come Back, I’m Waiting. Tous les meilleurs titres de "The Stage names" seront joués, de même que le morceau emblématique du groupe, For Real. Pour le rappel, l’intention était certainement honorable mais le résultat si peu à la hauteur des attentes… On a droit à une reprise de Gainsbourg traduite de façon maladroite par Will lui-même : I Just Came Here To Say That I’m Going Away. Heureusement, elle sera suivie par Westfall, le clou de la soirée.
Très belle programmation et très belle soirée ! Voici un festival qu’on ne va pas perdre de vue de sitôt…
Crédit Photos : FXR